Barrage d'Éguzon

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Introduction

Barrage d'Éguzon
Localisation
PaysFrance France
ProvinceCentre
Cours d'eauLa Creuse
Latitude

Longitude
46° 27′ 15″ Nord

1° 36′ 47″ Est / 46.45422, 1.61292


Barrage d'Éguzon
Objectifs et impact
VocationÉnergie
Date de début des travaux1922
Date de mise en service1926
Bassin(s) irrigué(s)Lac de Chambon
Surface irriguée312 ha
Structure
TypePoids Curviligne
Hauteur du barrage57,7 m
Hauteur du barrage61,1 m
Longueur du barrage300 m
Epaisseur du barrage5 m
Epaisseur du barrage51 m
Réservoir
Altitude du réservoir203,70 m
Volume du réservoir58 Mm
Surface du réservoir2 400 ha
Longueur du réservoir16 km
Centrale hydroélectrique
Nombre de turbines6
Type de turbineFrançis
Puissance70,6 MW
Production annuelle105 GWh/an

Le barrage d'Éguzon est un barrage hydroélectrique français qui est situé sur les communes d'Éguzon-Chantôme pour la rive gauche et de Cuzion pour la rive droite.

Les communes d'Éguzon-Chantôme et de Cuzion sont situées dans le département de l'Indre et la région Centre.

Géographie

Le barrage est le plus important de la région. Il est situé sur la rivière La Creuse.

Les communes voisines sont :

  • Saint-Plantaire et Orsennes à l'Est,
  • Lourdoueix-Saint-Michel et Fresselines au Sud-Est,
  • Crozant au Sud,
  • Saint-Sébastien au Sud-Ouest,
  • Baraize au Nord-Ouest,
  • Ceaulmont et Gargilesse-Dampierre au Nord.

Les grandes agglomérations voisines sont :

  • Montluçon à l'Est,
  • Guéret au Sud-Est,
  • Limoges au Sud-Ouest,
  • Poitiers à l'Ouest,
  • Châtellerault au Nord-Ouest,
  • Argenton-sur-Creuse au Nord,
  • Châteauroux au Nord-Est.

Histoire

Historique

Entre les années 1908 à 1911 l'entrepreneur Léon Chagnaud présente plusieurs projets de barrages de plus en plus importants. Il est en effet nécessaire d'augmenter la production d'électricité pour alimenter les industries de la région. Arrivé en 1914 et donc au début de la Première guerre mondiale il devient nécessaire d'assurer l'alimentation électrique de l'usine d'armement de Bourges.

Après l'abandon du projet initial de barrage de Bonu sur la Creuse, on décide de construire un barrage à 1 200 m du pont des Piles. L'ouvrage projeté a 35 m de hauteur. L'usine a 100 m de longueur. Le projet initial est conservé pour permettre l'alimentation électrique du chantier.

En 1917 les premiers coups de pioche sont donnés pour la réalisation des fondations. La guerre ayant pris la plupart des ouvriers Français, ce sont des prisonniers de guerre Allemands, Russes et Turcs qui sont amenés au camp d'Ajain dans le département de la Creuse pour réaliser les travaux du barrage. Un accord est signé avec le gouvernement espagnol pour permettre l'arrivée d'ouvriers d'Espagne. Sur les 300 ouvriers Espagnols il y a aussi des syndicalistes qui empêchent les autres de travailler. Ils sont expulsés.

Un nouveau projet est étudié. Il a 40 m de hauteur et le lac de retenu doit submerger le pont du Chambon à 5 m à l'amont. Le service des Ponts et Chaussées s'inquiète du projet et demande une étude complète avant de l'approuver. Mais les travaux continus au ralenti malgré qu'ils soit fait pour le ministère de l'Armée.

En juin 1921 Léon Chagnaud crée pour relancer la construction du barrage d'Eguzon qui à l'époque ne mesurait qu' 1,5 mètre, l' Union Hydro-Electrique, avec des actionnaires très influents comme la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans. Celle ci a l'intention de poursuivre l'électrification de son réseau de Vierzon à Toulouse. Elle est intéressée au premier chef par une usine hydroélectrique dans la région qui lui permettrait de relayer efficacement l'usine thermique de Gennevilliers qui alimente aussi Paris en électricité.

En octobre 1921 Léon Chagnaud dépose un septième et dernier projet. Le barrage fait maintenant 61 m de hauteur à partir de la fondation. Le volume de la retenue est multiplié par 2,5. En 1923, les travaux de l'usine et du barrage commencent. Le 3 mars 1923 une crue très importante, comparable à celle de 1845 arrête les travaux et ce n'est quand juin 1923 que les travaux reprennent. En mai 1924, pour accélérer les travaux, on introduit le travail de nuit et le système des 3 x 8 heures. Plus de 1 000 ouvriers s'activent sur le chantier. En décembre 1924 le barrage arrive à 30 m de hauteur et en mars 1925 à 40 m. Au mois de février 1926 la salle des machines est prête et le barrage atteint son niveau maximum de 203,70 m NGF. La mise en eau peut alors commencer. Le 5 juin 1926 a eu lieu l'inauguration du barrage.

Le 17 juin 1926 le barrage d'Éguzon est le plus puissant barrage d'Europe à l'époque et il fournit de l'électricité à la ville de Paris. Le 29 avril 1935 l'électricité produite par le barrage sert à l'alimentation des caténaires de la ligne de chemin de fer Paris-Toulouse entre Châteauroux et Limoges.

Mise en eau du barrage

Lors de la première mise en eau, des fuites très importantes ont été constatées ; elles ont nécessité une vidange et une campagne d'injections en 1926, avant la mise en eau totale. Puis le rétablissement du drainage de la fondation entre les galeries T.D et T.G.

Caractéristiques techniques du barrage

Le barrage est de type poids curviligne, constitué de 10 plots dont 8 centraux de 30 m de largeur. Le barrage est prolongé en rive gauche par un mur poids venant se refermer contre la pile rive droite des évacuateurs de surface.

Les matériaux utilisé pour la construction sont du béton cyclopéen composé de blocs de pierre et de moellons noyés dans un béton de laitier au dosage de 350 kg/m³ puis une couche d'adhérence au sol de 50 cm d'épaisseur au minimum exécutée en maçonnerie ordinaire au mortier de ciment dosé à 400 kg/m³ de sable. Les parements amont et aval sont en maçonnerie de moellons ordinaires réalisés à l'avancement.

Le drainage du corps du barrage utilise 73 drains d'élévation Ø 300 mm espacés de 3 m (Ø 87 mm pour 14 d'entre eux reforés en 1987) débouchant, à la fois sur le couronnement et dans la galerie de drainage; leur longueur varie de 4,5 m à 53 m. De plus 98 drains de fondation Ø 80 mm et 100 mm régulièrement espacés de 3 m au-dessous de la cote 180 NGF ont été ajoutés.

L'ouvrage comporte une galerie longitudinale de visite et de drainage de 1,2 m de largeur sur 2,1 m de hauteur à 4,5 m du parement amont entre les cotes 148 et 198 NGF ainsi que trois galeries transversales permettent l'accès depuis l'aval et l'évacuation des fuites.

Il est exploité par EDF et placé sous le contrôle de la DRIRE Centre.

Fondation du barrage

La nature du terrain de fondation est constitué de gneiss amphibolite de couleur gris très sombre à bleu noir généralement assez riche en amphiboles pour mériter le nom d'amphibolite. Cette amphibolite est compacte, massive, très dure et abrasive. Elle renferme des intercalations lenticulaires de micaschistes friables et tendres, se présentant sous forme de lits minces et discontinus plus sensibles à l'altération météorique (décomposition en minéraux argileux).

Le descriptif des singularités des lits micacés ou micaschisteux sont parallèles à la schistosité de la roche qu'ils soulignent. Cette schistosité par contre est assez peu nette dans les faciès amphiboliques. Pendage dirigé vers l'amont s'atténuant d'amont vers l'aval (au pied RD du barrage il est pratiquement horizontal). Le barrage est implanté en oblique sur les amphibolites.

Le traitement de la fondation a été fait avec des voiles d'injection au droit du parement amont (de 1922 à 1925). Le réseau de drainage débouchant dans la galerie de drainage amont. Ce réseau commencé à la construction a été amélioré peu à peu en 1933, 1954, 1964, 1987 et 1988 par reforage et exécution de nouveaux drains.

Évacuateurs de crues

Le barrage possède un évacuateur de crue situé sur sa rive gauche. Le débit d'évacuation des crues est de 1 605 m³/s.

Il dispose de 6 vannes dont une à clapet :

Vidange du barrage

La vidange du barrage s'effectue grâce à une vanne wagon suivie d'une vanne en série. Le débit de vidange est de 115 m³/s.

La centrale électrique

Le courant est produit à l'aide de 6 groupes de production d'énergie hydraulique (turbine + alternateur). Ces six groupes de production produisent 12 MW chacun. Les turbines de types Francis sont alimentées par les 2 conduites forcées de 4,25 m de diamètre. La longueur de la conduite de droite est de 85 m, et celle de gauche est de 105 m. L'épaisseur de la tôle qui les compose varie entre 10 mm et 24 mm. Le poids des deux conduites et de leur six jonctions avec les turbines est de 600 t.

La production annuelle est de 105 GWh (105 millions de kWh). L'énergie produite est transportée vers le poste de transformation d'électricité d'Éguzon par 2 lignes de 90 000 volts (90 kV). Ce poste est exploité par RTE.

Les barrages de la rivière Creuse

La rivière Creuse possède six barrages qui sont situés entre la commune de Guéret (Département de la Creuse) et Argenton-sur-Creuse (Département de l'Indre).

Barrage de la

Roche au Moine
Barrage de la

Roche-Bat-L'Aigue
Barrage

de l'Age
Barrage des

Chezelles
Barrage des

Champsanglard
Communes rive droiteGargilesse-DampierreBadecon-le-PinLe Bourg-d'HemLe Bourg-d'HemChampsanglard
Communes rive gaucheBaraizeCeaulmontLa Celle-DunoiseAnzêmeAnzême
TypePoids-rectilignesFile de l'eau???
Mise en service19321977???
Hauteur18,5 m18 m???
Longueur125 m80 m???
Épaisseur19,5 m

2,7 m
????
Hauteur de chute16,55 m12 m???
Surface de

la retenue
70 ha????
Longueur de

la retenue
8 km????
Volume d'eau

de la retenue
4 000 000 m³????
Nombres de vannes7????
Capacité d'évacuation

par clapets
X150 m³/sXXX
Production Annuelle21 000 000 kWh15 000 000 kWh???
  • Le barrage de la Roche au Moine se situe à 8 km en aval du barrage d'Éguzon. Il sert à la régulation de la Creuse et à la production d'électricité,

  • Le barrage de la Roche-Bat-L'Aigue se situe à 12 km en aval du barrage d'Éguzon. Il sert uniquement à la production d'électricité,