Le site de l'ancienne abbaye cistercienne de La Ramée est composé d'une vaste ferme en carré, assise sur le versant méridional d'une colline en pente douce, baignée en son pied par la Gette. L'ensemble, d'une remarquable homogénéité, est bâti de briques sous toiture d'ardoises, avec de nombreux éléments de pierre (chaînages d'angle, embrasures, etc.) dite de Gobertange.
L'essentiel des bâtiments conventuels a été détruit après la mise en vente du site, en 1796, à l'exception notable des quartiers de l'abbesse, dont le volume principal subsiste, bâti en pierre. Récemment acquise par la S.A. La Ramée, le domaine a retrouvé son unité, à défaut d'avoir conservé son intégrité. Au cours du XX siècle, de nouveaux bâtiments ont été construits à des fins conventuelles, mais sans aucun souci d'esthétique ni d'unité de style. Les bâtiments agricoles, quant à eux, sont restés intacts. Toutefois, si l'implantation du domaine remonte à près de sept siècles, l'aspect actuel est dû aux reconstructions du site, au cours du XVIII siècle. Monumentale et emblématique du site, classée patrimoine majeur de Wallonie en 1990, la Grange aux Dîmes comporte la plus vaste surface ardoisée d'Europe. Intégré dans le quadrilatère de la ferme, ce gigantesque vaisseau s'intègre pourtant aux volumes plus modestes des autres bâtiments.
En contrebas et à proximité relative de La Ramée, deux moulins subsistent encore aujourd'hui dans l'environnement immédiat de l'ancien couvent, qui en possédait quatre. L'un, domestique, est attenant au domaine actuel ; l'autre, autrefois banal, est la propriété d'un tiers. Tous deux sont alimentés par la Gette, bien que le moulin attenant à la ferme soit désormais à sec. Celui-ci devait son fonctionnement à une ingénieuse solution destinée à contrer la position du moulin, situé trop haut par rapport au cours de la rivière. En effet, un affluent de la Gette, détourné depuis l'autre rive par un aqueduc enjambant la rivière, alimentait une retenue d'eau. Celle-ci commandait le fonctionnement de deux moulins, l'un consacré à la scierie (démoli), l'autre à la meunerie. Seul le second subsiste, désormais isolé. La retenue d'eau a été comblée et les biefs de décharge du moulin ont disparu. Plus loin dans le village, le quatrième moulin du domaine cistercien existe toujours.
Des fouilles ont été menées par l'ULB au cours des années 1980, pour localiser les vestiges de l'église abbatiale. Quelques tranchées de sondage ont été opérées, permettant d'en situer les fondations, d'en évaluer l'emprise au sol et de diagnostiquer l'état de conservation des vestiges. En 2006, le Service public de Wallonie a dirigé des fouilles de sauvetage aux abords immédiats des anciens étangs de la ferme, aujourd'hui comblés. Dans le cadre de la pose d'un collecteur d'eaux usées, et en prévision d'une restauration possible des étangs, la recherche s'est concentrée sur les vestiges menacés par la pose du collecteur, à savoir les berges de l'un des étangs et les fondations des biefs d'amenée d'eau. L'absence de matériel a interdit toute datation de la construction des étangs, dont deux phases d'édification seulement ont été déterminées.