Bibliothèque Sainte-Geneviève

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Introduction

La bibliothèque Sainte-Geneviève

La salle de lecture en 1859

La salle de lecture en 2004

Buste érigé dans l'escalier de la bibliothèque Sainte-Geneviève à la mémoire de son architecte, Henri Labrouste.

La bibliothèque Sainte-Geneviève (BSG) est une bibliothèque située au 10 place du Panthéon, dans le 5 arrondissement de Paris. Elle est l'héritière de la bibliothèque de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, à laquelle elle a survécu après la Révolution française, occupant jusqu'en 1842 le dernier étage de l'édifice abbatial qui abritait alors l'École centrale du Panthéon, aujourd'hui lycée Henri-IV. Elle occupe depuis 1851 son bâtiment actuel, édifié par l'architecte Henri Labrouste et agrandi par la suite.

C'est aujourd'hui une bibliothèque d'État à la fois interuniversitaire et publique, accessible à toute personne majeure ou titulaire du baccalauréat. Ses collections sont encyclopédiques et totalisent environ deux millions de volumes. Elles se répartissent en trois fonds : la Réserve, principalement pour les fonds anciens, rares et précieux, le Fonds général comprenant les ouvrages, périodiques et autres documents publiés de 1811 à aujourd'hui, et la Bibliothèque nordique (accès au 6 rue Valette), proposant un très riche fonds fenno-scandinave dont l'origine remonte aux collections de l'abbaye.

Elle est administrativement rattachée à l'université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle.

Histoire

Si la fondation de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris remonte au VI siècle, l'existence d'une bibliothèque n'est attestée qu'au XII siècle, avec un manuscrit, aujourd'hui à la bibliothèque municipale de Soissons, portant son ex-libris. Au siècle suivant un catalogue fait état de 226 volumes. Mais l'abbaye connaît une certaine décadence au XVI siècle, qui entraîne la dispersion des collections.

C'est le cardinal de La Rochefoucauld, évêque de Senlis, entré en possession de l'abbaye en 1619, qui réinstitue véritablement la bibliothèque en 1624, à laquelle, après un dépôt initial de 600 volumes, il lègue l'ensemble de ses collections et archives personnelles en 1640. Les collections s'accroissent ensuite jusqu'à la Révolution, sous l'impulsion de ses bibliothécaires successifs, et s'enrichit de nombreux dons : notamment de Gabriel Naudé en 1653, et surtout, en 1710, celui de l'archevêque de Reims, Charles-Maurice Le Tellier, qui lègue sa collection de manuscrits et environ 16 000 volumes, parmi lesquels 500 volumes à l'origine des collections de l'actuelle Bibliothèque nordique. Avec ce fonds Le Tellier a également été introduite la classification alphabétique de Nicolas Clément, encore partiellement en usage de nos jours.

Au XVIII siècle la bibliothèque est, parmi les premières à Paris, ouverte au public. La seconde moitié du siècle est marquée par la personnalité de son bibliothécaire, le père Alexandre-Guy Pingré (1711-1796), membre de l'Académie des sciences, qui accroît considérablement les collections scientifiques de Sainte-Geneviève. En outre, c’est à son entregent que la bibliothèque, devenue propriété nationale en 1789 avec l’abbaye, doit d’avoir survécu à celle-ci et échappé à la dispersion de ses collections. Elle bénéficie au contraire, comme la Bibliothèque nationale et quelques autres établissements, des confiscations révolutionnaires et des prises de guerre napoléoniennes, s’enrichissant d’une sélection d’environ 20 000 ouvrages de provenances variées.

Rebaptisée Bibliothèque du Panthéon jusqu’à la Restauration, elle passe, à la mort de Pingré, sous l’autorité de l’administrateur Pierre Daunou, qui lance l’établissement du catalogue des incunables (publié seulement à la fin du siècle), puis celui du catalogue général (en 33 volumes). À cette époque, la bibliothèque bénéficie toujours de dons réguliers, et pour pallier la faiblesse de ses crédits, devient, par décret royal en 1828, attributaire d'un exemplaire du dépôt légal en théologie, philosophie, droit, médecine et sciences, ce qui lui permet de mieux répondre à sa double vocation de bibliothèque publique et universitaire.

Cependant, elle est à l'étroit dans des locaux vétustes, au dernier étage de l'ancienne abbaye devenue lycée. En 1842 elle est installée, à titre provisoire, dans une partie de l'ancien collège de Montaigu, devenu hôpital, puis prison, et destiné à la démolition dans le cadre de l’aménagement de la place du Panthéon. La nouvelle bibliothèque est édifiée à son emplacement de 1843 à 1850, et inaugurée le 4 février 1851.

En 1925, elle est rattachée à la Réunion des bibliothèques nationales de Paris (regroupant également la Bibliothèque nationale, l'Arsenal, et la Mazarine). Cependant, dès 1930, elle est rattachée à l'Université de Paris, et devient interuniversitaire en 1972.

L'édifice de la bibliothèque, avec ses aménagements et décors d'origine, a été classé au titre des monuments historiques par un arrêté du 3 septembre 1992.

Directeurs et conservateurs en chef de la bibliothèque Sainte-Geneviève

  • Charles Kohler (de ? à 1917)
  • Charles Mortet (de 1917 à 1922)

(...)

  • Paul Roux-Fouillet (de 1977 à 1987)
  • Geneviève Boisard (de 1987 à 1997)
  • Nathalie Jullian (de 1997 à 2006)
  • Yves Peyré (depuis 2006)

Architecture

Plans et symétrie

Plan à rez-de-chaussée (hall d'entrée et magasins)

Plan de l'étage principal (salle de lecture)

Coupe transversale sur le hall d'entrée et la salle de lecture (incomplet)

Travée de façade

Le premier plan concerne la salle de lecture avant son réaménagement pour accueillir un plus grand nombre de personnes. Nous pouvons remarquer une parfaite symétrie axiale. Les formes des bâtiments sont simples, de formes géométriques. La salle de lecture, dont l'architecte est Henri Labrouste, est rectangulaire. De forme sobre et pratique pour la lecture et l’exposition des différents ouvrages. Les livres entourent la salle en 2 niveaux. Pour accéder au deuxième niveau, la salle est munie de 4 escaliers disposés dans chaque coin de la salle. Tout au long de salle, au centre, se trouve une rangée de colonnes en fonte qui supportent la voûte. La coupe transversale du bâtiment accentue cette sensation de symétrie parfaite avec l’accord des colonnes les unes en dessous des autres au travers des étages. Le toit a une forme triangulaire qui rappelle les frontons des temples de l’antiquité ainsi que l’utilisation de colonnades. Au niveau de la salle de lecture, on peut voir des arcs en plein cintre avec des colonnes qui sont utilisées pour la décoration et l’habillage, tandis que le plafond est formé de deux voûtes soutenues par des arcs de décharges qui s’appuient sur les murs porteurs ainsi que sur les colonnes de fontes qui elles-mêmes reportent leur poids sur les piliers du rez-de-chaussée. La façade de la bibliothèque reste aussi très symétrique par les ouvertures régulières et identiques des fenêtres répétant un motif identique. Elle possède un toit en terrasse.

Matériaux

Henri Labrouste réalisa un magnifique bâtiment alliant anciens matériaux, inspirés de l’antiquité par son voyage a Rome, ainsi que les nouveaux matériaux que nous on apporté la révolution industrielle. Pour la façade et les murs porteur il privilégie la pierre rappelant ainsi les matériaux utilisés pour les bâtiments alentours (le Panthéon, la mairie du 5éme ainsi que l’école de droit). Afin d’accentuer la pénétration de la lumière largement dispensée par 42 fenêtres en verre, il décida construire une structure de fonte sur colonnes supportant dans un premier temps un plafond plat en pans brisés orné de caissons, puis finalement une voûte. Ils furent installés dès 1840. Il laisse cette structure complètement visible. Pour soutenir le plancher de l’étage il réalise une structure en fer non visible. Le sol est constitué de plaques de marbres. Le mobilier ainsi que l’entrée et le centre d’information de la salle de lecture sont en bois avec de légères décorations.

En littérature

Dans Illusions perdues, d'Honoré de Balzac, Lucien de Rubempré vient étudier à la bibliothèque Sainte-Geneviève et il y rencontre Daniel d'Arthez vers 1821.

« A la bibliothèque Sainte-Geneviève, où Lucien comptait aller, il avait toujours aperçu dans le même coin un jeune homme d'environ vingt-cinq ans qui travaillait avec cette application soutenue que rien ne distrait ni dérange, et à laquelle se reconnaissent les véritables ouvriers littéraires. Ce jeune homme y venait sans doute depuis long-temps, les employés et le bibliothécaire lui-même avaient pour lui des complaisances; le bibliothécaire lui laissait emporter des livres que Lucien voyait rapporter le lendemain par le studieux inconnu, dans lequel le poète reconnaissait un frère de misère et d'espérance. »