La conception du développement de l'infans le pose comme d'abord collé à sa mère : il y aurait relation symbiotique originelle, indistinction primordiale. C'est que l'enfant ne peut d'abord pas se saisir comme manquant de l'objet (théorisation que refuse Lacan). Peu à peu, l'enfant se distingue de sa mère, il fait la différence, reconnait l'objet comme extérieur à lui-même.
Melanie Klein décrit cependant une relation d'objet présente d'emblée et postule des positions psychiques. Si l'enfant nage dans un premier temps en une position schizo-paranoïde, il peut, par l'intermédiaire d'un deuil, d'une position dépressive, élaborer un espace , un extérieur. Mais cette subjectivation là est celle du Moi.
Dans le même sens, Donald Winnicott dépeint la transitionnalité, travail psychique à partir d'un objet transitionnel, lequel ne peut s'entendre que ni-moi-ni-non-moi. Ce travail amène l'enfant à repérer des phénomènes comme réunissant les individus : la culture relie, ou plutôt assemble. L'objet transitionnel permettra d'atteindre une utilisation de l'objet reconnaissant ce dernier comme radicalement extérieur, détenteur d'une vie propre.
On voit comme la théorie de la relation d'objet pose la question d'un statut du sujet en psychanalyse : cette notion est-elle pertinente ? Probablement pas pour tous les auteurs. Il faut donc rendre compte du fossé entre ces théories et, par exemple, la pensée lacanienne.