Il est aujourd'hui et depuis plusieurs siècles surtout utilisé dans la conception de haies faciles à tailler, en particulier le « troëne toujours verd » :
« Quoique cet arbrisseau soit originaire d'Italie, il est cependant aussi robuste que l'espece commune. On le qualifie toujours verd, parce que ses feuilles ont un peu plus de tenue, & qu'il faut un hiver tres rigoureux pour les faire tomber. Mais ce n'est pas là ce qui constitue la seule différence de ce troëne avec le commun; il fait un plus grand arbre qui s'éleve à 15 ou 18 piés. Ses feuilles sont plus larges & d'un verd plus foncé; ses grappes de fleurs sont plus grandes & d'une blancheur plus parfaite, & ses baies sont plus grosses & d'un noir plus luisant. Quand on ne cultiveroit pas ce troêne pour l'agrément qu'il a de plus, il seroit toujours fort utile de le multiplier pour son bois qui fourniroit plus de ressources »
Ses rameaux flexibles étaient ou sont encore utilisés par les vanniers.
Son bois homogène, blanc, dur, souple et relativement durable est utilisé en tournerie.
Son écorce a servi à produire des colorants (teinture jaune). De son fruit on tirait une couleur noire ou une encre violacée qui a servi de colorant pour foncer le vin. « On en fait une couleur noire & un bleu turquin dont les Teinturiers se servent, & surtout les enlumineurs d'estampes; on en peut faire d'assez bonne encre, & les frélateurs les emploient quelquefois pour donner de la couleur au vin, mais fort aux dépens du goût » .
On a dans le passé « fait aussi quelque usage en médecine de la feuille & de la fleur de cet arbrisseau, qui sont détersives, astringentes & antisceptiques ».
Le bois du troène a été utilisé pour en faire des perches de vigne (« & on en trouve souvent de huit & dix piés de longueur »). On en a fait du charbon de bois destiné à faire la poudre à canon
Les tailles fraiches de jeunes rameaux peuvent être utilisées en BRF (Bois raméal fragmenté)
Usage médicinal ancien :
« Troene, (Mat. méd.) on ne fait point, ou on fait très - rarement usage du troëne intérieurement; cependant quelques auteurs recommandent le suc des feuilles & des fleurs jusqu'à la dose de quatre onces, & la décoction jusqu'à six ou huit contre le crachement de sang; les hémorrhagies & les fleurs blanches. On les emploie très - utilement à l'extérieur en gargarisme dans les ulceres de la bouche, inflammations & excoriations de la luette, de même que dans le relâchement & la chûte de cette derniere partie. On s'en sert aussi dans les aphtes ou ulceres de la gorge, ou dans les ulceres des gencives. Geoffroy, Mat. méd. »