Un nouvel impact a laissé sur la Lune une cicatrice assez grande pour être repérée depuis son orbite.
Le cratère mesure 222 m de diamètre et environ 43 m de profondeur. Baptisé McGetchin, il s’est formé entre le 11 avril et le 22 mai 2024. Cette période a pu être déterminée grâce à des images prises avant et après l’impact par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter, qui étudie la Lune depuis 2009.

Nouveau site d'impact, avant et après
La découverte n’a pourtant eu lieu qu’en octobre 2025. Robert Wagner, spécialiste du traitement d’images, comparait des centaines de vues de la surface pour repérer leurs changements. Le nouvel impact est apparu sous la forme d’une vaste zone brillante. Des images plus précises ont ensuite permis de mesurer le cratère.
Sa taille le distingue nettement des impacts habituellement détectés. Les chercheurs estiment qu’un cratère comparable se forme environ une fois tous les 130 ans sur la Lune. Il s’agit du plus grand cratère récent découvert depuis le début de la mission de Lunar Reconnaissance Orbiter.
La Lune reçoit régulièrement des roches venues de l’espace. Contrairement à la Terre, elle ne possède pratiquement pas d’atmosphère pour ralentir ou détruire les petits objets avant leur arrivée au sol. La sonde a ainsi permis d’identifier au moins 1 000 nouveaux cratères au cours de sa mission.
McGetchin permet surtout d’observer un terrain tout juste bouleversé par un choc important. Autour du trou, l’impact a projeté de la roche et de la poussière sur plusieurs centaines de mètres. Ce matériau éjecté forme une couverture claire autour du cratère, encore peu altérée par son exposition à l’environnement spatial.

Vue oblique du cratère McGetchin et des matériaux clairs projetés autour de lui lors de l’impact.
Crédit : NASA/GSFC/Intuitive Machines.
Les effets s’étendent même beaucoup plus loin. Un autre instrument de la sonde a mesuré la température du sol pendant la nuit lunaire. Une zone d’environ 6,4 km de large autour du cratère est alors près de 8,9 °C plus froide que les terrains voisins.
Pour comprendre cette différence, il faut regarder la manière dont le choc a remué le sol lunaire. La couche de poussière et de fragments, appelée régolithe, a été rendue moins dense autour du point d’impact. Elle conserve donc moins bien la chaleur durant la nuit. Le cratère lui-même ne représente qu’une partie de la zone réellement transformée.
Cette observation intéresse directement les futures missions de surface. Un impact peut modifier les propriétés du terrain à plusieurs kilomètres du cratère, avec des conséquences possibles pour le déplacement des roues. Et les chercheurs disposent désormais d’un site récent pour mesurer comment le sol lunaire évolue après un choc de cette ampleur.