Ármin Vámbéry est l'un des orientalistes juifs, à l'instar de Kurban Saïd (Lev Nussimbaum), à avoir pris l'identité et à avoir écrit sur la vie musulmane. Il s'est même converti à quatre reprises. Il était à la fois un agent double et un passeur double ; il était notamment proche des sultans ottomans. En 1900-1901, il promet à Theodor Herzl de lui négocier une audience avec le sultan ottoman Abdülhamid II, mais son but est alors davantage d'extorquer de l'argent de Herzl et n'organise ainsi pas la rencontre.
Ármin Vámbéry est aussi connu comme le promoteur et ardent défenseur de la politique anglaise à l'Est, contre la politique russe. En 2005, les Archives nationales de Kiev, désormais accessibles au public, ont révélé qu'Ármin Vámbéry a été employé par le ministère britannique des Affaires étrangères (British Foreign Office) comme agent et espion dont la mission était de lutter contre les tentatives de la Russie de gagner du terrain en Asie centrale et ainsi menacer la position britannique sur le sous-continent indien.
En outre, il a plaidé avec enthousiasme la théorie d'un lien linguistique étroit entre le turc et le hongrois, provoquant un débat très vif, tant sur les plans scientifique que politique en Hongrie. Ármin Vámbéry a fait valoir alors que les similitudes entre les deux langues étaient le fait d'une origine géographique commune localisée au Nord de l'Asie. Cette théorie prenait ainsi le contre-pied de la théorie d'une origine finno-ougrienne du hongrois, alors largement dominante en Hongrie. En Turquie au contraire, le hongrois et le turc sont toujours considérés comme deux branches de la même famille linguistique ouralo-altaïque.
Les idées de Vámbéry ont été ignorées pendant une bonne partie du XXe siècle pour des raisons qui étaient, au moins en partie liées au contexte politique et culturel. Les similitudes grammaticales entre turc, hongrois et les langues finno-ougriennes sont établies bien que toujours pas réellement étayées par la linguistique comparée.