đŸȘ Une vie terrestre pourrait se dĂ©velopper prĂšs de Saturne

Un micro-organisme terrestre a rĂ©ussi Ă  se dĂ©velopper dans une eau de laboratoire conçue pour reproduire les conditions d'un ocĂ©an extraterrestre, celui d’Encelade.

Cette petite lune de Saturne est recouverte d’une Ă©paisse couche de glace. En dessous se trouverait un vaste ocĂ©an d’eau liquide, en contact avec un fond rocheux. Des jets expulsent rĂ©guliĂšrement de la vapeur et des grains de glace dans l’espace. La sonde Cassini a traversĂ© ces panaches et y a dĂ©tectĂ© des sels ainsi que des molĂ©cules contenant du carbone.

Représentation de l'activité hydrothermale sur Encelade basée sur les données de la mission Cassini-Huygens

Représentation de l'activité hydrothermale sur Encelade basée sur les données de la mission Cassini-Huygens
Crédit : ESA

Les chercheurs ont voulu savoir si un organisme terrestre pouvait vivre dans une eau possĂ©dant des caractĂ©ristiques proches de cet ocĂ©an. Ils ont choisi Methanothermococcus okinawensis, un micro-organisme vivant naturellement prĂšs de sources chaudes sous-marines. Il appartient aux archĂ©es, des ĂȘtres microscopiques diffĂ©rents des bactĂ©ries. Il peut vivre sans oxygĂšne et produit du mĂ©thane.

Le laboratoire a donc recréé une eau trĂšs alcaline, avec un pH pouvant atteindre 11. Cette eau contenait aussi beaucoup de carbonate et trĂšs peu de dioxyde de carbone disponible. Les chercheurs ont reproduit les rĂ©actions pouvant se produire entre l’eau et les roches chaudes du fond ocĂ©anique.

Dans un milieu nutritif classique portĂ© au mĂȘme pH, le micro-organisme ne se dĂ©veloppait pas faute de dioxyde de carbone dissous. Dans l’eau reproduisant celle d’Encelade, il continuait au contraire Ă  croĂźtre et Ă  produire du mĂ©thane. L’hydrogĂšne libĂ©rĂ© par les rĂ©actions entre l’eau et les roches lui fournissait une partie des ressources nĂ©cessaires.

Illustration de l'orbiteur Cassini de la NASA traversant un gigantesque jet de vapeur au-dessus de la lune Encelade.

Illustration de l'orbiteur Cassini de la NASA traversant un gigantesque jet de vapeur au-dessus de la lune Encelade.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

ConcrĂštement, l’organisme a rĂ©ussi Ă  adapter son fonctionnement aux trĂšs faibles quantitĂ©s de dioxyde de carbone disponibles. Cela indique qu’une chimie comparable Ă  celle envisagĂ©e sur Encelade n’empĂȘche pas forcĂ©ment ce type de vie.

Les gouttelettes d’eau expulsĂ©es depuis l’ocĂ©an d’Encelade pourraient contenir des substances organiques. Une future sonde n’aurait pas nĂ©cessairement besoin de se poser ni de percer plusieurs kilomĂštres de glace. Elle pourrait traverser les panaches et les analyser, comme Cassini l’a dĂ©jĂ  fait avec des instruments moins adaptĂ©s Ă  la recherche de vie.

L’Agence spatiale europĂ©enne Ă©tudie justement une future mission vers Encelade consacrĂ©e notamment Ă  cette question.