Thon rouge

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Introduction

Nom vernaculaire ou

nom normalisé ambigu :


Le terme « Thon rouge » s'applique, en français,

à plusieurs taxons distincts. Icône de redirection
Thon rouge
Thon rouge de l'Atlantique
Thon rouge de l'Atlantique
Taxons concernés
  • genres :
  • thunnus

Les thons rouges sont des espèces de thons caractérisées par la couleur rouge de leur chair. Il s'agit des plus grosses espèces de thons. Deux de ces espèces sont considérées comme menacée par la surpêche, selon diverses sources.

Zoologie

On distingue trois espèces de thon rouge dans le monde :

  • Le thon rouge du Nord, ou thon rouge de l'Atlantique, ou simplement thon rouge : Thunnus thynnus
  • Le thon rouge du Sud : Thunnus maccoyii (classé en danger critique d'extinction)
  • Le thon rouge du Pacifique : Thunnus orientalis

Chaque espèce forme un « stock halieutique » indépendant. Toutes sont surpêchées le plus souvent durant leur période de reproduction où elles se regroupent et donc menacées d'extinction. En 2006, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a montré que la capacité de pêche de thons rouges en Méditerranée dépasse largement la capacité de production de la ressource.

Un aliment

Thon rouge au marché aux poissons de Tsukiji, Japon

Captures de Thons rouges du Sud depuis 1952 en tonnes. La tendance reflète la baisse des stocks.

Évolutions des captures de Thon Rouge de l'Atlantique depuis 1950.

La chair rouge est très prisée par le marché japonais, pour la confection de sushi et sashimi, notamment la partie ventrale, le thon gras. 80 à 90 % de la production est destinée au Japon. Les Japonais plébiscitent surtout le thon gras et très gras, à savoir le thon provenant des mers froides et non pas des mers du sud.

Aliment toxique ? En raison de sa position dans le réseau trophique,le thon est une des espèces commercialisées qui accumule le plus de mercure, et de plus en plus (sous forme de méthylmercure essentiellement) et de composés organiques polluants solubles dans le gras ou la chair. Selon les analyses d'Ifremer, le mercure total varie de 0,84 à 1,45 mg/kg poids/poids (moyenne 1,17 mg/kg) chez le thon germon et de 0,16 à 2,59 mg/kg (moyenne 1,18 mg/kg) chez le thon rouge.

  • Dans 78,6% des thons germon et dans 61,1% des thons rouges le mercure total excède la teneur maximale fixée par la Décision de la Commission européenne (1 mg/kg sur poids humide) .
  • Chez ces deux espèces, le mercure est essentiellement sous la forme méthylée (la plus toxique, et présente dans la chair et non dans le gras), avec des pourcentages 77 à 100% (moyenne 91,3%) de mercure méthylé par rapport au mercure total chez le thon germon et de 75 à 100% (moyenne 91%) chez le thon rouge .
  • La quantité de mercure ingérée hebdomadairement pour un consommateur moyen dépasse largement le seuil d'ingestion Hebdomadaire Tolérable Provisoire (IHTP) établie pour les deux espèces par l'OMS . Ce mercure est particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et plus exactement pour leur fœtus ou embryon qui y sont très sensibles.
  • De plus, la partie la plus prisée par les japonais n'est pas la partie ventrale qui se sert en tranches de sashimi, mais la chair se trouvant directement au contact de l'arrête centrale du poisson, une chair extrêmement grasse (la plus susceptible de contenir certains polluants solubles dans le gras tels que HAP, PCB, dioxines, furanes, etc.).

Pêche et surpêche

À la fin des années 1980, les stocks de Thon rouge du Sud, dans lesquels les Japonais puisaient, se sont effondrés. La pression de pêche a alors été reportée vers le thon rouge de l'Atlantique, surtout pêché en Méditerranée où il vient se reproduire.

On estime que 80% des ressources de thon rouge de l'Atlantique a disparu des années 1980 à 2010. La surpêche est évidente au regard de la biologie connue des thons, mais il convient de prendre également en compte les cycles historiques de variation ds stocks mesurés par les volumes de captures sur 4 siècles (cf Ifremer)
L'élevage de ce poisson pose également de sérieux problèmes écologiques ; Il faut 15kg de poissons sauvages (réduits ensuite en « farine ») pour nourrir 1 kg de thon rouge, ce qui menace l'équilibre écologique de certaines régions (les côtes sénagalaise et sud-américaines, principalement) et en ruine l'économie locale. Au rythme de régression des années 2000, le thon a l'état sauvage serait amené à disparaître aux alentours de 2050.

Le thon rouge est pêché par l'ensemble des pays du pourtour méditerranéen auxquels se joignent un grand nombre de bateaux d'autres pays.

Les captures autorisées

Les captures autorisées sont établies par des négociations entre les États parmi les commissions internationales chargées de la conservation des espèces de thons. Ces commissions sont des organisations intergouvernementales:

  • Commission for the conservation of the Southern Bluefin Tuna (CCSCT). Commission pour la conservation du Thon rouge du sud.
  • The Indian Ocean Tuna Commission (IOTC). Commission des thonidés de l'Océan Indien.
  • INTERAMERICAN TROPICAL TUNA COMMISSION.(IATTC). Commission interaméricaine sur les thonidés tropicaux (Pacifique est)
  • Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT ou CICTA),

Stock de thons rouge du Sud

Cette espèce est pêchée dans les trois océans, dans l'hémisphère sud. Les prises autorisées s'élèvent à 11 810 tonnes par an. Cela concerne surtout les pêcheries japonaises et australiennes.

Stock de Thunnus thynnus

Cela concerne le thon rouge de l'Atlantique et surtout de Méditerranée. C'est l'espèce la plus pêchée, et, selon la CICTA et les organisations écologiques, ses stocks sont menacés d'effondrement.

Captures autorisées :

  • en 2007 : 29 500 tonnes,
  • en 2008 : 28 500 tonnes,
  • en 2009 : 22 000 tonnes ,
  • en 2010 : 13 500 tonnes.

Le 9 septembre 2009, la Commission européenne propose au pays de l’UE de soutenir une interdiction mondiale de son commerce, en demandant l'inscription du thon rouge de l'Atlantique sur l'annexe I de la CITES (à l'initiative de Monaco). La position de l'UE sera réexaminée avant la réunion de la CITES en mars 2010 pour tenir compte des données scientifiques les plus récentes ainsi que des décisions adoptées lors de la réunion annuelle de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) qui s'est tenue en novembre 2009.

Début 2010, la France a pris officiellement position pour l'interdiction du commerce international du thon rouge de Méditerranée (Thunnus thynnus) (mise en annexe I de la CITES), mais en demandant un délai de 18 mois pour la mise oeuvre de cette mesure (maintien de la pêche « côtière » avec 10% des quotas de pêche durant 18 mois). Greenpeace et d'autres ONG environnementale estiment de leur côté ce délai trop long, car selon les évaluations du comité scientifique de l'ICCAT, il ne reste aujourd'hui que moins de 15% de la population d'origine, ce qui met l'espèce en position très critique, ne serait-ce que du point de vue de l'effondrement de sa diversité génétique (facteur de résilience écologique si l'on souhaite une reconstitution rapide des populations). Selon le WWF, qui dénonce une surpêche massive aggravées par les activités illégales, le thon rouge pourrait disparaître de la Méditerranée d'ici 2012..

Malgré les pressions du Japon, à Genève, le 5 février 2010, la CITES (chargée pour l'ONU de la gestion de la commercialisation ou interdiction de commercialisation des espèces en danger), s'est finalement dite favorable à une interdiction générale du commerce de thon rouge ; cette proposition devant être étudiée lors de son Assemblée de mars 2010 et confirmée dès la réunion des 175 Etats membres de l'organisation du 13 au 25 mars 2010 à Doha.

La proposition d'interdire le commerce international du thon rouge de l'Atlantique a été rejetée jeudi 18 mars lors de la réunion de la Convention sur le commerce à Doha. La proposition a été rejetée par 68 voix, contre 20 favorables et 30 abstentions. La proposition européenne, qui prévoyait un délai d'inscription à l'Annexe I, a également été rejetée par 72 voix contre 43 pour et 24 abstentions.

Stock de l'Atlantique ouest

En 2006, les quotas de prises étaient d'environ 2500 tonnes.