Voici pourquoi il est plus difficile de se poser sur la Lune 50 ans après les missions Apollo

Publié par Adrien le 28/02/2024 à 08:00
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Le 22 février, un petit vaisseau de la taille d'une cabine téléphonique, baptisé Odysseus, a marqué l'histoire en se posant sur le pôle sud de la Lune. Construit par Intuitive Machines, une entreprise basée à Houston, Odysseus est devenu le premier atterrisseur américain à toucher la Lune depuis plus de 50 ans et le premier atterrisseur privé à atteindre la surface lunaire.


James Irwin sur la Lune saluant le drapeau lors de la mission Apollo 15.
Image NASA

Cet exploit représente une éclaircie bienvenue après une série d'échecs lunaires. En effet, sur les neuf tentatives précédentes, cinq se sont soldées par des échecs pour diverses nations et entreprises privées. Peu avant, le 19 janvier, le Japon réussissait son premier atterrissage lunaire avec SLIM, bien que l'appareil se soit retrouvé en mauvaise position à cause d'un dysfonctionnement de moteur. Les tentatives d'atterrissage lunaire effectuées par d'autres pays et entreprises ont également connu des échecs.

Seules les agences spatiales gouvernementales de cinq pays ont réussi à se poser sur la Lune: les États-Unis, l'ex-Union soviétique, la Chine, l'Inde et le Japon. À ce jour, une seule entreprise privée, Intuitive Machines, a réussi. Ces échecs rappellent que, même un demi-siècle après les derniers pas des astronautes d'Apollo sur la Lune, notre voisin céleste demeure une destination difficile et dangereuse.

Atterrir sur la Lune est un défi de taille, avec notamment l'absence d'atmosphère permettant l'utilisation de parachutes pour ralentir les engins spatiaux. Les missions doivent donc recourir à des systèmes de propulsion alimentés en carburant pour atterrir, ce qui complique la réduction de leur vitesse de plusieurs kilomètres par seconde à un arrêt parfait.

Le programme Apollo, bien qu'ultimement couronné de succès, a connu de nombreux échecs avant de parvenir à envoyer des humains sur la Lune. Ces échecs sont considérés comme faisant partie du processus d'apprentissage, essentiel pour surmonter les défis de l'exploration lunaire.

Aujourd'hui, les coûts bien plus faibles des missions augmentent considérablement le risque d'échec, mais ils sont essentiels pour rendre les vols abordables. Le succès de l'atterrisseur Odysseus représente une victoire significative pour l'industrie spatiale commerciale, ouvrant la voie à de futures missions lunaires plus accessibles financièrement.

Cet exploit d'Intuitive Machines souligne l'importance croissante des entreprises privées dans l'exploration spatiale. Avec des coûts de mission bien plus faibles, démocratiser l'accès à l'espace deviendra progressivement une réalité.

Le coût du programme Apollo

Le programme Apollo, qui a marqué l'histoire en envoyant des hommes sur la Lune entre 1969 et 1972, représente l'une des entreprises les plus coûteuses et les plus ambitieuses jamais réalisées par l'humanité. Le coût total du programme Apollo est estimé à environ 25 milliards de dollars à l'époque, ce qui équivaut à plus de 150 milliards de dollars en ajustant à l'inflation actuelle.

Ce budget phénoménal incluait le développement de technologies de pointe, la construction de véhicules spatiaux gigantesques comme le Saturn V, et la mise en œuvre de missions habitées et non habitées.

Le coût des missions lunaires actuelles

Aujourd'hui, l'exploration lunaire est marquée par une diversification des acteurs impliqués, incluant des agences spatiales gouvernementales et de plus en plus d'entreprises privées. Le coût des missions varie considérablement en fonction de leur nature (missions robotiques ou missions habitées), de leurs objectifs, et de l'approche choisie (lancements gouvernementaux ou partenariats public-privé).

Par exemple, les missions lunaires robotiques actuelles peuvent coûter quelques centaines de millions à quelques milliards de dollars. La NASA, à travers son programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS), a attribué des contrats à des entreprises privées pour des montants allant de moins de 100 millions à quelques centaines de millions de dollars par mission. Ces missions visent à envoyer des instruments scientifiques et de petites charges utiles sur la Lune.


Le Starship dans sa configuration lunaire.
Image SpaceX

En avril 2021, la NASA a attribué à SpaceX un contrat d'une valeur de 2,89 milliards de dollars pour développer une version du Starship destinée à transporter des astronautes à la surface de la Lune dans le cadre du programme Artemis. Ce contrat vise à réaliser l'atterrissage d'astronautes sur la Lune pour la première fois depuis la fin du programme Apollo en 1972.
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