Lancé en avril 1992, Moderniser sans exclure est une démarche reposant sur le concept d’« automédiatisation », qui a été initiée par Bertrand Schwartz.
Il s’agit d’une recherche-action fondée sur la conviction qu'il n'y a pas de fatalité à l'exclusion des personnes de faible niveau de qualification. Moderniser sans exclure propose à des groupes de citoyens d’utiliser la vidéo pour susciter une expression collective. Dans un deuxième temps, ce support vidéo est utilisé pour organiser des rencontres avec des responsables des politiques publiques, des élus, des chefs d’entreprises, des journalistes, des formateurs... L’objectif est de faire naître débat et échange afin de mettre à plat les représentations de chacun et de créer des espaces de dialogue. En 2007, le catalogue de Moderniser sans exclure Sud proposait plus de 80 films à son catalogue , d’une durée d’environ 30 minutes en moyenne.
La démarche s’est déployée dans cinq régions en France dans le cadre d’une association Moderniser sans exclure qui a été constituée en mars 1990. Après la dissolution de l'association en octobre 2003, la démarche s’est poursuivie dans le cadre d’associations régionales, qui ont reçu pendant un temps l’appui de l’association Développement et emploi.
Des groupes Moderniser sans exclure ont ainsi fonctionné en Alsace (jusqu’en 2003), Basse Normandie (depuis 2002), Nord Pas-de-Calais. Les groupes Sud (Provence Alpes Côte d’Azur, fondé en 1996) et Rhône Alpes fonctionnaient en 2007.
Selon Gilbert Conil, analyste de situations de travail, « L'automédiatisation, initiée par Moderniser sans exclure, utilise la vidéo pour « donner la parole à ceux qui ne l'ont pas ». Cette démarche est problématique du point de vue du statut de la parole des personnes en situation d'exclusion ou de bas niveau de qualification, et par l'usage qui est fait des vidéogrammes. En revisitant les relations entre spécialistes et non-spécialistes, l'influence sur la transformation des situations, la nature des échanges, une démarche participative de Confrontations dynamiques est proposée et se base sur une production et un usage de fragments audiovisuels. »