Après une incubation muette longue de 2 semaines, l'invasion est souvent très spectaculaire :
- frissons, céphalées violentes et rachialgies (douleurs siégeant le long de la colonne vertébrale) accompagnant une ascension thermique rapide le 1er jour ; cette fièvre brutale est le témoin d'une forte infection généralisée : les rickettsies se multipient dans les cellules endothéliales des petits vaisseaux, provoquant une angéite thrombosante ;
- habitus (apparence générale du corps, considérée comme expression extérieure de l'état de santé ou de maladie) caractéristique dès le 2e jour, avec conjonctives injectées, regard brillant et anxieux dans un faciès rouge et gonflé ;
- puis trémulations (tremblements) de la langue.
La période d'état est caractérisée par
- un exanthème important, respectant la face, la paume des mains et la plante des pieds, rapidement pétéchial ;
- un tuphos se matérialisant 1 à 2 jours après l'exanthème ;
- de la constipation ;
- un assourdissement des bruits du cœur ;
- un syndrome infectieux grave : fièvre en plateau à 40 °C avec pouls en rapport, bouche sèche aux dents et muqueuses couvertes de fuliginosités (dépôts noirâtres caractéristiques dans certaines maladies comme le typhus).
Après 2 semaines, on observe une chute brutale de la température. Si le malade surmonte la crise, c'est la guérison avec asthénie marquée et menace de maladies intercurrentes.
L'antibiothérapie a modifié ce tableau : son instauration précoce bloque le syndrome infectieux au 2e ou 3e jour, améliore l'état général et sort le malade de son tuphos mais laisse persister l'exanthème pendant les 2 semaines classiques. La convalescence est celle d'une maladie bénigne.