Le nom de Boisgibault apparaît en Sologne en 1510 dans un quartier de bois. Jean Maubert, bourgeois protestant d'Orléans, en est le premier propriétaire connu. En 1564, y existait un manoir formé d'un corps central comprenant un rez-de-chaussée, flanqué de deux petites tours dont les poivrières ne dépassaient pas la toiture principale. Boisgibault, assez modeste dans ses débuts, se gonflera peu à peu jusqu'à englober près de 3 000 hectares au XVIII siècle, puis ira en se réduisant jusqu'à son état actuel, à peu près semblable à celui de son origine. Reconstruit vers le milieu du XVII siècle, le manoir (on réservait alors l'appellation de « château » aux forteresses) existait dans son aspect actuel, avec la même distribution intérieure. Le dernier des Maubert de Boisgibault se retira à Paris. Son père, conseiller au présidial d'Orléans, avait fait de mauvaises affaires. À la requête des créanciers, Boisgibault fut saisi et vendu aux enchères, le 13 septembre 1680.
La demeure changea plusieurs fois de propriétaire et fut rachetée le 11 mai 1712 par Joseph Charpentier, seigneur de Brandelong et Méliers. Il en fit la donation à son frère Jacques Charpentier de Mondonville, receveur des tailles à Orléans et doté d'une grande fortune. Il conduira cette terre à son plus grand développement. Lui succéda, son fils, Jacques Charpentier de Boisgibault (1721-1794), conseiller du Roi Louis XV en ses conseils et Président de la Cour des Aides de Paris avec Malesherbes. Les Charpentier ont ajouté les deux ailes et les communs de la basse-cour. Ils ont rénové les salons et aménagé la chapelle.
Boisgibault a été acheté par le Marquis de Gasville (1790-1865) en 1829. C'était un grand seigneur normand, sans enfant, ancien préfet, pair de France, conseiller d'État, chevalier de la légion d'honneur et de l'ordre de Saint Grégoire le Grand. La propriété était organisée en vue de la chasse et les réceptions étaient réputées dans tout le pays.
La famille Boisgibault n'a jamais habité dans cette propriété.