Esthétique
La toxine botulique est utilisée en injections locales à faible dose pour provoquer des paralysies musculaires ciblées (muscles du front par exemple) afin d'atténuer temporairement les rides (pendant 5 à 6 mois).
L'application esthétique de la toxine botulique a été découverte par hasard dans les années 1980. Le Dr Jean Carruthers, ophtalmologiste, traitait une patiente pour blépharospasme et constate une atténuation des rides de la glabelle. Elle poursuit des recherches avec son époux qui est dermatologue, le Dr Alastair Carruthers. Il est amusant de se rappeler que leur première présentation à un congrès scientifique de l'usage du produit à des fins esthétiques est fort mal reçue. Aux États-Unis, l'utilisation esthétique de la toxine botulique est un véritable phénomène de société qui a fait la fortune du laboratoire Allergan qui le commercialise. D'autres appellations commerciales sont le Dysport (Laboratoire Ipsen) et le Vistabel.
En Malaisie, les autorités religieuses musulmanes lancèrent en juillet 2006 une fatwa proscrivant l'usage de la toxine botulique à des fins esthétiques, car le produit contiendrait des substances issues du porc. En revanche, l'usage de la toxine botulique n'est pas condamné lorsqu'il s'agit de cas médicaux extrêmes.
Les injections de toxine botulique sont souvent associées aux injections d'acide hyaluronique. Les premières ont un effet tenseur (dans le sens où elles détendent le muscle) alors que les secondes ont un effet de comblement de rides et il est souvent utile d'utiliser les deux techniques pour traiter l'ensemble d'un visage.
Transpiration
On utilise aujourd'hui également la toxine botulique pour traiter les problèmes de transpiration excessive (hyperhidrose).
Dystonie
La toxine botulique est également utilisée dans le traitement d'une maladie rare ou orpheline appelée dystonie. Cette maladie d'origine neurologique frappe certains points du corps comme le cou (on parle alors de torticolis spasmodique), les paupières (blépharospasme), dysphonie spasmodique..Cette maladie est méconnue de la plupart des médecins. En cas de doute, il faut consulter un neurologue.
Elle a une action sur les troubles de la motricité notamment sur la spasticité. Depuis quelques années, elle est utilisée sous forme d'injection dans le point moteur du muscle entraînant une paralysie du muscle permettant de réduire les contractions excessives liés à la spasticité.
Migraine
Certaines études suggèrent que des injections de toxine botulique dans certains muscles de la tête et du cou sont efficaces pour traiter les douleurs de la migraine mais ces résultats ont été infirmés en prouvant par un essai clinique en double aveugle que c’est l’effet placebo qui explique certains résultats positifs. Selon Maja Relja, les patients « considèrent inconsciemment qu’une injection a forcément plus d’effets analgésiques qu’un comprimé ».
Syndrome CHARGE
La toxine botulique a été utilisé avec succès sur des nouveau-nés pour traiter un excès de production de salive induit par une maladie génétique rare, le syndrome CHARGE.
Arme biologique
Selon une hypothèse évoquée par certains historiens, Reinhard Heydrich, un dignitaire nazi qui fut l'adjoint direct de Heinrich Himmler, pourrait avoir été victime d'une arme biologique antipersonnelle fondée sur l'utilisation de la toxine botulique. L'Obergruppenführer, atteint par des fragments d'une grenade lancée contre lui par des résistants tchèques (opération Anthropoid), est mort alors que le pronostic vital n'était pas engagé, peut-être du botulisme, provoqué par la toxine botulique mêlée à la couche de colle enduisant la grenade.