Corail

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Introduction

Nom vernaculaire ou

nom normalisé ambigu :


Le terme «  Corail  » s'applique, en français,

à plusieurs taxons distincts. Icône de redirection
Corail
Diploria labyrinthiformis, uncorail cerveau parmi d'autres
Diploria labyrinthiformis, un

corail cerveau parmi d'autres
Taxons concernés

La classe Anthozoa, à l'exception de :


Le corail est un animal de l'embranchement des Cnidaires, vivant généralement en colonies d'individus (les polypes), construisant tout au long de leur vie un squelette extérieur à partir de minéraux présents dans l'océan. Chez les coraux constructeurs de récifs, l'accumulation de ces squelettes forme un récif corallien. De nombreux coraux vivent en symbiose avec des végétaux unicellulaires : les zooxanthelles dans les mers chaudes ou d'autres espèces de phytoplancton dans les mers froides.

Habitat et répartition géographique

Répartition des récifs coralliens dans le monde

Comme en témoignent les fossiles, les coraux ont colonisé les mers il y a plusieurs centaines de millions d'années, y constituant l'un des puits de carbone les plus importants. Ce fossile d' Hexagonaria mirabilis trouvé à Ferques (Nord-Pas-de-Calais, France) provient de l'étage frasnien du Dévonien. (Collection Christian loones, Musée d'Histoire naturelle de Lille)

Les coraux vivent en compétition avec de nombreuses autres espèces, dont les éponges

Les trois plus grands récifs coralliens du monde sont situés en Australie, au Belize et en Floride (parc national de Dry Tortugas).

C'est une erreur fréquente que de croire que le corail ne peut se développer que dans les mers chaudes, y formant récifs et atolls. On sait, en fait, depuis plusieurs siècles que les mers froides (large de la Scandinavie, de la Grande-Bretagne et de la péninsule Ibérique) hébergent des récifs coralliens, fort poissonneux au demeurant (certainement la raison première de leur découverte par les marins du Nord).

On trouve des récifs de coraux partout dans le monde, des régions tropicales à la Mer du Nord et à la Méditerranée. Ils vivent dans les mers chaudes d’Asie ou froides comme la Grande-Bretagne. On en trouve de 0 à 4000 mètres de profondeur.

Les colonies de coraux ont la propriété de contribuer à fortement construire leur environnement et leur habitat. Ils constituent eux-mêmes un habitat pour de très nombreuses autres espèces.

Les différents types de coraux

Le mot corail est très ambigu car il désigne des organismes marins coloniaux appartenant tous à l'embranchement des Cnidaires, mais à des familles très différentes dont les exigences écologiques sont, de ce fait, très dissemblables.

Les animaux qu'on désigne sous le terme générique de corail peuvent appartenir à deux classes (ou super-classes) distinctes :

  • Les Hydrozoaires :

Les espèces du genre Millepora sont communément appelées coraux de feu (par exemple le corail de feu branchu Millepora alcicornis), en raison de leur fort pouvoir urticant.

  • Les Anthozoaires:
  • Zoanthaires (ou Hexacoralliaires) :
  • Les Scléractinaires (anciennement Madréporaires), encore appelés "coraux durs" car ce sont généralement des animaux coloniaux ayant un squelette minéralisé rigide. De formes et de tailles variées, ils sont très largement répandus dans les eaux côtières tropicales où ils forment des trottoirs (cas de la mer Rouge), des atolls (cas des îles polynésiennes) ou des barrières (cas de l'Australie). Ces colonies, sont le plus souvent inféodées à des eaux très éclairées (la lumière étant nécessaire aux algues symbiotiques). Ces animaux aiment les eaux chaudes mais supportent mal une trop forte température et, surtout, une forte pollution qui entraînent leur mort rapide, que l'on désigne sous le terme de blanchissement.
  • Les Antipathaires ou "coraux noirs" (par exemple Antipathes subpinnata en Méditerranée et le nord-est de l'Atlantique).
  • Alcyonaires (ou Octocoralliaires) :
  • Beaucoup d'entre eux (notamment des Alcyonacés) sont désignés par le terme générique de "coraux mous"
  • Le corail rouge, qui est un animal colonial proche des gorgones, appartenant au genre Corallium (espèce rubrum). Ce corail a généralement un exosquelette rouge vif, mais il peut parfois être plus clair, rose voire blanc. Cette espèce n'aime pas la lumière et on la trouve soit dans des grottes sous-marines, soit à une certaine profondeur (jusqu'à plus de 100 m parfois), en particulier dans les eaux méditerranéennes et, notamment, celles du bassin occidental.

Classification

Les coraux sont des animaux pluricellulaires (Eumétazoaires), de l'embranchement des Cnidaires, de la classe des Anthozoaires.

Au sein des Anthozoaires, ils peuvent faire partie des Alcyonaires (Alcyonacés = "coraux mous", mais tous ne le sont pas!), ou des Zoanthaires (Scléractiniaires = "coraux durs").

On peut séparer les coraux en deux catégories, suivant qu'ils hébergent ou non des algues symbiotiques dans leurs tissus :

  • les coraux hermatypiques vivent en symbiose avec des zooxanthelles, qui ont besoin de lumière, donc à faible profondeur ;
  • les coraux ahermatypiques, dépourvus de zooxanthelles, n'ont donc pas besoin de lumière et peuvent vivre en profondeur.

En aquariophilie récifale, on distingue également deux catégories de coraux durs (Scléractinaires) :

  • les coraux durs à petits polypes, en anglais : Small Polyps Stony corals ou Small Polyps Scleractinians (SPS), par exemple : Acropora spp.
  • les coraux durs à grands polypes, en anglais : Large Polyps Stony corals ou Large Polyps Scleractinians (LPS), par exemple : Euphyllia spp.

Longévité

Les colonies coralliennes semblent être les plus vieux animaux coloniaux vivants du monde. En tant que colonies, leur longévité dépasse de loin celle des tortues géantes des Galapagos, vivant plus de 200 ans, ou des palourdes quahog qui peuvent vivre plus de 400 ans. Certaines colonies auraient peut-être plusieurs centaines voire plusieurs milliers d'années selon certains experts .

Symbolique

Dans la mythologie grecque, l'origine du corail provient de l'histoire de Persée. Après que le héros a triomphé de Méduse, le sang de celle-ci aurait touché le varech en le pétrifiant et le transformant en corail. Le corail se dit en grec 'Gorgeia', car Méduse était l'une des trois Gorgones.

Les noces de corail symbolisent les 11 ans de mariage dans le folklore français.

Menaces

Certains coraux comme le corail rouge ont d'abord été menacés par leur exploitation pour la bijouterie, puis ils ont été victimes à la fin du XXe siècle du chalutage dans les zones froides et du plateau continental. Il s'y ajoute un dépérissement, à échelle planétaire, dit blanchissement des coraux, le corail perdant sa couleur suite à l'expulsion des zooxanthelles avec lesquelles il vit normalement en symbiose. Les causes encore mal comprises du blanchissement peuvent résulter de la conjonction de l'eutrophisation, la pollution, l'acidification de l’océan, les pesticides, les engrais, la turbidité de l'eau ou du réchauffement, voire d'un début de montée trop rapide des océans, ou localement de la présence de polluants issus de Munitions immergées, chacun de ces facteurs prenant une part plus ou moins importante selon la situation géographique. Certaines espèces peuvent survivre quelques mois après avoir expulsé leurs zooxanthelles (3-4 mois à Mayotte ; 7 mois en Floride).

On a localement constaté une recolonisation par les zooxanthelles de coraux blanchis. La mortalité est considérée comme certaine quand une colonie blanchie a secondairement été recouverte par un feutrage d’algues filamenteuses, après quelques semaines ou mois. Les Acropores semblent les plus sensibles au blanchissement (30 % sont morts en 1991 dans l’Archipel de la Société).

En mer de Java, le taux de mortalité était de 80 à 90 % après l’épisode ENSO de 1983.

Fin 2006, au moins 40% des coraux de Martinique sont morts du blanchiment observé en 2005. Enfin, certaines études(probablement à confirmer) indiquent que les produits de protection solaire utilisés par les baigneurs seraient également responsables de la destruction des coraux, et ceci pour une part non négligeable. De plus, il est estimé que 32 à 72% des poissons des récifs des Caraïbes ont disparu entre 1955 et 2007 , avec une réduction du stock de 2.5 à 6% par an depuis 1995