Des signes de la maladie de Crohn pourraient être présents dans le sang jusqu'à dix ans avant son diagnostic.
Cette maladie provoque une inflammation durable du système digestif. Elle peut entraîner des douleurs au ventre, des diarrhées et une grande fatigue. Pourtant, les changements qui la précèdent semblent commencer bien avant que les médecins ne posent leur diagnostic. Des chercheurs ont voulu retrouver ces premières traces.

Analyse de sang.
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Ils ont analysé 2 000 échantillons sanguins provenant de 500 personnes. Parmi elles, 200 ont développé la maladie de Crohn, 200 autres ont développé une autre maladie inflammatoire de l'intestin, la rectocolite hémorragique, et 100 n'ont développé aucune de ces deux maladies. Certains prélèvements dataient de dix ans avant le diagnostic.
Les chercheurs se sont intéressés aux anticorps, ces substances fabriquées par notre système immunitaire pour reconnaître ce qu'il considère comme étranger. Elles peuvent conserver la trace de rencontres avec des microbes, mais aussi révéler des réactions inhabituelles de nos défenses naturelles.
En comparant les échantillons, l'équipe a remarqué que les futurs malades ne présentaient pas les mêmes profils d'anticorps que les personnes en bonne santé.
Les chercheurs ont alors entraîné un programme informatique à reconnaître ces profils. Il distinguait assez bien les personnes qui allaient développer la maladie de Crohn de celles du groupe témoin, même avec des prélèvements anciens. Le score obtenu, 0,90 sur une échelle allant jusqu'à 1, indique une bonne capacité à séparer les groupes étudiés.
Certains profils semblaient aussi annoncer les formes de Crohn les plus difficiles à traiter. C'est une piste intéressante : savoir plus tôt qu'une personne présente un risque pourrait aider les médecins à la suivre de plus près et, peut-être, à intervenir avant l'apparition de complications.
Mais une prise de sang ne permet pas encore de prédire si quelqu'un développera cette maladie. L'étude a été présentée le 19 octobre au congrès médical UEG Week 2026. Les résultats doivent maintenant être vérifiés chez d'autres personnes, dans des études qui suivront ces personnes au fil des années.
Les chercheurs devront notamment montrer que leur méthode fonctionne en dehors de leur groupe initial et qu'elle apporte un véritable bénéfice aux patients. Pour l'instant, cette découverte révèle surtout que le système immunitaire peut évoluer silencieusement de nombreuses années avant les premiers diagnostics.