Citation : « La qualité d’une chaine sonore est celle de son élément le plus faible » (i.e. ça ne sert à rien d'avoir de supers amplis, une super table, si les micros sont mauvais)
Le micro
Le micro a pour rôle de capter le son d'un instrument ou d'une voix et de le transformer en signal électrique. Les microphones utilisés en sonorisation professionnelle ont un coût qui est déterminant pour la qualité du résultat attendu. Ils sont caractérisés par :
- leur technologie (statique, dynamique, électret) ;
- leur bande passante (étendue ET morphologie) ;
- leur sensibilité ;
- leur réponse spatiale (omnidirectionnel, cardioïde, hypercardioïde…).
Les micros utilisés en concert sont généralement des dynamiques (robustes et plutôt bon marché) alors que ceux utilisés en studio (statiques) sont beaucoup plus fragiles et chers.
Le placement des micros est capital en sonorisation pour éviter les larsens, notamment pour les overheads de batterie (2 micros censés capter le son global de celle-ci et placés sur la tête du batteur – d’où le nom anglais over-head = « au-dessus de la tête ») et pour éviter les oppositions de phases pour certaines fréquences.
Le préamplificateur ou préampli
Il y a différents niveaux sonores dans une chaîne audio classique.
- Le niveau Microphone de l’ordre de quelques mV, c’est ce qui sort directement des micros de l’instrument et des micros de voix ;
- Le niveau Ligne (nominalement 2 volts) ;
- Le niveau Instrument, dont la tension et l’impédance sont très variables selon l’instrument de musique ;
- Le signal amplifié dont la valeur dépend de la puissance des amplis. Généralement de l’ordre de la dizaine de volts.
Le préampli va donc servir à élever l’intensité du son du niveau micro au niveau ligne. En général on ne le voit pas car il prend très peu de place et est souvent intégré au matériel (dans le corps du micro ou dans la table de mixage) ; mais il peut aussi se trouver comme un élément séparé (généralement les préamplis séparés ont une meilleure qualité que les préamplis intégrés).
La console de mixage ou table de mixage
La console de mixage peut être analogique ou numérique et permet de régler le son de chaque source sonore individuellement et de les mélanger afin d’avoir un son propre et homogène pour un concert ou un enregistrement de groupe. Mais aussi, la console de mixage peut être adaptée pour modifier spécialement une source et gérer le passage d’une source à une autre, comme dans les discothèques. Le mix se fait alors en direct (live) et donne au mixeur (alors appelé disc-jockey ou DJ – prononcer « Didj’’é’’ ») un rôle d’artiste.
L’amplification
Pour fonctionner, les enceintes doivent recevoir du courant. La puissance restituée est directement proportionnelle à la tension de ce courant. L’amplificateur a pour but d’augmenter cette tension.
En sonorisation, cette tâche est généralement attribuée à une batterie d'amplificateurs commandés par un filtre actif. Chacun se spécialisant dans une bande de fréquence donnée.
Les enceintes
Une enceinte est généralement constituée d’un caisson (baffle) et de haut-parleurs protégés par un filtre passif.
Les haut-parleurs n’ont pas une réponse linéaire à toutes les fréquences. En effet, ayant un élément vibrant (la membrane), les haut-parleurs sont caractérisés par une fréquence de résonance ; les sons proches de cette fréquence passeront mieux que les sons éloignés.
Pour rendre un son correct, il faut pouvoir restituer de manière égale toutes les fréquences. C’est pourquoi on divise généralement le son en plusieurs bandes de fréquences. Chacune aura son haut-parleur, globalement on aura linéarisé la réponse des haut-parleurs. Dans du matériel Hi-Fi, on utilise généralement 3 HP (boomer, medium, tweeter) pour les basses, les médiums et les aigus. Dans une sono de concert, on se passera parfois du medium. En effet, celui-ci sert à parer les déficiences de restitution sonore du woofer à faible puissance.
Les enceintes de façade d’un concert ne sont jamais posée à terre, cela assourdirait les spectateurs assis aux premiers rangs, les derniers rangs n’entendraient rien, et entre les deux il y aurait un brouhaha de médiums-graves incompréhensibles. C'est pourquoi les enceintes sont toujours placées au moins à 1m50 du sol, avec une exception pour les subwoofers qui se servent du sol pour transmettre les infrasons.
Aigus
Les aigus sont produits par des haut-parleurs spéciaux appelés tweeters (en référence au gazouillis des oiseaux). Leur plage de fréquence est généralement comprise en 4 kHz et 15 kHz. Les tweeters haut de gamme montent beaucoup plus haut, jusqu’à 40 kHz.
Les tweeters sont très petits donc avec des bobinages fins et fragiles. C’est pourquoi il ne faut jamais brancher un tweeter non protégé sur un ampli à l’aveugle : on teste de nouveaux amplis TOUJOURS sur des woofers (une grosse salve d’aigus risque au pire de ne pas être resituée par le woofer tandis qu’un coup de grosse caisse, même léger fera exploser le tweet…). D’ailleurs, il faut impérativement protéger un tweeter par un filtre coupe-bas.
Médiums
Les médiums sont restitués par des haut-parleurs appelés médiums. Ces derniers servent à compenser le manque de netteté des woofers à faible puissance. Leur plage de fréquence va généralement de 500 Hz à 5 kHz. Les médiums haut de gamme peuvent avoir une bande plus large, allant de 150 Hz à 6 kHz.
Graves
Les graves sont restitués par des haut-parleurs appelés woofers ou boomers qui ressemblent aux médiums en plus gros. Leur plage de fréquence est généralement comprise entre 50 Hz et 1000 Hz. Toutefois, dans le haut de gamme, les très bons boomers descendent jusqu'à 18 Hz.
Un woofer a une large membrane (30 à 50 cm de diamètre). Plus elle est large, plus la réponse en fréquence descend. Mais il faut beaucoup d’énergie pour la faire vibrer (inertie). Aussi les bobinages sont gros et consommateurs de puissance. Ces derniers sont souvent auto-ventilés par un soufflet placé entre l’aimant et la membrane qui fait circuler l’air autour de la bobine lorsque l’on fait sortir un son par le woofer.
Souvent, pour éviter la perte de puissance, un évent renvoie vers l’avant l’air pulsé par le côté de la membrane qui est dans l’enceinte. C’est le système bass-reflex.
Infrasons
Si en dessous de 20Hz on n’entend plus les sons, au-delà d’une certaine intensité, on les ressent, ce sont les infrasons. Ce phénomène correspond, à forte puissance, à une résonance de la cage thoracique, recherchée par les amateurs de musique techno.
On utilise alors des subwoofers qui reprennent exactement le rôle des woofers mais pour les plages de fréquences très basses. Leur plage de fréquence est habituellement de 20 à 120 Hz, mais il existe des caissons de basse de très haut de gamme capables de descendre jusqu’à 8 Hz.
Les enceintes de monitoring
Les moniteurs sont des enceintes de très haute fidélité étudiées pour avoir une parfaite restitution du son. Elles sont particulièrement utilisées dans les studios d’enregistrement pour avoir un aperçu objectif d’un mixage.
L’oreille
C’est elle qui perçoit les sons. Elle n’a pas une réponse linéaire en fréquence. De plus, cette réponse (appelée acuité auditive) varie selon les individus. On notera tout de même un pic à 1-2KHz (ce qui est naturel puisque c’est autour de cette fréquence que se trouve la voix (apparemment les fréquences émises par la voix d'un nourrisson sont celles qui sont le mieux entendues par l'oreille). L’oreille commence à entendre théoriquement les sons à 0dB de pression (10dB dans la pratique), les sons deviennent douloureux à partir de 110dB mais l’oreille peut subir des lésions irreversibles dès 85dB environ.
L’exposition à un bruit à 85dB ne doit pas dépasser 8h dans une journée ; 4h à 88dB, 2h à 91dB, etc. Pour environ 4 minutes d’exposition maximale à 105dB, seuil maximal autorisé en France ! Il est donc très important de limiter le son, et en cas de son trop fort se protéger avec des bouchons.