En 1850, le cheptel compte environ un million de têtes sur l'ensemble des Landes de Gascogne ; en 1914, il n’en reste plus que 25 000. Elles sont en général regroupées par parc (bergerie) pouvant héberger de cent à cent cinquante bêtes. Frugale, la brebis landaise est parfaitement adaptée au milieu végétal si particulier et si peu généreux de la lande. Haute sur pattes et longiligne, elle se révèle excellente marcheuse et d'une rusticité à toute épreuve. Soumise à ces rudes conditions d'élevage, elle ne donne que peu de viande, encore moins de lait et seulement deux agneaux dans sa vie (le premier à trois ans, le second à sept ans, âge de la « réforme »).
Malgré ces caractères, il est difficile de parler de race locale. En effet, les échanges étaient nombreux avec les troupeaux pyrénéens. Ceux-ci traversaient régulièrement la région en fin d'été pour gagner les pâturages girondins puis en début de printemps pour rejoindre les pâturages d'estive. Dans certaines foires comme à Luxey, on s'approvisionnait en géniteurs venus du Béarn ou du Pays basque pour « renouveler le sang ». Mais si la transhumance des troupeaux pyrénéens se faisait vers les Landes, les troupeaux locaux, eux, ne franchissaient jamais les lointains horizons du « Grand Désert ».