🚀 Starship se met en orbite et déploie 26 satellites pour la première fois

Après une dizaine de vols maintenus sur des trajectoires suborbitales, Starship vient de franchir le cap qui lui manquait pour devenir un véritable lanceur orbital.

Le 14e vol d’essai a décollé le 28 septembre depuis Starbase, au Texas. La fusée de 124 mètres comprend le propulseur Super Heavy et le vaisseau Starship placé au-dessus. Les vols précédents allaient dans l’espace, mais leur vitesse restait volontairement insuffisante pour rester autour de la Terre.

Starship vu depuis un satellite Starlink V3 tout juste déployé lors du vol 14, avec la Terre en arrière-plan.

Starship vu depuis un satellite Starlink V3 tout juste déployé lors du vol 14, avec la Terre en arrière-plan.
Crédit : SpaceX

Cette fois, l’étage supérieur a poursuivi sa montée malgré l’arrêt prématuré d’un de ses moteurs Raptor 3. Les autres ont compensé pendant la phase propulsée. Après plusieurs minutes de vérifications, SpaceX a autorisé un nouvel allumage en vol, nécessaire pour gagner la vitesse finale et stabiliser l’orbite.

Le moteur choisi pour cette opération s’est rallumé pendant 19 secondes. Starship a ainsi atteint une orbite basse située autour de 276 km d’altitude. Autrement dit, il ne se contentait plus de monter très haut : il avançait assez vite horizontalement pour continuer à tourner autour de la Terre sans retomber immédiatement.

Le vaisseau a ensuite déployé 26 satellites Starlink V3. Chacun pèse environ 2 tonnes, ce qui les rend trop volumineux pour prendre place dans la coiffe du Falcon 9. SpaceX indique que chaque V3 peut ajouter jusqu’à 1 térabit par seconde de capacité au réseau, environ dix fois celle d’un V2 Mini.

Starship effectue sa manœuvre d’amerrissage dans le nord de l’océan Pacifique à la fin du vol 14.

Starship effectue sa manœuvre d’amerrissage dans le nord de l’océan Pacifique à la fin du vol 14.
Crédit : SpaceX

Super Heavy, de son côté, a effectué un retour contrôlé vers le golfe du Mexique et a terminé dans l’eau. Le vaisseau devait rester près de dix heures en mission. SpaceX a finalement choisi de le faire rentrer après environ trois heures, par prudence après l’incident moteur.

Le freinage de désorbitation s’est déroulé comme prévu, puis Starship a traversé l’atmosphère et s’est dirigé vers une zone au nord d’Hawaï. Il a basculé à la verticale juste avant l’amerrissage puis a explosé. Le véhicule n’était pas destiné à être récupéré après ce retour en mer.

Ce vol change surtout la nature des essais : Starship a transporté une charge utile opérationnelle jusqu’en orbite. Le lanceur doit notamment servir aux futurs déploiements Starlink. Une version adaptée a aussi été choisie par la NASA pour déposer des astronautes sur la Lune dans le cadre du programme Artemis.

Les prochains essais doivent encore valider des séjours plus longs en orbite, puis le transfert de carburant entre deux Starship. Cette opération est requise pour les missions lunaires prévues par la NASA. SpaceX prépare également le retour d’un Starship vers son site de lancement, avec récupération par les bras de la tour.

JM
JMichelD

26 satellites d’environ 2 tonnes, ça fait déjà près de 52 tonnes mises en orbite. Quel était le reliquat de capacité utile sur ce vol ?

DA
Danke

Autre demande :
Quelqu'un pourrait-il expliquer ici la légende et la mécanique de la photo de l'article ? Parceque en gros ça ressemble à une machine à laver avec des prises péritel...
https://static.techno-science.net/illus ... /cggrrahmtaxilqqnfkkrxh.webp

AD
Adrien

Plus fibres optiques que péritel...
C'est une des premières vues de Sarlink V3, pas grand chose de connu pour le moment, mais ca va venir.

PR
ProfTournesol

Le rallumage d’un moteur en orbite est une étape importante ici. Sans cette capacité, impossible de maîtriser correctement une désorbitation ou certaines manœuvres orbitales. L’arrêt prématuré d’un autre moteur rappelle cependant que ce vol reste bien un essai.

PL
PlumeVerte

Avec des satellites de 2 tonnes et des lancements de plus en plus fréquents, j’aimerais aussi voir le bilan environnemental complet du système : fabrication, ergols, lancements et renouvellement de la constellation.

ME
mecaNico

Un moteur qui coupe et les autres qui compensent, c’est exactement le genre de redondance qu’on aime voir sur une machine pareille. Reste à savoir jusqu’où elle peut encaisser une panne sans perdre la mission.

AR
ArianeB

Le rallumage en orbite est probablement l’étape la plus structurante de ce vol. Une fois cette capacité fiable, elle ouvre la voie aux manœuvres orbitales et à une désorbitation réellement maîtrisée.

VI
vieuxcrabe

J’ai connu l’époque où une fusée qui mettait quelques tonnes en orbite faisait déjà les gros titres. Là on parle de 26 satellites de deux tonnes d’un coup.

Les chiffres deviennent franchement difficiles à se représenter.