Lorsque les plans de l'immeuble furent rendus publics en 1968, le projet fut loin de remporter l’adhésion générale. Comme la tour Eiffel en son temps, la forme nouvelle et futuriste de la Transamerica Pyramid provoquait de nombreuses réactions hostiles. Le directeur de l’urbanisme de San Francisco, Allan Jacobs, parla même de « construction inhumaine ». D’autres l’avaient surnommée « le bonnet d’âne ». Mais le maire Joseph Alioto soutenait ce projet avec enthousiasme.
Pendant la construction, la polémique continua : en 1971, le spécialiste de l’architecture du Los Angeles Times, John Pastier, critiquait ouvertement la tour : « C’est de l’architecture antisociale à son pire niveau. Une forme d’anarchie et de perturbation comme on en voit se développer à Berkeley et Oakland, de l’autre côté de la baie. »
Les architectes répondirent par un article du Chronicle : « Si toutes les nouvelles constructions devaient se conformer à la taille et au style architectural de leur quartier, alors nos villes ne seraient encore qu’un agrégat de huttes d’argile. »
Les plans avaient été dessinés par les architectes de William Pereira and Associates. La forme n’était pas très rentable pour exploiter à fond la surface au sol, mais elle répondait à des critères esthétiques et surtout environnementaux : la lumière et l’air ne sont ainsi pas entravés et arrivent au pied de la tour. Les lois d’urbanisme sont très strictes à San Francisco et toute nouvelle construction ne doit pas enlaidir la skyline du centre des affaires. C’est la commission d’urbanisme de San Francisco (San Francisco Planning Commission) qui accorde les permis de construire.