Un drone FPV capable de voler à près de 100 km/h a battu trois anciens champions du monde, et ceci sans aucun pilote aux commandes.
L'épreuve se déroulait en 2025, à Abou Dhabi, lors d'une compétition de drones FPV de course autonomes. Sur un parcours semé de portes à franchir, les machines devaient accélérer, tourner et corriger leur trajectoire en une fraction de seconde. Et contrairement aux drones habituels, personne ne les guidait à distance.

(A) Gros plan du drone de compétition fourni.
(B) Robot effectuant une manœuvre en S.
(C) Vue d'ensemble du circuit. Les courses consistaient en deux tours et 11 portes de départ.
Le vainqueur venait de l'université de technologie de Delft, aux Pays-Bas. Baptisé MonoRace, son système de pilotage utilise une intelligence artificielle qui prend seule les décisions. L'équipe a d'abord battu les autres drones autonomes, puis trois anciens champions du monde humains dans des courses à élimination directe.
Ce qui rend la performance remarquable, c'est la simplicité du matériel embarqué. Le drone ne possède qu'une caméra, un capteur mesurant ses mouvements et un petit ordinateur. Il n'utilise ni GPS pour se guider, ni caméras installées autour de la piste pour suivre sa position.
Sa caméra observe les portes du parcours. L'ordinateur utilise leurs images et les mesures du capteur pour estimer où se trouve l'appareil et comment il se déplace. Il peut alors décider de la correction nécessaire avant de passer à travers l'ouverture suivante.
Au lieu de calculer une trajectoire puis de transmettre les ordres à plusieurs systèmes classiques de commande, un petit réseau de neurones règle directement la puissance des moteurs. Il le fait 500 fois par seconde, suffisamment vite pour réagir à grande vitesse.
Cette intelligence artificielle doit pourtant composer avec des images imparfaites et des capteurs parfois perturbés par les accélérations. Les chercheurs ont donc conçu une méthode pour corriger l'estimation de la position du drone à partir des données enregistrées pendant ses vols. Cela l'aide à rester fiable sans équipements extérieurs.
Même si la victoire remonte à 2025, c'est en octobre 2026 que l'équipe a publié dans Science Robotics les détails de son fonctionnement. Les essais montrent qu'une IA relativement légère peut piloter un appareil très rapide dans un environnement de compétition qu'elle ne contrôle pas.
L'objectif n'est pas seulement de gagner des courses. Les mêmes principes pourraient aider d'autres machines à prendre des décisions rapides avec peu de capteurs et de puissance de calcul, par exemple des robots mobiles ou des appareils intervenant dans des endroits où le GPS fonctionne mal.