Présentation
La première publication scientifique d'André Bourguignon date de 1946. C'est un article écrit en collaboration avec son père Georges Bourguignon qui porte sur la chronaxie. Sa dernière conférence publique faite à Toulouse en février 1996 a pour thème : Histoire naturelle de l'homme. Cinquante ans et près de cinq cents publications les séparent.
Pendant les vingt premières années, il publie cent cinquante articles comme chargé de recherche à l'INH, puis à l'INSERM, de 1954 à 1963. Ces publications traitent de la physiologie normale et pathologique du système neuro-musculaire et accessoirement de la physiologie vestibulaire. Son premier article d'épistémologie, Claude Bernard et le problème de la connaissance, paraît en 1955 dans La Semaine des Hôpitaux, suivi d'autres sur l'efficacité des placebos et l'œuvre de Pavlov. Entre 1961 et 1966, il publie dans la même revue de courtes notes sur les idées de Balint, sur deux livres d'Ambroise Paré, sur les travaux d'anatomie de Léonard de Vinci. Il se penche sur des textes peu connus de l'histoire des sciences : la préface d'André Vésale à ses livres sur l'anatomie, le rapport de 1850 de Villermé sur les accidents de travail, la préface de M. de Buffon au livre de M. Hales, l'introduction à l'étude des fonctions et des maladies nerveuses par le Docteur Cerise, la critique de la loi de 1838 par Falret, la fausse application des autres sciences à la médecine par Cabanis, la découverte en 1804 par Aldani des effets thérapeutiques de l'électrochoc sur la mélancolie.
Agrégé de médecine légale et de médecine du travail, il applique ses connaissances en neurophysiologie à ce domaine. Entre 1960 et 1962, il publie des travaux sur les intoxications aiguës par les solvants, sur la fatigue nerveuse et le rythme de travail dans des entreprises de petite mécanique, et sur le mécanisme de formation de l'hallux valgus chez les danseuses classiques. Comme médecin des hôpitaux, chef d'un service de médecine de long séjour, il réfléchit sur le temps dans la maladie chronique, l'état de maladie et la pathologie relationnelle, dirige une étude sur la surconsommation masculine d'antibiotiques, et initie une recherche sur les rapports entre structure familiale et mortalité de la descendance dans les familles de malades chroniques.