La COVID-19 a un impact sur la fertilité

Publié par Adrien le 16/10/2021 à 09:00
Source: ASP
Plusieurs rumeurs ont circulé à propos des effets qu'aurait le vaccin sur la fertilité humaine. Ces rumeurs sont fausses. Mais qu'en est-il des effets du virus lui-même sur la fertilité ?

Photo: Wave Break Media / Dreamstime

L'origine des rumeurs

Dès le début de la campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés...) de vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le...),les rumeurs à l'effet que les vaccins rendraient stériles ou réduiraient la fertilité (Pour le sens commun, la fertilité désigne à la fin du XXe siècle la...) ont beaucoup circulé chez les personnes hésitantes face à la vaccination. Selon des chercheurs de Miami (Miami est une ville importante située au sud-est de la Floride, aux États-Unis d'Amérique....) et de l'Oklahoma, les recherches à ce sujet sur Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services...) ont augmenté immédiatement après l'autorisation d'urgence du vaccin aux États-Unis, en décembre 2020.

Dans les faits, résumait entre autres, en février dernier, un avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un...) publié par un groupe d'experts britanniques, ou un communiqué de l'INSERM, en France, en juillet, ou une page du CDC, aux États-Unis, en août, il n'y a aucune donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) qui soutienne l'idée que les vaccins contre la COVID-19 pourraient perturber la fertilité. Ni même aucune théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...) qui pourrait expliquer comment le vaccin pourrait avoir un tel effet.

Il faut aussi se rappeler que plusieurs femmes sont tombées enceintes pendant les essais cliniques des vaccins. Or, dès les premiers mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) de la campagne de vaccination, les données disponibles n'indiquaient aucune augmentation du risque d'avortements spontanés.

Mais ces rumeurs pourraient aussi avoir pour origine le fait que la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...), elle, semble bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de...) et bien poser un risque.

COVID-19 et fertilité masculine

Dans une recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) parue en novembre 2020, une équipe de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Miami dirigée par l'urologue Ranjith Ramasamy, relatait l'autopsie (L'autopsie (ou examen post-mortem ou nécropsie) est l'examen médical des cadavres. Le...) de six hommes décédés de la COVID-19.

Les chercheurs avaient observé une diminution du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) de spermatozoïdes dans la moitié des cas. Le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...) avait également été détecté dans les testicules d'un des sujets. De plus, une biopsie (Une biopsie correspond au prélèvement d'un échantillon de tissus de l'organisme dans...) réalisée sur les testicules d'un survivant de la maladie, trois mois après sa guérison (La guérison est un processus biologique par lequel les cellules du corps se...), avait montré la présence du virus. Enfin, lors d'une chirurgie (La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les...) visant à installer un implant dans le pénis de deux hommes souffrant de dysfonction érectile, l'analyse des tissus a aussi révélé des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de...) du virus neuf mois après l'infection.

"Les scientifiques savent que d'autres virus envahissent les testicules et affectent la production du sperme et la fertilité", écrivait Ranjith Ramasamy quelques mois plus tard dans un texte du site interuniversitaire The Conversation.

Lorsqu'un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo...) est infecté par le virus de la COVID-19, la réponse inflammatoire qui s'ensuit perturbe la barrière sang-testicule, permettant au virus d'atteindre le système reproducteur, résumait le biologiste (Sur les autres projets Wikimédia :) Robert John Aitken dans une lettre à la revue Andrology parue en août dernier. Le virus peut alors pénétrer dans les cellules grâce à son récepteur, la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) ACE-2. Cette protéine serait exprimée non seulement dans les voies respiratoires, mais également dans les testicules, en particulier dans les cellules de Leydig produisant la testostérone (La testostérone est une hormone stéroïdienne, du groupe des androgènes. Chez...), selon le résumé des six autopsies publié en 2020. Les patients touchés par la COVID-19 auraient d'ailleurs des taux plus bas de cette hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit...), selon Aitken.

Ce dernier ajoutait à cela que plusieurs études ont observé, à la suite de la COVID-19, une diminution de la qualité du sperme de même que des dommages à l'ADN des spermatozoïdes. Les scientifiques ignorent toutefois si ces effets sont dus au virus lui-même ou au stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général...) oxydatif qui est provoqué par la tempête (Une tempête est un phénomène météorologique violent à large...) de cytokines -une réaction inflammatoire inquiétante- observée chez les malades.

Enfin, dans une étude parue en mars, une équipe de chercheurs italiens concluait que les hommes infectés par la COVID-19 avaient un risque près de six fois plus élevé de connaître des problèmes d'érection.

COVID-19 et ovaires

Selon des chercheurs indiens, la molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui...) ACE-2 est également exprimée en grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire,...) dans les ovaires. Il serait donc possible que le virus de la COVID-19 attaque ces organes. Peu d'études ayant été réalisées à ce sujet, il s'agit encore d'un risque théorique. Cependant, des scientifiques israéliens ont conclu en septembre que ni l'infection par la COVID-19, ni la vaccination, n'avaient d'effets négatifs sur le fonctionnement des follicules ovariens.

COVID-19 et cycle menstruel

Une chercheuse chinoise a étudié en 2020 les effets de la COVID-19 sur le cycle menstruel. Dans ses analyses, elle a observé un dérèglement menstruel chez une femme sur cinq qui avait connu des symptômes très sévères de la COVID-19. Les règles revenaient à la normale un à deux mois plus tard. Elle n'a pas noté de changement au niveau des hormones sexuelles ou de la réserve ovarienne.

Toutefois, le lien avec le virus n'est pas établi: la chercheuse note que les effets observés sur le cycle menstruel pourraient s'expliquer par le grand stress vécu par les malades. Dans une telle situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un...), il est courant que les ovaires cessent de fonctionner temporairement.

COVID-19 et grossesse

Il est également possible que la COVID-19 comporte un risque pour la grossesse. Une vaste étude publiée en avril, qui portait sur 2130 femmes enceintes dans 18 pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...), concluait que les mères infectées par le virus risqueraient davantage de souffrir de prééclampsie, d'être admises aux soins intensifs ou même, de mourir de la maladie. L'infection aurait aussi augmenté le taux de naissances prématurées. Mais considérant le faible laps de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) écoulé depuis le début de la pandémie (Une pandémie (du grec ancien πᾶν / pãn (tous) et...), les études à ce sujet sont encore rares et d'autres sont attendues.

Verdict

Aucun lien entre le vaccin et la stérilité. Mais le virus de la COVID-19, lui, pourrait être associé à des problèmes de fertilité, en particulier chez les hommes. Chez les femmes, les répercussions sur le système reproducteur semblent moindres, mais il reste à investiguer l'impact qu'aurait le virus sur le déroulement de la grossesse.
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.220 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique