Posséder un smartphone à 12 ans est associé à davantage de symptômes de troubles alimentaires deux ans plus tard.
Des chercheurs ont suivi 8 957 adolescents américains participant à une grande étude sur le développement des jeunes. À 12 ans, environ 70 % possédaient leur propre smartphone. L'équipe a ensuite comparé plusieurs comportements et préoccupations liés à l'alimentation chez les propriétaires et les non-propriétaires.

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Les symptômes étudiés ne correspondent pas forcément à un trouble alimentaire diagnostiqué. Ils comprenaient notamment les crises de consommation excessive de nourriture, certains comportements destinés à éviter une prise de poids et le fait de faire dépendre fortement son estime personnelle de son poids.
Deux ans plus tard, les adolescents qui possédaient un smartphone à 12 ans présentaient plus souvent plusieurs de ces symptômes. Après ajustement pour différents facteurs, le risque de déclarer au moins un symptôme était 49 % plus élevé. L'association atteignait 67 % pour les épisodes de consommation excessive et 50 % pour certains comportements compensatoires.
L'étude tient aussi compte de la présence ou non des mêmes symptômes à 12 ans. Cela permet de vérifier que l'association ne repose pas seulement sur des différences déjà présentes au début du suivi. Les chercheurs ont également ajusté leurs calculs selon plusieurs caractéristiques familiales et démographiques.
Pour autant, ces résultats ne prouvent pas que le smartphone provoque ces comportements. Les familles qui donnent un téléphone plus tôt à leur enfant peuvent différer des autres sur de nombreux points difficiles à mesurer. D'autres facteurs peuvent donc expliquer une partie de l'association observée.
Le smartphone lui-même regroupe aussi des usages très différents. Réseaux sociaux, vidéos, jeux, messagerie et navigation sur Internet n'exposent pas un adolescent aux mêmes contenus. L'étude portait principalement sur la possession de l'appareil et ne permet pas d'identifier précisément l'activité qui pourrait contribuer à l'association.
Plusieurs mécanismes pourront être étudiés. Les auteurs citent notamment l'exposition aux réseaux sociaux, le sommeil et les préoccupations liées à l'image du corps. Chacun pourrait intervenir différemment selon la durée d'utilisation, les contenus consultés et la manière dont le jeune interagit avec les autres.
Les prochaines recherches devront suivre plus précisément le moment où un adolescent reçoit son premier smartphone et la façon dont ses usages changent ensuite. Cette approche permettra de vérifier si l'apparition de certains symptômes suit réellement l'acquisition du téléphone et quels usages sont les plus fortement associés.