Deux perfusions expĂ©rimentales ont fait disparaĂźtre les signes dĂ©tectables dâun cancer mĂ©tastatique chez un garçon de trois ans.
Lâenfant souffrait dâun hĂ©patoblastome, une tumeur rare qui se dĂ©veloppe dans le foie des jeunes enfants. Dans son cas, le cancer sâĂ©tait propagĂ© Ă dâautres parties du corps et rĂ©sistait Ă la chimiothĂ©rapie. LâĂ©quipe mĂ©dicale sâest alors tournĂ©e vers une approche expĂ©rimentale fondĂ©e sur les propres cellules immunitaires du patient.

Le principe consiste Ă prĂ©lever des lymphocytes T, des cellules chargĂ©es de dĂ©fendre lâorganisme, puis Ă les modifier en laboratoire. Elles reçoivent un rĂ©cepteur artificiel qui leur permet de reconnaĂźtre une cible prĂ©sente sur les cellules cancĂ©reuses. AprĂšs leur rĂ©injection, ces cellules dites CAR-T peuvent rechercher puis attaquer les cellules portant cette cible.
Ici, la cible choisie Ă©tait une protĂ©ine appelĂ©e GPC3, trĂšs prĂ©sente Ă la surface de nombreuses cellules de lâhĂ©patoblastome. Les cellules CAR-T avaient aussi Ă©tĂ© modifiĂ©es pour produire deux molĂ©cules, les interleukines 15 et 21. Celles-ci servent de signaux au systĂšme immunitaire et peuvent aider les cellules traitĂ©es Ă rester actives.
Le garçon a reçu deux perfusions. Selon lâĂ©quipe mĂ©dicale, son cancer a ensuite connu une rĂ©gression complĂšte. Aucun signe dĂ©tectable de la maladie nâĂ©tait rĂ©apparu au moins douze mois aprĂšs le traitement. Le rĂ©sultat est notable car les thĂ©rapies CAR-T ont jusquâici surtout rĂ©ussi contre certains cancers du sang.
Les tumeurs solides, comme celles du foie, sont plus difficiles Ă atteindre. Les cellules immunitaires doivent pĂ©nĂ©trer dans la masse tumorale, y rester actives et reconnaĂźtre suffisamment bien leurs cibles. Le milieu entourant la tumeur peut aussi freiner leur action. Ajouter les deux interleukines pourrait avoir contribuĂ© Ă maintenir lâactivitĂ© des cellules administrĂ©es Ă cet enfant.
Il faut cependant rester trĂšs prudent sur la portĂ©e du rĂ©sultat. La publication dĂ©crit le cas dâun seul patient et ne permet donc pas de connaĂźtre le taux de rĂ©ussite de cette mĂ©thode. Une disparition du cancer pendant douze mois ne permet pas non plus dâaffirmer quâune guĂ©rison dĂ©finitive est obtenue.
Ce cas fournit dĂ©sormais une base concrĂšte pour Ă©tudier cette stratĂ©gie chez davantage dâenfants atteints dâhĂ©patoblastome rĂ©sistant aux traitements habituels. Des essais sur plusieurs patients devront notamment mesurer la durĂ©e des rĂ©missions, les effets indĂ©sirables et la part exacte du bĂ©nĂ©fice apportĂ© par les cellules CAR-T modifiĂ©es.