L'église Notre-Dame de Royan, inaugurée en 1958, a été édifiée en trois ans par les architectes Guillaume Gillet et Marc Hébrard, en collaboration avec les ingénieurs Bernard Laffaille, René Sarger et Ou Tseng. Elle est considérée comme l'un des chefs d'œuvre de l'architecture contemporaine.
Histoire
Après les bombardements du 5 janvier 1945 qui détruisirent l'ancien sanctuaire néo-gothique qui datait de 1874 (localisée au niveau de l'actuelle Place Charles de Gaulle), il fut décidé de construire un édifice de plus grande taille et à l'architecture aussi ambitieuse que spectaculaire, inspiré par l'esthétique des grandes cathédrales gothiques.
Achevée dès 1958, elle est entièrement construite en béton brut. Elle a été classée monument historique en 1988.
Carractéristiques
Dimensions
Ses dimensions sont : une nef en ellipse de 45 mètres de long sur 22 mètres de large pouvant contenir environ 2 000 personnes, flanquée d'un déambulatoire et d'une tribune située à trois mètres du sol. Cette tribune est éclairée par des vitraux en forme de losange figurant le Chemin de croix.
La structure du bâtiment est composée d'une alternance d'éléments en béton armé précontraints en V (système Lafaille, du nom de l'ingénieur Bernard Laffaille, qui mit au point le procédé) alternant avec d'immenses verrières couvrant 500 m², œuvres du maître verrier Henri Martin-Granel. La toiture, en « selle de cheval » a une épaisseur de seulement 8 centimètres, ce qui représente une prouesse pour l'époque. À l'intérieur de l'édifice, les voûtes paraboliques atteignent 36 mètres aux extrémités, et 28 mètres au centre.
Le chœur est éclairé par un vitrail composé d'un triangle de verres colorés à dominante bleue et rose, représentant la Vierge de l'apocalypse écrasant le serpent du mal, une œuvre du peintre Claude Idoux. On peut également voir à l'intérieur de l'église plusieurs œuvres d'art, en particulier une vierge-noire en bronze réalisée par Gaston Watkin, grand prix de Rome de sculpture, une statue moderniste en métal représentant Jeanne d'arc, un christ bourguignon en bois datant du XIV siècle ainsi qu'une représentation de Notre-Dame de Royan.
Le clocher
Le clocher, haut de 60 mètres, est surmonté par une croix de six mètres. Il se dresse au-dessus d'une esplanade formantparvis, où se trouve un autel destiné à des célébrations religieuses en plein air.
Il renferme trois Bourdons nommés Fa, Sol, La.
Le clocher de l'église
L'autel extérieur et le revers du vitrail de la Vierge
La nef s'inspire de l'esthétique gothique
Détail des tribunes (supérieures)
Tribunes (inférieures)
L'intérieur de l'église
Le chœur
Les grandes orgues
Les grandes orgues
L’orgue, suspendu à la façade ouest, a été monté en 1964. Il est considéré par les organistes et les mélomanes comme un instrument exceptionnel. C’est le premier "grand seize pieds" en étain martelé construit depuis le XVIII siècle. Il est l'œuvre de Robert Boisseau.
Cet instrument est désormais, tout comme l'église qui l'abrite, classé « Monument historique » depuis 1988. Son titulaire est depuis 1966 l'organiste, chef de chœur et compositeur Jacques Dussouil.
L'orgue comporte 47 jeux répartis sur trois claviers et un pédalier. Composition de l'orgue:
Le clocher et son beffroi ont été restaurés de 1994 à 1996. La réparation des vitraux a été terminée en 1999.
Mis en œuvre rapidement dans un souci d'économie, le béton s'est trop vite dégradé. Le bâtiment, qui n'a jamais été terminé, a souffert de l'air maritime, salé, et d'importants travaux restent à réaliser pour assurer sa survie. L'association pour la défense de l'église de Royan (Ader) a été créée en 2008 pour sensibiliser l'opinion et organiser la sauvegarde de l'édifice.