🛸 Ce drone se guide dans le noir avec des moustaches

Un petit drone peut désormais se déplacer dans l’obscurité en touchant doucement son environnement avec deux longues moustaches artificielles.

L’idée vient directement des rats et des taupes. Dans le noir, leurs moustaches leur permettent de sentir les objets proches et de suivre une paroi. Des chercheurs ont adapté ce principe à un drone de seulement 44,1 g. Deux tiges souples placées à l’avant touchent les obstacles pour éviter que le corps de l’appareil ne les percute.

Le drone Crazyflie de 44,1 g équipé de deux moustaches artificielles, avec le détail du capteur tactile et son inspiration biologique.

Le drone Crazyflie de 44,1 g équipé de deux moustaches artificielles, avec le détail du capteur tactile et son inspiration biologique.
Crédit : Ye et al., Nature Communications (2026), CC BY 4.0.

Chaque moustache mesure 20 cm pour seulement 0,4 mm de diamètre. Lorsqu’elle se plie contre un objet, de minuscules capteurs à sa base mesurent les variations de pression provoquées par le contact. Le drone peut alors estimer à quelle distance se trouve l’obstacle. L’ensemble du système de détection pèse 3,2 g.

Le contact ne sert donc pas simplement à signaler qu’un mur est là. Le drone obtient une estimation de la position de l’obstacle avec une précision de quelques millimètres. Il adapte ensuite sa trajectoire en temps réel. Les chercheurs ont aussi choisi avec soin l’orientation des moustaches, car leur frottement contre une surface peut déséquilibrer un appareil aussi léger.

Les essais montrent ce que cette approche permet concrètement. Dans l’obscurité complète, le drone peut avancer jusqu’à rencontrer une paroi, puis la longer. Il a également traversé un parcours comportant plusieurs panneaux transparents. Ces surfaces peuvent être difficiles à détecter avec certains systèmes reposant sur la lumière.

Essais de différentes orientations des moustaches artificielles lors du suivi d’une paroi par le drone.

Essais de différentes orientations des moustaches artificielles lors du suivi d’une paroi par le drone.
Crédit : Ye et al., Nature Communications (2026), CC BY 4.0.

Plus étonnant, l’appareil peut progressivement se faire une représentation d’un espace fermé en explorant les murs par contact. Il n’a pas besoin d’envoyer ses mesures vers un ordinateur extérieur. Le traitement des informations, les décisions et le pilotage sont réalisés directement à bord, sur un microcontrôleur disposant de seulement 192 Ko de mémoire vive.

Cette méthode ne remplace pas forcément les caméras ou les capteurs de distance. Elle apporte surtout une autre façon de percevoir l’environnement lorsque la vision devient peu fiable. Un petit drone pourrait ainsi continuer à détecter des obstacles dans l’obscurité, la fumée ou certains espaces confinés. Sa faible masse permet aussi d’accéder à des endroits où un appareil plus lourd serait moins adapté.

La technique conserve toutefois des limites. Les essais sur des surfaces souples ont provoqué des oscillations, notamment à cause des plis et des frottements.

Les chercheurs envisagent cette perception tactile pour la recherche et le sauvetage, l’inspection ou l’exploration de lieux difficiles d’accès. Il reste maintenant à déterminer comment elle se comportera dans des environnements réels.

FI
Filou

La matière des moustaches n'est pas indiquée : fibre de verre, kevlar, soie, nylon ?
Je penses qu'elle sera adaptée aux circonstances projetées.
Et ça peut être rigolo si ça chatouille !