🧓 Nos organes ne vieillissent pas tous au même rythme

Le vieillissement n'avance pas à la même vitesse partout dans notre corps et ne suit pas une progression régulière au fil des années.

Des chercheurs ont analysé 25 306 prélèvements provenant de 40 types de tissus humains. Ces échantillons avaient été prélevés après le décès de 970 personnes âgées de 21 à 70 ans. Leur objectif était de déterminer à quels moments leur structure change le plus rapidement.

Pixabay

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Pour cela, l'équipe a utilisé des images microscopiques classiques de tissus. Un programme informatique a repéré de très nombreux détails dans l'organisation des cellules et des autres structures visibles. Les chercheurs ont ensuite comparé ces caractéristiques entre différentes tranches d'âge. Cette méthode leur a permis de suivre la vitesse des changements.

Les résultats font apparaître plusieurs rythmes. Les artères coronaires et tibiales connaissent déjà d'importants changements structurels pendant la trentaine. L'utérus et le vagin évoluent surtout plus tard, avec une accélération dans la cinquantaine, autour de la ménopause. Chaque partie du corps ne suit donc pas la même horloge.

Un autre profil est revenu très souvent. Neuf des 14 tissus étudiés en détail, en plus de l'ovaire, présentaient deux périodes d'accélération. Elles se situaient généralement dans la trentaine puis autour de la cinquantaine. Ce profil concernait notamment l'œsophage, l'estomac, le côlon, l'intestin grêle, la prostate et les testicules.

L'ovaire offre un exemple particulièrement parlant. Sa structure change plus rapidement vers 35 à 40 ans, période correspondant au recul de la fertilité. Une seconde accélération apparaît vers 55 à 60 ans, autour de la ménopause.

Ces changements visibles s'accompagnent aussi de modifications dans le fonctionnement des cellules. Pendant les phases d'accélération, les chercheurs ont notamment observé davantage d'activité liée à l'inflammation. À l'inverse, plusieurs mécanismes associés à la production d'énergie, à la réparation et au contrôle de l'état des cellules étaient moins actifs.

Les organes ne semblent pas non plus évoluer totalement indépendamment. Chez une même personne, certains tissus présentaient des changements coordonnés. C'était notamment le cas de plusieurs parties du système digestif et des organes reproducteurs masculins. Les hormones sexuelles pourraient participer à ces liens, selon les analyses de l'équipe.

Les chercheurs disposent maintenant d'une méthode pour comparer la vitesse des changements entre individus. Ils pourront notamment étudier comment certaines maladies, habitudes de vie ou variations génétiques sont associées à un vieillissement structurel plus rapide ou plus lent.