Tiers monde

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Introduction

L'indice de développement humain de l'ONU, ici en 2008, est un index quantitatif utilisé par certains pour décrire approximativement le tiers monde.

Carte décrivant sommairement la chronologie de l'accès à l'indépendance, et les phases du processus de décolonisation.

Le tiers monde (parfois écrit tiers-monde) est l'ensemble des pays pauvres, ou se confond du point de vue des rapports nord-sud avec des Sud face à un Nord plutôt occidental, en tout cas « développé ». Pour Georges Balandier, il désigne « la revendication des tierces nations qui veulent s'inscrire dans l'Histoire ».

Sans être le fruit d'une norme économique (on parle aussi des tiers mondes, au pluriel), cette expression concerne les « pays émergents », les « pays en développement », les « pays les moins avancés », parfois les « nouveaux pays industrialisés » et les pays pétroliers, soit des pays africains, asiatiques, océaniens, du continent américain (hors Amérique du Nord) et européen (non membres de l'UE, comme l'Albanie ou la Moldavie).

Des auteurs le définissent plutôt comme étant composé de « pays dépendants du monde capitaliste », ou de « pays appauvris et surexploités ». En tout cas, ces pays ont « le trait commun de n'avoir pas connu, pour des raisons diverses, la révolution industrielle au XIX siècle », ni la prospérité qui a suivi la Renaissance en Europe, y favorisant la colonisation ou la domination des autres territoires.

Suite à la décolonisation et la Conférence de Bandung, certains de ces pays se sont regroupés au sein de l'organisation internationale du mouvement des non-alignés.

Histoire du terme

Le monde début de la guerre froide, en 1959.

Le monde à la fin de la guerre froide, en 1980, polarisé entre les deux superpuissances. Les autres États sont les non-alignés.

Le terme tiers monde est apparu, comme une formule, dans la chute d'une chronique de l'économiste et démographe français Alfred Sauvy en 1952, en référence au tiers état (de l'abbé Sieyès) français sous l'Ancien Régime.

« Car enfin ce tiers monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, veut lui aussi, être quelque chose »

— Trois mondes, une planète, dans L'Observateur, 14 août 1952.

Il fut très discuté après sa reprise par Georges Balandier en 1956 dans leur publication à l'INED (voir en bibliographie). Il désignait les pays du globe considérés alors comme « sous-développés ».

On interpréta dès le début leur proposition, à tort (Balandier, 2003), comme le regroupement des pays n'appartenant ni au bloc occidental (Amérique du Nord, Europe de l'Ouest, Japon, Israël, Australie…), ni au bloc communiste (URSS, Chine, Europe de l'Est…). La chute du mur de Berlin et la disparition du monde soviétique a de toute façon rendu ce caractère obsolète.

Débats actuels

Inégalité des revenus au sein des pays, mesuré par le coefficient de Gini (Rapport sur le développement humain 2007/2008)

Certains hommes politiques et économistes s'interrogent sur « la fin du tiers monde » dans la perspective d'un monde multipolaire où la pauvreté serait « combattue » (Robert Zoellick).

Effectivement, l'expression tiers monde est de plus en plus rarement utilisée en économie (voir la typologie économique des pays), bien que l'on parle toujours de la dette du tiers monde. Cependant, son usage perdure dans divers contextes (politiques, historiques, anthropologiques, sociologiques), mais y est critiquée comme étant, alternativement, idéaliste, révolutionnaire ou néo-impérialiste.

Les conférences internationales

Plusieurs réunions, dont certaines sont dites Sommets du mouvement des non-alignés ou d'autres Conférences Tricontinentales, ont parfois réuni ces pays autour d'une politique commune :

  • Conférence asiatique de New Delhi de 1947
  • Conférence asiatique de New Delhi de 1949
  • Conférence de Bandung de 1955
  • Conférence de Brioni de 1956
  • Conférence du Caire de 1957
  • Conférence de Belgrade de 1961
  • Conférence tricontinentale de La Havane de 1966
  • Conférence d'Alger de 1973

L'agriculture

L'agriculture est, dans les pays du tiers-monde, un facteur économique primordial.