Abbaye Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech

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Introduction

Ancienne abbaye

Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech
Le cloître du XIVe siècle
Nom localSanta Maria
Latitude

Longitude
42° 27′ 22″ Nord

02° 38′ 05″ Est / 42.45611, 2.63472
PaysFrance
RégionLanguedoc-Roussillon
DépartementPyrénées-Orientales
VilleArles-sur-Tech
CulteCatholique romain
TypeÉglise paroissiale (ancienne abbaye)
Rattaché à1078-1789 : Ordre de Cluny (rattachement à Moissac

Période contemporaine : Diocèse de Perpignan-Elne
Début de la constructionXI siècle
Fin des travauxXIV siècle
Style(s) dominant(s)Roman et Gothique
ProtectionMonument historique

L'abbaye Sainte-Marie est une ancienne abbaye située à Arles-sur-Tech dans le département des Pyrénées-Orientales, en France.

Histoire

La fondation du monastère remonte au VIII siècle, dans d'anciens bains romains. Ce premier établissement est saccagé à la fin du IX siècle par les Normands, et il est refondé sur son site actuel au début du X siècle ; il est par ailleurs mentionné en 934. Bien qu'inachevée, l'abbatiale est consacrée en 1046 lors d'une cérémonie solennelle réunissant plusieurs évêques et notables de la région.
Cependant, l'abbaye est rapidement spoliée de ses biens par divers laïcs. Il faut attendre le début du XII siècle lorsque, avec l'extinction des dynasties comtales de Besalú et de Cerdagne, elle entre sous la protection des comtes de Barcelone qui lui font d'importantes donations. Une campagne de restauration et d'embellissement de l'abbaye est alors entreprise, notamment entre les années 1141 et 1157, date de la nouvelle consécration de l'abbatiale (bénédiction de six autels). Cette période de prospérité se prolonge au cours du XIII siècle : l'abbé Raymond II Desbach (1261-1303) entreprend la construction (ou la reconstruction) d'une grande partie des bâtiments abbatiaux, dont notamment le cloître gothique en marbre de Céret et le Palais abbatial, toujours debout aujourd'hui bien que restauré.
La décadence s'amorce au XV siècle et la communauté, lors de la Révolution, ne compte plus que six moines. L'abbaye ne souffrit pas de destructions majeures, et l'abbatiale devint l'église paroissiale du village.

L'église abbatiale

L'église comporte une façade sculptée, ancienne. L'intérieur a été agrandi et surélevé au XII siècle, le cloître date du XIII siècle. Les autres bâtiments monastiques ont disparu. Le décor de la façade est un des tout premiers essais de sculpture monumentale date du milieu du XI siècle, situé aux endroits les plus visibles (porte d'entrée et fenêtre qui la surmonte). Au tympan, croix grecque dont le centre est occupé par un Christ en gloire, assis et bénissant. Sur les branches de la croix, symboles des quatre évangélistes. L'ensemble ressort en faible relief et renvoie à un travail d'orfèvrerie ou d'ivoire sculpté.

Les bâtiments claustraux

Le cloître

Les autres bâtiments

La Sainte-Tombe

Un mystérieux sarcophage, appelé Sainte-Tombe, dans une chapelle de l'église, aurait reçu les reliques d'Abdon et Sennen ramenées depuis Rome par saint Arnulphe. Elles ont disparu à une date indéterminée. Mais le sarcophage se remplit toujours jusqu'à déborder d'une eau miraculeuse dont l'origine n'a été percée qu'en 1961 par le professeur Henri Broch de l'université de Nice Sophia Antipolis.

Un pèlerinage au cours duquel elle est recueillie se déroule le 30 juillet (fête dAbdon et Sennen).

Explication scientifique du phénomène

Les travaux de 1961 sont confirmés par des études de 1999 et 2000 et lient le remplissage de la tombe à la pluviométrie et à la porosité du couvercle. Le marbre utilisé pour le sarcophage a une origine différente et est étanche. L'eau de pluie s'infiltre dans le couvercle qui joue le rôle de réservoir et s'écoule dans le sarcophage.

L'étude de remplissage du sarcophage montre qu'elle est liée à la pluviométrie, avec un décalage de 5 jours, temps nécessaire à l'eau pour s'infiltrer dans le marbre. Environ 30% de l'eau de pluie qui atteint le couvercle est recueillie dans le sarcophage. L'étude du phénomène permet également de comprendre la bonne qualité de la pureté de l'eau recueillie.

Les hypothèses de condensations et d'infiltration du sol ont été démontrées erronées. La première hypothèse ne permet pas d'expliquer les quantités recueillies, la seconde est invalide puisque la tombe est surélevée du sol. Enfin, le débordement constaté en 1942 est un lent goute à goute de l'ordre d'une goute toutes les deux minutes, et non un filet d'eau. L'imagination déborde plus vite que le sarcophage.

Photographies

Façade, le Christ en gloire

Façade

Façade, fenêtre

La "Sainte-Tombe"