L'agriculture biologique améliore les performances des colonies d'abeilles mellifères
Publié par Adrien le 27/06/2019 à 08:00
Source: CNRS
Une équipe de chercheurs du CNRS, de l'Inra et de La Rochelle Université vient de montrer pour la première fois que l'agriculture biologique profite aux colonies d'abeilles mellifères en particulier pendant la période de disette alimentaire à la fin du printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones...). L'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) a analysé six années de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) collectées dans le cadre d'un dispositif, unique à l'échelle européenne, de suivi des abeilles domestiques. Cette étude est parue dans Journal of Applied Ecology le 26 juin 2019.


© Apis / Inra

Les abeilles ne sont pas seulement utiles aux humains en tant que productrices de miel, mais aussi en tant que pollinisatrices de fleurs sauvages et de cultures. Elles se nourrissent exclusivement de nectar et de pollen (Le pollen (du grec palè : farine ou poussière) constitue, chez les végétaux supérieurs, l'élément fécondant mâle de...) et souffrent donc de la faible disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit équipement ou...) en fleurs en mai et juin entre les périodes de floraison (La floraison est le processus biologique de développement des fleurs. Elle est contrôlée par l'environnement (lumière, humidité, température) et les phytohormones.) du colza et du tournesol, comme cela est typique dans les paysages agricoles très intensifs. Au cours de cette période, la collecte de pollen, la production de miel et la croissance des colonies diminuent. Une étude qui vient d'être publiée dansJournal of Applied Ecology montre que l'agriculture biologique (L’agriculture biologique est basée sur la gestion rationnelle de la fraction du sol, dans le respect des cycles biologiques et de l'environnement, tenant compte des...) peut atténuer ce déclin. Les parcelles cultivées en agriculture biologique offriraient en effet aux abeilles domestiques plus de ressources, notamment par la présence d'adventices (que l'on appelle à tort "mauvaise herbe (On appelle herbe, dans une acception large, toute plante annuelle ou vivace, non ligneuse, faisant partie des angiospermes (monocotylédones ou dicotylédones), de couleur verte ; dans une acception plus étroite, herbe...)"), notamment. Les chercheurs ont trouvé jusqu'à 37% de couvain, 20% d'abeilles adultes et 53% de miel supplémentaire dans les colonies entourées de parcelles agricoles biologiques par rapport aux colonies situées dans des paysages agricoles conventionnels en examinant durant six ans près de 180 ruches dans le centre-ouest de la France.

Ceci suggère que la présence de parcelles en agriculture biologique peut produire différents effets. L'augmentation de la production de couvain destiné à devenir des ouvrières peut être dû à une plus grande diversité de ressources en pollen et à une diminution de la mortalité due aux pesticides à l'échelle locale. Les réserves en miel peuvent augmenter en raison de la disponibilité accrue de fleurs mellifères à une plus grande échelle (La grande échelle, aussi appelée échelle aérienne ou auto échelle, est un véhicule utilisé par les sapeurs-pompiers, et qui emporte une échelle escamotable de grande hauteur. Le terme « grande...) spatiale, qui correspond à celle ou les abeilles cherches des ressources (entre 1 et 3 km en zones de grandes cultures).

Cette étude a été rendue possible grâce au dispositif unique de suivi des colonies d'abeilles Ecobee (Inra/CNRS). Il permet chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) de mesurer l'effet des pratiques agricoles dans des conditions réelles sur 50 ruches expérimentales dans le sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) de la France. Des recherches antérieures menées par la même équipe montraient que la baisse de la production de couvains d'ouvrières au cours de la période où les fleurs sont rares conduisait à une diminution de la survie des colonies en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.). Cette nouvelle étude suggère que l'agriculture biologique peut atténuer les effets négatifs de l'agriculture intensive (L'agriculture intensive est un système de production agricole caractérisé par l'usage important d'intrants, et cherchant à maximiser la production...) et augmenter la survie de ces pollinisateurs essentiels que sont les abeilles.

Bibliographie

Effects of organic farming on seasonal dynamics of honeybee colony performance
Wintermantel Dimitry, Odoux Jean-François, Chadoeuf Jöel, Bretagnolle Vincent, dans Journal of Applied Ecology le 26 juin 2019.
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