Boules ouvertes et boules fermées
Dans un espace métrique, on définit des boules ouvertes et des boules fermées, et la tentation est grande d'utiliser Bf=B dans ce cadre. Il est vrai que dans un certain nombre de cas, cela marche bien, notamment les Rn avec la distance usuelle, et plus généralement pour la distance ∥x−y∥ dans un espace vectoriel normé...
Néanmoins, c'est faux en général ; voyons l'exemple le plus simple : soit un ensemble E, avec au moins deux éléments. On définit une métrique dessus ainsi : la distance entre deux points distincts est 1. La boule ouverte de rayon 1 centrée en un point est donc ce point. La boule fermée de rayon 1 centrée en un point est donc l'espace entier. L'adhérence de la boule ouverte de rayon 1 centrée en un point est le point.
Si dans le cadre d'espaces vectoriels sur R ou C normés de dimension finie, les propriétés de l'adhérence restent assez intuitives, il faut aussi se méfier des caractéristiques des espaces de dimension infinie.
Un point c'est petit
Considérons l'ensemble N des entiers naturels. On y définit une topologie (via des fermés) de la façon suivante :
- un ensemble fini d'entiers non nuls est fermé ;
- l'espace entier est fermé.
Dans ce cas, l'adhérence de {0} est l'espace N tout entier, ce qui signifie qu'on ne peut pas mettre le point 0 de côté pour travailler au voisinage d'un autre point. C'est un point dense/générique.
NB : en géométrie algébrique, ce genre de situation est très courant, car l'espace de base, le spectre d'anneau, vérifie souvent ce genre de propriétés ; en fait, cet exemple est homéomorphe à SpecZ par simple substitution des nombres premiers aux entiers non nuls.