La température de notre thé ou de notre café pourrait compter davantage qu’on ne le pense pour notre santé.
Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont analysé les habitudes de 977 282 adultes au Royaume-Uni. Les participants indiquaient s’ils préféraient leurs boissons chaudes « tièdes », « chaudes » ou « très chaudes ». Leur état de santé a ensuite été suivi pendant plus de dix ans en moyenne grâce aux dossiers médicaux.

Une tasse contenant du café chaud.
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Le résultat concerne une forme précise de cancer de l’œsophage. Chez les personnes déclarant boire leurs boissons « très chaudes », le risque de développer ce cancer était environ trois fois supérieur à celui des personnes les préférant tièdes. Pour les boissons simplement « chaudes », le risque était environ 1,7 fois supérieur.
L’œsophage est le tube qui conduit les aliments et les boissons de la bouche vers l’estomac. Le cancer étudié naît dans les cellules qui tapissent sa paroi. Il est appelé carcinome épidermoïde de l’œsophage. Les chercheurs n’ont pas retrouvé la même association pour l’autre grande forme de cancer de cet organe, l’adénocarcinome.
Ce n’est pas le thé ou le café lui-même qui semble en cause. L’association restait liée à la chaleur, quel que soit le type de boisson consommé. Une explication possible est que des liquides très chauds abîment régulièrement la paroi de l’œsophage. Ces lésions répétées pourraient, avec le temps, favoriser l’apparition de cellules cancéreuses.
La quantité consommée semble également compter. Après avoir pris en compte la température, boire au moins six boissons chaudes par jour était associé à une hausse de 71 % du risque de cette forme de cancer. L’étude a aussi tenu compte de facteurs connus comme le tabac et la consommation d’alcool.
Il faut toutefois distinguer risque relatif et risque réel. Cette forme de cancer reste rare au Royaume-Uni, avec un risque au cours de la vie proche de 1 %. Une multiplication du risque ne signifie donc pas qu’une personne buvant très chaud développera à coup sûr la maladie. De plus, cette étude observe une association et ne prouve pas directement que la chaleur provoque le cancer.
Autre limite importante : les chercheurs n’ont pas mesuré la température des boissons. Chaque participant décrivait lui-même ce qu’il considérait comme tiède, chaud ou très chaud. À titre de repère, le Centre international de recherche sur le cancer classe depuis 2016 les boissons consommées au-dessus de 65 °C comme probablement cancérogènes pour l’être humain.
Les chercheurs veulent maintenant mieux déterminer à quelles températures le risque commence réellement à augmenter dans les habitudes occidentales. Les études disponibles indiquent que thé et café sont souvent consommés autour de 60 °C au Royaume-Uni et aux États-Unis, soit sous le seuil de 65 °C utilisé dans cette classification.