Au fond du Pacifique, un corail doré a poussé les chercheurs à revoir leur classification : il appartient à une famille que personne n'avait encore décrite.
Sur les images du robot sous-marin SuBastian, il ressemble à un petit arbre jaune vif, dressé sur le fond. C'est au large du Costa Rica, près de l'île Cocos, que plusieurs colonies ont été observées et prélevées, entre 360 et 529 m de profondeur.

Quatre vues sous-marines du corail Laurinque elenya : prélèvement de la colonie, détails des polypes et branches. Images : robot SuBastian / Breedy et al., ZooKeys (2026), CC BY 4.0.
Malgré son apparence d'arbre, ce corail n'est pas une plante. Comme la plupart des coraux, il est formé de nombreux petits animaux appelés polypes, reliés les uns aux autres. Ce sont eux qui constituent le corail : ils ne vivent pas en parasites sur un autre animal. Chacun possède ici huit tentacules pour capturer sa nourriture. Il existe aussi des coraux solitaires, constitués d'un seul polype.
De retour au laboratoire, les chercheurs ont étudié six spécimens. Ils ont observé leurs branches, leurs polypes et les minuscules éléments rigides qui soutiennent leurs tissus. Mais cet ensemble de caractéristiques ne correspondait clairement à aucune famille de coraux déjà connue.
L'ADN n'a pas tout de suite permis de trancher. Selon les parties examinées, les résultats rapprochaient le corail de groupes différents. Les chercheurs ont donc élargi leurs analyses à de nombreuses autres régions de son ADN, pour retracer plus précisément sa parenté avec les autres coraux.
En réunissant ces résultats et leurs observations au microscope, ils ont découvert une lignée à part. Ils ont donné à l'espèce le nom de Laurinque elenya. Et pour lui trouver une place dans la classification du vivant, ils ont créé un nouveau genre, Laurinque, ainsi qu'une nouvelle famille : Laurinqueidae.
La distinction va bien au-delà d'une nouvelle espèce. Une famille rassemble habituellement plusieurs groupes d'espèces apparentées. Ici, les différences sont assez marquées pour justifier une famille entière, dont Laurinque elenya est pour l'instant le seul membre connu.
Reste à savoir où vivent les autres représentants éventuels de cette famille. Les six spécimens proviennent de quelques sites du Pacifique costaricien. De prochaines plongées sur d'autres montagnes sous-marines pourraient révéler des coraux apparentés, passés jusqu'ici inaperçus.