Ubuntu (prononciation [ubuntu], c'est-à-dire « ou-boun-tou » en prononciation française) est un système d’exploitation libre fondé sur Debian (une distribution Linux) et commandité par la société Canonical.
La version par défaut utilisant le bureau GNOME s’est enrichie de nombreuses variantes, notamment Kubuntu qui utilise le bureau KDE.
Présentation
Ubuntu est une distribution GNU/Linux basée sur Debian et qui se destine à proposer un système convivial, ergonomique, libre et gratuit y compris pour les entreprises, une nouvelle version mise a jour est disponible tous les 6 mois. Initialement conçu pour les ordinateurs de bureau (fixe et portable), Ubuntu se destine aussi à des utilisations plus variées et spécifiques, avec :
Ubuntu Netbook Edition, une version légère optimisée pour les netbook ;
Ubuntu Server Edition, une version pour serveur.
Ubuntu se décline en de nombreuses variantes, dont les officielles sont :
Edubuntu, variante spécialement conçue pour le monde de l'éducation ;
Kubuntu qui est la variante utilisant le bureau KDE ;
Xubuntu (prononcer « Zoubountou »), variante destinée à des ordinateurs de configuration modeste, utilisant le bureau Xfce.
Concept
Philosophie
Ubuntu affiche comme ambition de principe la volonté que le monde entier puisse équitablement profiter du logiciel, et pour ce faire que tout utilisateur d'ordinateur puisse être libre de télécharger, d'utiliser, de copier, de distribuer, d'étudier, de partager, changer et améliorer le logiciel pour toutes utilisation sans payer de droit de licence. Il est stipulé aussi que l'utilisateur doit pouvoir choisir la langue dans laquelle il l'utilise, et qu'il puisse avoir l'opportunité d'utiliser le logiciel même s'il est handicapé.
Le nom
En rapport avec ces principes de bases, son nom provient d’un ancien mot bantou (famille de langues africaines), quelqu'un d'ubuntu désignant une personne sachant que ce qu'elle est, est intimement lié à ce que sont les autres, donc il est parfois traduit en l'appliquant au "je" : « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». C'est un concept fondamental de la philosophie de la réconciliation développée par Desmond Mpilo Tutu avec l'abolition de l'apartheid. L'utilisation en informatique est une récupération de ce sens philosophique et politique tel qu'il se trouve expliqué dans le travail de la Commission de la vérité et de la réconciliation. Les attendus philosophiques pratiques du sens fondamental permettent de mieux saisir par exemple la mission technologique socialement durable de la Fondation Shuttleworth (ci-dessous) et relayée en France dans les travaux de philosophes comme Barbara Cassin et Philippe-Joseph Salazar.
Identité visuelle
Icône actuelle
Depuis sa création, l'identité visuelle de la distribution s'est basée sur un thème baptisé « Human » (humain), utilisant principalement des teintes brunes et orangées ; ainsi on retrouvait, à chaque sortie de version, un écran de démarrage, un fond d'écran, un écran de connexion, ainsi que le logo de la distribution basée sur ces caractéristiques.
À partir de la version 10.04 (Lucid Lynx), une nouvelle étape dans l'identité visuelle d'Ubuntu est franchie. Le thème principal s'appelle désormais « Light » (lumière), et bénéficie d'une teinte revue basée essentiellement sur un couple violet/orange. Le logo a également été refondu, avec une fonte, tout en conservant la couleur orange qui a longtemps caractérisé le système d'exploitation.
Distribution
Installation
(Ubuntu 10.04 LTS Live Mode)
Ubuntu est proposé par défaut sous forme d'un LiveCD appelé desktop (bureau). Un redémarrage permet d'utiliser directement Ubuntu et de l'installer. Cette version permet, sans corrompre le système utilisé, sans le modifier, de tester la compatibilité d'une (nouvelle) version avec un ordinateur. Une version alternate (alternative) ne permet pas le démarrage live mais inclut des procédures d’installation avancées, plus proches de Debian. Avant Ubuntu 6.06, la version live ne permettait pas l'installation. La version DVD permet les deux modes.
L’environnement graphique est GNOME par défaut, KDE pour Kubuntu, Xfce pour Xubuntu, et aucun pour la version serveur. Il est possible d'en changer ou d'en ajouter.
Technique
Les distributions Ubuntu sont toujours des variantes stables de la branche dite instable de Debian (surnommée Sid). L’architecture générale (dont le système de paquets APT) est donc celle de la distribution Debian.
La différence principale est que la convivialité générale (procédure d’installation, choix de logiciels par défaut...) se fait parfois hors du cadre éthique très strict de Debian. Par contre, les versions stables de Debian suivantes intègrent ou adaptent certaines des avancées mises en place pour Ubuntu.
Ubuntu mise sur l'utilisabilité ; le système tient sur un seul LiveCD compressé. Avec l'approche One Application Per Task (une application par tâche), le CD ne contient que les programmes nécessaires pour une utilisation courante. À partir de la version 7.04 (nom de code Feisty Fawn), le système d'installation inclut un assistant de migration depuis le système d'exploitation Windows et transfère les données personnelles (dossier Mes Documents) ainsi que les fonds d'écrans, les favoris internet, etc.
Dans un souci d'homogénéité et de performance globale du système, seules les applications GTK+ (pour le bureau GNOME) sont proposées par défaut dans Ubuntu. Pour Kubuntu, ce sont des applications Qt, plus adaptées au bureau KDE, qui sont préférées. Ubuntu inclut aussi un système de mise à jour automatique pour corriger les bogues et les failles de sécurité.
À la différence de la plupart des distributions linux, le compte root ou administrateur est désactivé par défaut pour faciliter l'administration du système (choix donnant souvent lieu à des polémiques concernant la sécurité) ; c'est donc l'utilisateur qui effectue les tâches administratives temporairement et pour une tâche déterminée avec les droits d'administrateur (ou super utilisateur).
Ubuntu est disponible, officiellement pour les architectures x86 (Intel et compatibles), AMD64 et SPARC, mais non officiellement pour PowerPC (arrêt du support avec la version 6.10), IA-64 (Intel Itanium) et PlayStation 3 (processeur Cell dérivé du PowerPC d'IBM).
Avec la version 9.04 Jaunty Jackalope est venu le support officiel de l'architecture ARM9, grâce au projet Ubuntu Mobile.
Historique
Mark Shuttleworth.
Le projet est initié en 2004 par le sud-africain Mark Shuttleworth. Devenu millionnaire après la vente de sa précédente entreprise, cet ancien développeur Debian souhaite une version plus facile d'accès pour les novices et se consacre à la réalisation de ce projet.
Pour le mener à bien, il crée parallèlement Canonical, société sponsor officiel du système d'exploitation, et Ubuntu Foundation, une association sans but lucratif chargée en cas d'échec de l'entreprise de pérenniser le projet communautaire selon ces critères idéologiques de disponibilité pour tous (et doté de 10 millions de dollars bloqués à cette fin).
Avant sa sortie pour le grand public, le projet très secret avait comme nom de code no-name-yet, « pas encore de nom ». Il annonce une nouvelle version tous les six mois et des cycles de développement de 2 ans (détails dans Versions). Sur le portail (Launchpad) chargé entre autres de lister les bugs d'Ubuntu, le premier bug constaté est resté célèbre : Mark Shuttleworth dénonce le fait que Microsoft ait une part de marché écrasante, et qu'il soit difficilement possible d'acquérir un ordinateur dans un magasin sans Windows pré-installé. Ce bug a été confirmé dans de nombreux pays, notamment en Belgique, au Canada, en France et en Suisse, et c'est un des buts d'Ubuntu de le réparer, selon les termes mêmes de Mark Shuttleworth.
En 2005, un an après sa création, Ubuntu suscite l'intérêt de nombreux internautes.
En 2006, Ubuntu 6.06 LTS (de nom de code « Dapper Drake ») est la première version issue d'un cycle de développement de 2 ans. L'installeur Ubiquity apparaît sur le LiveCD, et équipe depuis lors l’ensemble des LiveCD. Canonical passe des accords avec Sun Microsystems.
En 2007, la version Ubuntu 7.04 inaugure les effets 3D avec Compiz (désactivés par défaut) et le rapatriement, via une interface graphique, du dossier « Mes Documents », des fonds d’écrans, des favoris Internet, et des contacts (courrier électronique et messagerie instantanée) depuis un ancien système d’exploitation. En France, l'Assemblée nationale s'équipe d'ordinateurs Ubuntu. Intel passe un contrat avec Canonical pour développer une plate forme mobile : Ubuntu Mobile. Dell vend des portables et des ordinateurs avec Ubuntu préinstallé depuis le 24 mai 2007 (le support Dell d'Ubuntu est effectué via Canonical). Ces ordinateurs sont également disponibles en France depuis le 8 août 2007.
En janvier 2008, en France, la gendarmerie nationale annonce son abandon de Windows et la migration de tous ses postes informatiques vers Ubuntu d'ici 2013, soit environ 70 000 ordinateurs. En Mars 2009, cela représentait une économie de 50 millions d'euros depuis 2004.. En avril sort la deuxième version issue d'un cycle de développement de 2 ans, la version Ubuntu 8.04 LTS, nom de code Hardy Heron (le héron robuste). En juin, l’intégration de Gobuntu — version libre d’Ubuntu — à Ubuntu en tant qu’option d’installation est annoncée. En septembre, en Suisse, les 9 000 ordinateurs des écoles genevoises auront entièrement abandonné les logiciels Microsoft Office. Dans un deuxième temps, Windows sera également abandonné pour migrer vers Ubuntu.
Un exemple plus proche est le choix d'Ubuntu en 2008 pour tous les serveurs de Wikipédia (au total 400, qui gèrent au moment de l'annonce 684 millions de visiteurs par an).
Le 9 avril 2010, Chris Kenyon, vice-président de Canonical, annonce que le nombre d'utilisateurs d'Ubuntu, qui était estimé à 8 millions en 2008, est désormais estimé à 12 millions.
Organisation du projet
Le projet Ubuntu s’appuie sur une communauté internationale et souveraine de développeurs et d'utilisateurs, qui élabore la distribution en sélectionnant les paquets de logiciels, en réalisant des mises à jour de sécurité et en fournissant des outils de support technique.
Le développement du projet s’organise autour d’un portail mis en place par Canonical : Launchpad. Ce portail inclut les outils suivants, permettant le développement de Ubuntu :
Le projet Bazaar, permettant aux développeurs d’organiser le développement de paquets (sorte de CVS).
Le bug tracker Malone, permettant la gestion des rapports de bug provenant directement des utilisateurs.
Le projet Answers, qui permet aux utilisateurs de poser leurs questions et d’effectuer des demandes de support auprès de l’équipe de support d’Ubuntu et d’autres contributeurs.
Le bountie tracker, permettant d’ajouter ou de participer à la donation de primes (en USD) aux développeurs en contrepartie de fonctionnalités nouvelles dans Ubuntu.
Le projet Rosetta, qui permet aux utilisateurs de traduire l’ensemble des paquets que comporte Ubuntu directement depuis le site du Launchpad.
Le projet Blueprint, qui indique les divers objectifs à atteindre pour la prochaine version de Ubuntu.
Launchpad comporte également un grand nombre de wiki permettant aux différents groupes de contributeurs de s’organiser.
Composants
Ubuntu divise tous les logiciels en quatre sections, appelées « composants » ou encore « dépôts », en les classant par licences et par niveau de support utilisateur disponible. Par défaut, une sélection de paquets de main (principal) sera installée pour couvrir les besoins basiques de la majorité des utilisateurs.
Libre
Non libre
Pris en charge par Canonical
main
restricted
Non pris en charge par Canonical
universe
multiverse
main (principal) : paquets sous licence considérée comme libre, et pour lesquels le support de Canonical est disponible.
restricted (restreint) : un ensemble de pilotes et de firmwares dont la licence n’est pas considérée comme libre.
universe (univers) : un grand choix de logiciels libres (développement communautaire sans l’intervention de Canonical).
multiverse (multivers) : un ensemble de logiciels non libres (non supportés par Canonical).
Il existe cependant d'autres composants secondaires :
security : mises à jour de sécurité.
updates : corrections de bogues importantes.
backport : dernières mises à jour issues de la version en développement.
commercial : applications réalisées par des entreprises partenaires à Canonical.
medibuntu : pour « Multimedia, Entertainment & Distractions In Ubuntu », anciennement PLF qui comprend des paquets légaux en France, mais litigieux dans d’autres pays.
Versions
Une version stable d’Ubuntu est mise à disposition tous les six mois (comme Fedora et Mandriva Linux). Il existe également un cycle de développement sous-jacent de deux ans avec un objectif de stabilité accrue pour des versions LTS qui peuvent être utilisées exclusivement.
Chaque version a un nom de code et un numéro. La numérotation des versions d’Ubuntu est chronologique (contrairement à la numérotation ordinale de nombreuses autres distributions : 1.0, 1.1, 1.2 ; 2.0, 2.1 ; 3.0 ...) : le premier nombre correspond à l'unité des années (5 pour 2005, 6 pour 2006...) et le second correspond au mois de la publication de la version stable (04 pour avril et 10 pour octobre).
Les versions stables de Ubuntu sont synchronisées avec le développement de l’environnement de bureau GNOME. Ce dernier a un cycle de développement de 6 mois, et une version stable de GNOME est publiée à chaque mois de mars et de septembre. Ubuntu est publié en version stable environ un mois après la sortie de la nouvelle branche de GNOME, soit aux mois d'avril et d'octobre. Exceptionnellement, un délai de 6 semaines a été ajouté au cycle de développement de Dapper Drake. Devant originalement sortir en avril 2006, cette version a été repoussée au 1 juin 2006 dans le but de la stabiliser au maximum (elle est la première à être officiellement proposée en entreprise) et d’y ajouter le support des langues à caractères complexes (en particulier les langues orientales).
Bien qu’officiellement les différentes versions de la distribution ne sont distinguées que par leur numéro de version, lors du développement, chaque version est identifiée par un nom de code en anglais formé d’un adjectif et d’un nom d’animal (les deux mots ayant la même lettre initiale). Ainsi, en pratique les utilisateurs avancés et les développeurs utilisent volontiers le nom de code, voire simplement l’adjectif pour désigner telle ou telle version. Par exemple, la version 5.10, ayant pour nom de code Breezy Badger, est couramment désignée par le surnom Breezy. À partir de la version 6.06 Dapper Drake, première version LTS, les lettres initiales des noms de versions respectent l'ordre alphabétique et leur position chronologique (D est la 4 lettre de l'alphabet comme Dapper est la 4 version d'Ubuntu et ainsi de suite). La version suivante se nomme Lucid Lynx (10.04). La prochaine version 10.10 "Maverick" est annoncée pour octobre 2010.
Ci-dessous la ligne du temps des versions actuellement supportées et maintenues par Canonical et la communauté Ubuntu.
ShipIt, ou l'envoi de CD gratuit
Livrets des CD d’Ubuntu 10.04 LTS Lucid Lynx
Livrets des CD d’Ubuntu 10.04 LTS Lucid Lynx
Livrets des CD d’Ubuntu 9.04 Jaunty Jackalope
Livrets des CD d’Ubuntu 8.10 Intrepid Ibex
CD d’Ubuntu 8.04 LTS Hardy Heron
ShipIt est le service de Canonical qui permet l'envoi gratuit de CD issue de la dernière version d'Ubuntu (Desktop ou Serveur au choix), elle est principalement destinée au personnes ne disposant pas de ligne à haut débit. Les frais de port sont pris en charge par Canonical. Cependant suite à la popularité croissante du service, il n'est possible de commander votre CD que si aucune commande de CD n'a été effectuée auparavant.
L'attente pour recevoir le CD est théoriquement de 2 à 3 semaines environ, mais peut prendre jusqu'à 10 semaines en fonction de l'adresse de livraison. En France, il faut compter une semaine entre le moment du passage de la commande à la livraison. Pour les personnes souhaitant une livraison personnalisée (c'est-à-dire, plus d'un CD-ROM par commande), l'attente peut atteindre plus de 20 semaines, dans les cas les plus rares.
Développement, branche instable
Une version en permanence instable est développée sous le nom de code Grumpy Groundhog (la marmotte d’Amérique grognonne). Ses sources viennent directement des dernières versions d'applications incluses dans Ubuntu.
Variantes et dérivées
Plusieurs projets sont dérivés de Ubuntu. Ubuntu incluant par défaut l'environnement GNOME, des projets sont apparus pour offrir la possibilité d’installer d’autres environnements graphiques. De même, d’autres versions ne sont que le résultat d'un ajout de logiciels et dont le but est de convenir pour une utilisation particulière. Ces projets sont des distributions dérivées de Ubuntu, car ils partagent exactement la même base, les mêmes logiciels, les mêmes dépôts APT, le même nom de code et le même cycle de développement.