🐦 Comment fait le fou de Bassan pour plonger dans l'eau à 113 km/h ?

À plus de 100 km/h, le fou de Bassan percute la mer tête la première sans se casser le cou.

Depuis les airs, cet oiseau marin repère un banc de poissons, replie ses ailes et plonge comme une flèche. Il peut entrer dans l'eau à environ 113 km/h. À cette vitesse, un humain risquerait de graves blessures. Alors comment un oiseau au cou aussi long résiste-t-il au choc ?

Fous de Bassan

Fous de Bassan
Pixabay

Des chercheurs de l'université de Washington ont voulu comprendre ce qui se passe dans son squelette. Ils ont examiné les vertèbres de plusieurs oiseaux conservés dans un musée, puis les ont comparées à celles d'espèces qui ne plongent pas de cette manière. Des scanners leur ont permis d'observer les os en trois dimensions.

La première différence saute aux yeux : chez les fous de Bassan et leurs proches, les vertèbres du cou sont plus courtes, plus larges et plus épaisses. Elles ressemblent davantage à de petits blocs solides qu'aux vertèbres allongées de nombreux autres oiseaux. Leur forme pourrait mieux répartir les forces subies au contact de l'eau.

Mais les chercheurs ont aussi repéré un détail moins visible. Entre plusieurs vertèbres, il existe des surfaces de contact supplémentaires qui jouent le rôle de petits appuis. Elles se trouvent notamment entre la deuxième et la sixième vertèbre cervicale. Ces appuis pourraient empêcher le cou de basculer brusquement vers l'arrière lors d'un plongeon légèrement de travers.

L'oiseau ne compte pas seulement sur ses os. Avant de toucher l'eau, il tend son cou et contracte ses muscles pour maintenir sa tête dans l'axe du corps. Son bec pointu et sa position très profilée contribuent également à réduire la violence de l'entrée dans l'eau.

Les chercheurs ont retrouvé des vertèbres plutôt robustes chez d'autres oiseaux plongeurs, comme les martins-pêcheurs. En revanche, ils n'y ont pas observé les mêmes appuis supplémentaires. Des espèces très différentes semblent donc avoir développé plusieurs solutions pour accomplir un geste comparable.

Cette étude montre surtout que la forme des vertèbres correspond étroitement à la manière dont ces oiseaux chassent. Les chercheurs veulent maintenant étudier plus précisément comment les forces traversent le cou au moment de l'impact.

Ces particularités pourraient même aider à reconnaître le mode de vie d'oiseaux disparus. Un fossile contenant quelques vertèbres bien conservées pourrait révéler qu'un oiseau ancien plongeait lui aussi à grande vitesse pour attraper ses poissons.