Sologne

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Sologne
Sologne
PaysFrance
Région françaiseCentre
Département françaisLoir-et-Cher, Loiret, Cher
Villes principalesRomorantin-Lanthenay, Salbris, Vierzon, La Ferté-Saint-Aubin, Aubigny-sur-Nère
Superficie approximative5 000 km²
Relief85 à 200 m d'altitude
Productionsbois, pêche, élevage
Communes127
Régions naturelles voisinesBerry, Val de Loire, Sancerrois
Pays (div. territoriale)Syndicat Mixte du Pays Sologne Val-Sud
ClassementNatura 2000
Sologne

La Sologne est une région forestière française situé dans la région Centre et comprise entre la Loire et l'un de ses affluents, le Cher.

Ses habitants sont les Solognots.

Géographie

Le Beuvron à Lamotte-Beuvron

La Sologne est une région naturelle française située dans la région administrative du Centre. Elle s'étend au sud de la Loire sur les anciennes provinces de l'Orléanais, du Berry et du Blaisois.

La région englobe une partie des actuels départements du Loiret et du Loir-et-Cher, ainsi qu'une petite partie du Cher et s'étend sur près de 500 000 hectares.

Elle presque toujours conservé un caractère sauvage et humide voire précaire. Son sol pauvre, sableux, tantôt humide, tantôt sec est défavorable à l'agriculture mais est également facteur d'insalubrité. La Renaissance s'accompagne d'un intérêt particulier de la bourgeoisie et de la noblesse pour son climat. Dans cette petite période de prospérité de nombreux châteaux et résidences nobles et bourgeoises furent construits, notamment à Chambord et à Cheverny. Les guerres de religion qui suivent cette période laissent une partie des terrains rendus cultivables à l'abandon.

Essentiellement connue pour ses étangs, couvrant environ 12 000 hectares soit 2 % de son territoire, et ses forêts, notamment décrits dans l'ouvrage Raboliot de Maurice Genevoix, la Sologne possède une forte tradition de pêche (halieutique) et de chasse, très souvent privées.

Naguère zone marécageuse, c'est Napoléon III qui ordonna son assèchement, notamment par l'implantation massive de résineux.

Villes principales

Le Cher à Vierzon

Il n'existe pas de capitale officielle de la région ; les principales villes sont Romorantin-Lanthenay, La Ferté-Saint-Aubin, Aubigny-sur-Nère, Salbris, Vierzon et Lamotte-Beuvron.

Il s'agit de la seule région naturelle qui fait l’objet d’une délimitation administrative officielle, suite à une loi du 27 juin 1941 consacrée à la mise en valeur de ce territoire considéré comme particulièrement déshérité. L'arrêté du 17 septembre 1941 pris en application de la loi du 27 juin 1941 fixe ainsi officiellement la liste des 127 communes composant la Sologne.

Climat

Le climat solognot est particulier. Les températures minimales sont basses, du fait du sol sableux. Le sol qui se gorge facilement d'eau peut aussi devenir très sec en été.

Hydrographie

  • Les cours d'eau : le Barangeon, le Beuvron, la Bonneure, Cher, le Cosson, la Nère, la Rère, la Grande Sauldre, la Petite Sauldre, la Sauldre, la Tharonne et le canal de la Sauldre.
  • Les principaux étangs : du Puits, de Beaumont, de la Giraudière, de Teillay, de la Noue, Neuf, Perret, de la Prée, de la Grande Corbois, de Marcilly, des Binoches, Grand étang de Rhuys, de l'Aiguillon, des Landes.

Voies de communication

Les autoroutes A71 et A85 ainsi que les lignes de chemin de fer Aubigny-sur-Nère - Orléans et Les Aubrais - Montauban traversent la région.

Administration

Plusieurs intercommunalités couvrent le territoire :

  • Pays : syndicat Mixte du Pays Sologne Val-Sud
  • Communautés de communes : La Sologne des étangs, La Sologne des rivières, Cher - Sologne, Cœur de Sologne, Sauldre et Sologne ou Pays de Chambord.

Histoire

Les noms de nombreux villages de Sologne indiquent une origine gauloise et les nombreux tumuli découverts montrent que la Sologne était peuplée à l'âge du fer. Les principaux cours d'eau portent des noms d'origine celtique : Cosson, Beuvron (« rivière des castors »), Tharonne rivière rapide. La partie supérieure de la Sauldre, puis du Beuvron, constituait la frontière entre la Gaule des Carnutes et celle des Bituriges.

Les étangs se sont sans doute multipliés entre le XI et XIII siècles, permettant d'assainir une terre humide. Le nombre de ces derniers aurait atteint 4 000 au XVI siècle.

La guerre de Cent Ans n'épargne pas la Sologne : Romorantin est prise par le Prince Noir. Jeanne d'Arc traverse de long en large la région. À la fin de cette guerre, la remise en état de la région s'accompagne d'une modification du paysage avec la création de nombreux étangs, la pisciculture étant plus rentable que l'agriculture.

À la fin du XV siècle, le roi et sa cour vont y séjourner. Louis XII s'installe à Romorantin. François I y rencontre Claude de France qu’il épouse ensuite. La Sologne connaît alors une relative prospérité.

Au cours des XVII et XVIII siècles, les marécages reprennent le dessus et la région s'enfonce dans la misère. Les solognots suivront de très loin les soubresauts de la Révolution. La réforme administrative partage la Sologne entre trois départements : Loir-et-Cher, Loiret et Cher, personne ne cherchant à se disputer un territoire aussi pauvre.

Il faut attendre l'arrivée, en 1852, de Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République mais futur empereur et qui possède un domaine à Lamotte-Beuvron, pour que la Sologne bénéficie d'appréciables subventions et redécouvre un semblant de croissance. L'intérêt que l'empereur porte à la Sologne, en partie dû à des attaches familiales du côté de sa mère (Hortense de Beauharnais dont plusieurs ancêtres possédaient des domaines en Sologne), sa réputation cynégétique et le chemin de fer en 1847, vont alors attirer la grande bourgeoisie. Les bourgeois succèdent ainsi aux aristocrates.

Cette région, essentiellement agricole, abrite néanmoins, une industrie textile importante sur Romorantin, qui constitue longtemps le seul foyer industriel du département. L'activité remontant au Moyen-Age se concentre au début du XIX siècle dans la manufacture Normant frères.

Depuis l'agriculture et la sylviculture sont reléguées au second plan. La chasse rapporte plus et plus vite.

Milieu naturel

Ecologie

Le territoire de la Sologne est inscrit au réseau Natura 2000 par l'intermédiaire de trois zones.

La plus vaste est dite de Sologne et couvre une superficie de 3 461,84 km² dont plus de la moitié se trouve dans le département de Loir-et-Cher. Il s'étend du nord au sud, du sud de l'agglomération orléanaise au nord de Vierzon, et d'ouest en est, de l'est de l'agglomération blaisoise à Aubigny-sur-Nère.

Une deuxième zone classée dite des étangs de Sologne est une zone de protection spéciale (ZPS) depuis mars 2006, elle est incluse dans la première. Sa superficie est de 296,24 km², elle s'étend, du nord au sud, de La Marolle-en-Sologne au nord-est de Romorantin-Lanthenay et, d'est en ouest, de Courmemin à Nouan-le-Fuzelier.

La troisième zone, également contenue dans la première, correspond au domaine de Chambord dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Classée ZPS depuis mars 2006, elle s'étend sur 46,65 km² autour de la commune de Chambord. Cette zone a été proposée comme site d'importance communautaire en avril 2002.

La zone Natura 2000 de Sologne est le plus grand Site d’Importance Communautaire terrestre d’Europe, couvrant une surface totale de 3 461,84 km² soit presque 9% de toute la région Centre.

Une certaine préservation de ces milieux fragile est permise par l'anthropisation. Le pâturage permettait autrefois ce travail et assurait une vie autarcique. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette activité a quasiment disparu. Désormais une grande partie de la Sologne se retrouve en situation de déprise agricole . La foresterie moderne trouve néanmoins un grand intérêt à la forêt solognote, par la diversité de son écologie.

La flore

Forêt de pins et de boulot en Sologne

La forêt couvre les trois quart du pays solognot. Elle est constituée de plusieurs grands types forestiers : la chênaie-charmaie, la plus rare mais surtout la plus diversifiée, la vallée de la Sauldre, les forêts domaniales, les vastes propriétés forestières. On y rencontre les chênes pédonculés et sessiles, le charme, l'érable champêtre, le sycomore, le noisetier, le bouleau, le pin sylvestre, le pin maritime , le Douglas, quelques hêtres, trembles et frênes. Au printemps, grâce à leur floraison, on distingue des fruitiers sauvages tels que : poiriers, pommiers, alisier blanc ou merisiers.

En sous-bois, on trouve différentes espèces de primevères, dont la plus connue est le coucou, de petites pervenches, de jacinthes des bois à clochettes violacées, de violettes des bois.

Certaines plantes, notamment les bruyères et les genêts s'installent sur les landes. Un type de bruyères, la « bruyère à balais », appelée traditionnellement « brémailles », a été utilisé de longue date pour la confection de balais. Ce nom sert comme toponymie à de nombreux lieux en Sologne.

La faune

Les cerfs, chevreuils et sangliers recherchent souvent la tranquillité des forêts. On rencontre assez fréquemment des animaux sédentaires comme les chevreuils ou les sangliers. Le cerf a besoin d'espaces plus vastes sauf au moment du brame. Les biches comme les cerfs aiment les endroits calmes : les biches pour mettre bas et les cerfs pour se débarrasser et refaire leurs bois.

La Sologne est également le refuge de nombreux autres animaux carnivores, canidés et mustélidés comme les renards, martres, fouines, belettes, putois. Parmi les lagomorphes, le Lapin de garenne, symbole de la chasse populaire en Sologne est maintenant limité du fait de la myxomatose.

Finalement on peut noter la présence de plus de deux cents espèces d'oiseaux, d'une bonne quarantaine d'espèces de mammifères, d'une trentaine d'espèces de poissons, d'une dizaine d'espèces de reptiles et d'autant de batraciens. Enfin les espèces d'insectes se comptent par milliers.

Les étangs

Un étang de Sologne

La nature et l'imperméabilité du sol de la Sologne expliquent la présence de nombreux étangs (environ 3 200 qui représentent 11 500 hectares d'eau). Ils sont, pour la plupart, artificiels, car visant au développement de la pisciculture, de la reconstruction au lendemain de la guerre de Cent Ans à la « Rénovation », sous Napoléon III, de cette région marécageuse. Ils sont particulièrement concentrés près de Fontaines-en-Sologne et autour de Saint-Viâtre, cette dernière zone étant appelée la Sologne des étangs. Les plus importants dépassent 50 hectares (une dizaine dans ce cas). Le plus grand et le plus visité est l'Étang du Puits, situé à environ 60 km au sud-est d'Orléans, d'une superficie de 95 hectares (totalité du site 180 hectares), établi à la fin des années 1860 comme réservoir destiné à alimenter le canal de la Sauldre. Tous ces étangs ne datent pas du Moyen Âge, pourtant, c'est bien à cette époque que la plupart furent créés afin de faire disparaître les vastes marais qui s'étaient formés à la suite des déboisements intensifs. Aujourd'hui, ces étangs entretenus, mais sauvages, constituent des milieux naturels pour la faune et la flore.

La pêche en étang, en automne, est l'une des plus anciennes traditions de Sologne.

Patrimoine

Maison à colombages, La Ferté-Saint-Aubin

La tuilerie de la Bretèche

Le château de Chambord

  • L'habitat traditionnel solognot : habitations de briques rouges et vieilles maisons à colombages ;
  • Le musée de Sologne à Romorantin.
  • La maison des étangs à Saint-Viâtre.
  • La maison du braconnage à Chaon créée en mai 1997.
  • La maison du cerf à Villeny.
  • Le musée de l'artisanat rural ancien de Tigy.
  • Le musée archéologique de Vienne-en-Val.
  • Les châteaux : Chambord, Cheverny, La Ferté, du Moulin.
  • Aubigny-sur-Nère, cité solognote avec ses maisons à pans de bois et son château écossais.
  • Brinon-sur-Sauldre, le village qui inspira Maurice Genevoix pour écrire Raboliot.
  • Le domaine du Ciran à Ménestreau-en-Villette.
  • L'église Saint-Martin de Souvigny-en-Sologne avec son caquetoir et ses peintures murales.
  • L'église Saint-Pierre de Vouzon pour sa tour-porche en briques et sa grille de fer forgé dans le chœur.
  • L'église Saint-Viâtre de Saint-Viâtre pour son clocher tors.
  • L'étang du Puits, base nautique entre Argent-sur-Sauldre et Cerdon-du-Loiret.
  • L'étang de Beaumont et son observatoire ornithologique à Neung-sur-Beuvron.
  • La tourbière de la Guette, à Neuvy-sur-Barangeon.
  • Le sentier d'interprétation de la Grande prairie à Pierrefitte-sur-Sauldre.
  • La tuilerie de la Bretèche de Ligny-le-Ribault avec son vieux four et ses vieux séchoirs inscrits à l'inventaire des Monuments historiques depuis le 14 juin 1999.
  • L'écomusée de l'association « Les amis du vieux Ligny » dont le but est la sauvegarde du patrimoine du village et de la Sologne à Ligny le Ribault.

Folklore

Mythes

La Sologne a abrité plusieurs animaux mythiques ou démoniaques dont la birette (qui prend plusieurs aspects, dont celle d'une licorne ou celle d'une vache noire), la cocadrille, espèce de dragon, ou encore la galipotte à Gy-en-Sologne.

Chant populaire

Paroles et musique d'Estienne de Chaon

À cœur bien né, patrie est chère, ma voix trouvera ses échos.
Si je chante en levant mon verre, la Sologne et les Solognots.
Chère Sologne je préfère, aux faux éclats d'une cité,
Ton doux climat, ta grâce austère, ta mélancolique beauté.

J'aime à m'étendre sur la mousse, au pied de tes chênes géants,
Où la rêverie est si douce, j'aime tes genêts éclatants,
Tes grands étangs où les étoiles vont se mirer quand il fait nuit,
Tes bouleaux qui, comme des voiles, frissonnent au vent de minuit.

J'aime sur la lande déserte, où se dresse le sapin noir,
Écouter, pieuse et discrète, la voix de l'angelus du soir.
À ce son perdu dans l'espace, qui nous dit « prière et repos »,
Le laboureur cesse sa tâche, le berger siffle ses troupeaux.

Heureux de la tâche finie, chacun regagne ses hameaux,
Et sous l'aubépine fleurie, s'endorment les petits oiseaux.
Au seuil de la pauvre chaumière, les enfants, filles et garçons,
Accueillent le retour du père par des rires et des chansons.

La bonne femme à fait la soupe, le bois pétille dans le feu,
Et joyeuse, toute la troupe s'attable en remerciant Dieu.
Ô Sologne qui m'est si chère, terre que tout enfant j'aimais,
Si le ciel entand ma prière, je ne te quitterai jamais.
"

Médias

La région est couverte par plusieurs quotidiens :

  • La Nouvelle République du Centre-Ouest, siège local à Blois ;
  • Le Berry républicain, dans le Cher ;
  • La République du Centre, d'Orléans jusqu'à La Ferté-Saint-Aubin.

Il existe plusieurs revues concernant la région :

  • Le Journal de la Sologne, quatre numéros par an, non compris les hors séries ;
  • Le Petit Solognot, Journal gratuit bimensuel ;
  • Le petit solognot magazine, magazine trimestriel.

Personnalités liées à la région

Maurice Genevoix

  • Eugène Labiche (1815-1888), auteur dramatique et académicien français, acheta en 1853 le château de Launoy à Souvigny-en-Sologne, commune dont il sera élu maire en 1868 ;
  • Alain-Fournier (1886-1914), écrivain français né à La Chapelle-d'Angillon où il passa son enfance ;
  • Marguerite Audoux (1863-1937), romancière française, prix Femina 1910, fut bergère et servante de ferme à Sainte-Montaine de 1877 à 1881, un musée lui est consacré à Aubigny-sur-Nère ;
  • Maurice Genevoix (1890-1980), romancier, poète et académicien français, auteur de Raboliot dans lequel il évoque la vie libre d’un braconnier de Sologne ;
  • Claude Seignolle, écrivain français né en 1917, résida à Presly et Sainte-Montaine, auteur de Contes, récits et légendes des pays de France, dont le deuxième tome est en partie consacré à la Sologne.
  • Nicolas Vanier, écrivain, réalisateur et aventurier français né en 1962, qui vit en Sologne.