Soit deux espaces topologiques X et Y ; on dit qu'une application f de X vers Y est ouverte si pour tout ouvert U de X, l'image f(U) est ouverte dans Y ; de même, on dit que f est fermée si pour tout fermé U de X, l'image f(U) est fermée dans Y. Dans les deux cas, il n'est pas nécessaire que f soit continue ; bien que les définitions puissent paraître semblables, les applications ouvertes ou fermées jouent un rôle bien moins important en topologie que les applications continues, pour lesquelles c'est la pré-image (l'ensemble des antécédents) de tout ouvert de Y qui doit être un ouvert de X.
Tout homéomorphisme est ouvert, fermé et continu. Réciproquement, une bijection continue est un homéomorphisme si et seulement si elle est ouverte (ou, ce qui est équivalent pour une bijection, si elle est fermée). Si Y est muni de la topologie discrète (donc que tous les sous-ensembles de Y sont ouverts et fermés), toutes les applications f : X → Y sont ouvertes et fermées , mais non nécessairement continues. Ainsi, la fonction partie entière allant de R vers les entiers Z est ouverte et fermée, mais non continue. Cet exemple montre également que l'image d'un espace connexe par une application ouverte ou fermée n'est pas nécessairement connexe.
Sur tout produit d'espaces topologiques X=ΠXi, les projections canoniques pi : X → Xi sont ouvertes (et continues). Comme les projections des fibrés et des revêtements s'identifient localement à des projections canoniques de produits, ce sont également des applications ouvertes. En revanche, les projections canoniques ne sont généralement pas des applications fermées : si p1 :R→ R est la projection sur la première composante (p1(""x,y"")=""x"") et si A = {(x,1/x) : x≠0}, A est un fermé de R, mais p1(A) = R − {0} n'est pas fermé. Cependant, si Y est compact, la projection X × Y → X est fermée ; ce résultat est essentiellement équivalent au lemme du tube.
À chaque point du cercle unité, on peut associer l'angle entre l'axe des x positifs et le vecteur joignant l'origine à ce point. Cette application du cercle unité vers l'intervalle semi-ouvert [0,2π[ est bijective, ouverte et fermée, mais non continue, et montre que l'image d'un compact par une application ouverte ou fermée n'est pas nécessairement compacte. La même application considérée comme allant du cercle unité vers R n'est ni ouverte, ni fermée : préciser l'ensemble d'arrivée de l'application est essentiel.
L'application f : R → R définie par f(x) = x est continue et fermée, mais non ouverte.