🧬 Google DeepMind a testĂ© virtuellement 9 milliards de mutations de notre ADN

Changer une seule lettre de notre ADN peut parfois modifier le fonctionnement d'une cellule, et une IA vient d'en examiner virtuellement toutes les possibilités.

Notre ADN contient environ 3 milliards de paires de lettres chimiques. À chaque position, une lettre peut ĂȘtre remplacĂ©e par l'une des trois autres. Cela reprĂ©sente prĂšs de 9 milliards de changements possibles. La plupart sont sans consĂ©quence notable, mais certains peuvent perturber un gĂšne ou la façon dont il est utilisĂ©.

ModĂšle molĂ©culaire de la double hĂ©lice d’ADN.

ModĂšle molĂ©culaire de la double hĂ©lice d’ADN.
CrĂ©dit : OpenStax Anatomy and Physiology — CC BY 4.0

Les tester un par un en laboratoire serait irréaliste. Google DeepMind a donc utilisé son modÚle d'intelligence artificielle AlphaGenome pour calculer à l'avance les effets possibles de ces 9 milliards de changements. Les résultats sont regroupés dans AlphaGenome Atlas, une base de données d'environ 1 pétaoctet, soit un million de gigaoctets.

ConcrÚtement, l'outil estime ce qu'un changement de l'ADN pourrait provoquer à l'intérieur des cellules. Par exemple, une mutation peut modifier l'activité d'un gÚne ou perturber la fabrication d'une protéine. Ces indices peuvent ensuite aider les chercheurs à choisir les mutations à étudier réellement.

Pour faciliter ce tri, chaque changement reçoit aussi un score appelé AVI. Un nombre unique résume ainsi l'importance probable de son effet. Cette étape est particuliÚrement utile lorsqu'un patient atteint d'une maladie rare possÚde des milliers de différences génétiques et qu'il faut repérer celles qui méritent des analyses supplémentaires.

L'intĂ©rĂȘt ne se limite pas aux gĂšnes qui donnent directement les instructions pour fabriquer des protĂ©ines. Ces zones ne reprĂ©sentent qu'environ 2 % du gĂ©nome. Les 98 % restants participent notamment au contrĂŽle de l'activitĂ© des gĂšnes. AlphaGenome Atlas permet Ă©galement d'examiner les changements situĂ©s dans cette vaste partie de l'ADN.

Des chercheurs ont déjà confronté certaines prédictions à des expériences. Dans l'étude d'une maladie rare non résolue, l'outil a notamment permis de repérer une mutation liée au gÚne DNM1. Les calculs indiquaient qu'elle perturbait la maniÚre dont la cellule assemble ses instructions avant de fabriquer une protéine. Des tests expérimentaux ont ensuite confirmé cet effet.

AlphaGenome Atlas reste avant tout un outil de recherche : ses prédictions ne remplacent ni une expérience biologique ni un diagnostic médical. La base est désormais accessible gratuitement aux chercheurs universitaires par une interface web et une API. Ils peuvent donc partir d'une mutation précise, examiner ses effets possibles, puis décider lesquelles tester en priorité au laboratoire.