Désert

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Vallée de la mort (en Californie, États-Unis)

Dunes de gypse de White Sands, (au Nouveau-Mexique, États-Unis)

Le mot désert désigne aujourd’hui une zone stérile ou peu propice à la vie, en raison du sol impropre, ou de la faiblesse des précipitations (moins de 250 mm par an).

Un paysage désertique se reconnaît à son aspect dénudé sur de vastes surfaces.
Un désert est situé hors écoumène.

Exemples

Un désert peut être une zone dépourvue de végétation, d’animaux et d’êtres humains (exemple : désert de glace et de neige : Antarctique). Un désert peut être une zone à la végétation rase, éparse : désert du Karakoum et désert du Thar.

Sens

Au-delà de son sens principal, le mot désert désigne également quelques réalités proches.

Le mot désert désignait en ancien français non pas des étendues stériles et vides de végétation, mais toute vaste zone inhabitée et non cultivée par l’Homme, en particulier les forêts profondes qui abritaient par exemple des moines ermites qui « allaient au désert » pour y vivre en méditation. À titre d’exemple l’ancien Hainaut franco-belge (pagus Fanomartensis) était probablement encore au XI siècle presque couvert de la vaste forêts (forêt charbonnière), elle-même relique de l’immense forêt d’Ardenne cité par César ; Ce ne fut qu’au VII siècle, après les premiers grands défrichements, que Soignies, le Rœulx, Saint-Ghislain, et d’autres villes, s’y formèrent, « au milieu de forêts épaisses et dans de véritables déserts ». On parle aussi du Désert de la Chartreuse à propos de la zone de silence, en montagne, située autour du monastère de la Grande-Chartreuse en Dauphiné (France).

En démographie, un désert est une région peu densément peuplée. Sa définition varie : au niveau mondial, on estime qu’en dessous de 5 habitants au km, une région est désertique. En France, les cantons peuplés de moins de 20 habitants au km sont considérés comme déserts. L'expression a été popularisée par la célèbre étude du géographe Jean-François Gravier publié en 1947, "Paris et le désert français".

Par analogie, on parle aussi de déserts océaniques. Les océans comptent en effet des déserts biologiques bien plus vastes que les déserts terrestres. Repérables par des satellites comme Seastar, ils se situent dans les régions subtropicales de l’océan Pacifique et Atlantique et au sud de l’océan Indien au niveau des gyres. Des océanographes ont constaté qu’entre 1997 et 2006 leur surface globale a augmenté de 6,6 millions de km, soit 15 % environ, probablement en raison du réchauffement climatique.

Caractéristiques

L’aridité est le manque d’eau permanent qui affecte une région. Elle ne dépend pas de la température : il existe alors des espaces arides et froids (aux pôles par exemple). On mesure le degré d’aridité d’une région en fonction de l’indice d’aridité qui mesure la différence entre l’évapotranspiration potentielle (EVP) et la pluviosité.

Tourbillon dans le Désert des Mojaves, Californie

De façon générale, les milieux désertiques sont caractérisés par :

  • des précipitations rares et très irrégulières : il arrive souvent qu’il ne pleuve pas pendant des années.
  • les rosées matinales y constituent souvent la seule ressource en eau en surface pour les espèces vivantes présentes.
  • une évaporation plus importante que les précipitations.
  • une forte amplitude thermique entre les températures diurnes et nocturnes.
  • un vent constant et souvent fort (y compris la nuit)
  • un sol pauvre et mince.
  • une végétation rare, basse et atrophiée dite xérophyte composée notamment de plantes succulentes ou grasses.
  • une petite faune peu dense, on y retrouve des insectes, des petits reptiles, des arachnides, des rongeurs et quelques oiseaux nocturnes.
  • de faibles densités humaines.

Classement communément admis

La typologie de Monique Mainguet propose :

  • Déserts polaires froids : ces zones (arctique et antarctique) reçoivent en effet peu de précipitations, à cause de la présence de cellules anticycloniques. La glace empêche le développement de la végétation dans le domaine subpolaire désertique. La toundra apparaît dans le domaine subpolaire semi-aride

Un désert hyperaride : Atacama, Chili

  • Déserts chauds de la zone intertropicale : Sahara, désert d’Arabie, centre de l’Australie… Ils subissent une forte insolation (3 250 heures de soleil dans le Sahel, des températures très élevées (78 °C en plein soleil à Tamanrasset) et une forte évaporation.
  • Déserts chauds côtiers : désert chilo-péruvien, désert d’Atacama, désert de Namib, Basse-Californie, sud-ouest marocain. Souvent brumeux, ces déserts sont créés par des anticyclones, des courants froids (courant froid de Benguela pour le Namib) et des remontées d'eau des profondeurs (« upwellings »). Ils peuvent être hyperarides (déserts du Pérou et du Chili).
  • Déserts d’abri de la zone tempérée : ces déserts se trouvent à l’abri d’une barrière montagneuse qui bloque les dépressions venues de l’océan (Grand Bassin, Désert des Mojaves aux États-Unis). L’effet de foehn assèche l’air lorsqu’il redescend derrière la chaîne de montagnes.
  • Déserts continentaux : essentiellement situés en Asie centrale (Désert de Gobi, Tibet, Désert du Karakoum…) à plusieurs milliers de kilomètres à l’intérieur des terres. Ils sont caractérisés par une très forte amplitude thermique. Il distingue également plusieurs milieux arides ou semi-arides :
  • milieu saharien
  • milieu aralien
  • milieu péruvien
  • milieu sahélien
  • milieu méditerranéen semi-aride.

Jean Demangeot fait remarquer que ce classement doit tenir compte de la complexité des facteurs. Il distingue les déserts polygéniques (Asie centrale, Borkou, Sonora…) pour lesquels les causes d’aridité sont multiples, et les désert d’altitude (bassin du Tarim très aride, mais montagnes qui l’entourent relativement arrosées).

Classement en fonction de l’aridité

D’une manière plus simple, on considère les déserts selon leur aridité :

  • Les déserts hyperarides qui reçoivent moins de 50 mm de précipitations en moyenne par an : on les trouve à certains endroits du Sahara, du désert chilo-péruvien, de Libye, d’Arabie, de Namibie.
  • Les régions arides (déserts) reçoivent moins de 100-150 mm de pluie en moyenne annuelle et connaissent au moins deux mois avec plus de 30 °C (déserts continentaux, d’abri, déserts asiatiques froids et quelques secteurs du désert australien).
  • Les régions semi-arides (centre et ouest de l’Australie, etc.)
  • L’agriculture pluviale (qui ne nécessite pas d’irrigation) se développe à partir de 300 mm par an.

En général, il est admis qu’un milieu est non aride lorsque l’indice xérothermique est inférieur à 100, semi-aride entre 100 et 290, aride entre 290 et 350, et hyperaride entre 350 et 365.

Le critère de l’évapotranspiration

La FAO retient un autre critère de typologie : l’évapotranspiration potentielle, associée à une formation végétale :

  • zones hyperarides : quelques éphémères, buissons xérophytes dans les oueds
  • zones arides : plantes vivaces et annuelles ; pas d’agriculture pluviale
  • zones semi-arides : couvert végétal ouvert (steppe, buissons), plantes vivaces, agriculture pluviale possible et élevage extensif.

Liste

Image satellitale montrant l'albédo très élevé du Sahara

DésertSuperficie (km)
Antarctique (Antarctique)14 000 000
Sahara (Afrique)8 600 000
Groenland (Arctique)2 000 000
Désert de Libye (Afrique)1 683 000
Grand désert de sable (Australie)1 500 000
Désert de Gobi (Asie)1 036 000
Désert du Kalahari (Afrique)580 000
Désert du Karakoum (Asie)350 000
Désert du Taklamakan (Asie)344 000
Désert de Namib (Afrique)310 000

Vue des étendues du désert Néguev, Israël

  • Désert du Thar
  • Désert du Cholistan
  • Néguev
  • Désert de Syrie
  • Dasht-e Kavir, Iran
  • Kavir-e Lut, Iran
  • Kyzyl Kum - Kazakhstan et Ouzbékistan.
  • Désert de Judée
  • Australie :
  • Simpson Desert
  • Sturt’s Stony Desert
  • Tanami Desert
  • Grand Désert de Victoria
  • Europe :
  • Désert de Las Bardenas Reales de Navarre (455 km²)
  • Désert de Tabernas en Andalousie(280 km²)
  • Désert de Błędów en Pologne (32 km²)

Géologie et processus morphogéniques

Érosion

Une des plus hautes dunes du monde à Sossusvlei, dans le désert de Namib, Afrique

Étant donné la rareté de l’eau et de la végétation en milieu désertique, l’érosion dépend essentiellement de deux processus : l’érosion éolienne et la thermoclastie. L’érosion par la thermoclastie résulte des variations de température sur la roche. Celles-ci peuvent provoquer, sur le long terme, des fissures qui s’agrandissent progressivement et qui finissent par faire éclater la roche. La thermoclastie est d’autant plus efficace que la roche est fragile et que l’amplitude thermique est importante. La gélifraction (action du gel) intervient dans les déserts d’altitude.

L’érosion éolienne attaque les roches du reg en enlevant des particules (déflation, abrasion) ou en polissant leur surface (corrasion par vent chargé de sable). Elle est plus efficace lorsque les obstacles sont inexistants et que le vent est puissant, régulier et chargé de poussières ou d’embruns. Le vent fait avancer les dunes (barkhanes, ghourd) qui forment parfois de vastes ensembles appelés « erg ».

Sur Canal IRD (les vidéos en ligne de l’Institut de Recherche pour le Développement) : La dynamique éolienne. (Décembre 2006,3'01")

Dans les zones arides et semi-arides, le ruissellement peut être un agent efficace d’érosion. Le caractère violent et épisodique du phénomène érode les montagnes et transporte les matériaux vers les piémonts, les glacis (sheet flood en anglais) et plaine d’épandage. L’eau ruisselle et atteint les talwegs pour former des cours d’eau temporaires, les oueds. Leur lit charrie des débris de tailles diverses (galets, graviers, sables, particules en suspension). Les milieux hyperarides sont marqués par l’absence de tout cours d’eau (aréité ou aréisme).

Les effets de l’évaporation

Un exemple de playa, Vallée de la Mort, États-Unis

  • chott : En Afrique du Nord, un chott est une étendue d’eau salée permanente, au rivage changeant, située dans les régions semi-arides. Les géomorphologues le limitent à la partie tantôt ennoyée tantôt découverte autour du lac, portant quelque végétation et faisant partie d’un ensemble plus étendu qu’ils préfèrent nommer sebkha. Les chotts sont alimentés de façon discontinue lors des rares pluies, et subissent une forte évaporation, qui accumule les sels à la surface des limons, parfois exploitées.
  • sebkha (en Afrique), playa (aux États-Unis), salinas (en Amérique latine) ;

La vie

Végétation

Hoggar, Sahara. Un milieu abiotique

Saguaro, Arizona. Le Sagaro est un cactus qui peut mesurer jusqu’à 15 mètres de haut. On le rencontre dans le sud-ouest des États-Unis et dans le nord du Mexique

La densité de la végétation dépend de la quantité d’eau disponible, de la force du vent et de la nature du sol (salinité, reg, erg…) : seuls les milieux hyperarides rocailleux sont totalement dépourvus de végétation (Atacama, Hoggar, reg du Tanezrouft…). Contrairement à une idée reçue, les végétaux poussent sur les dunes de sables : on trouve des buissons de créosote et de prosopis (Prosopis juliflora) dans les dunes de la vallée de la mort. Les plantes, les arbustes et les buissons se concentrent dans les lits des oueds et autour des points d’eau. Les adaptations de la flore désertique visent principalement à limiter la perte d’eau, mais également à obtenir autant d’eau que l’environnement puisse lui fournir.

Les plantes succulentes, également appelées "plantes grasses" sont adaptées pour survivre dans des milieux arides. Parmi elles se trouvent les agaves, les yuccas, les tubéreuses de la famille des agavaceae et tous originaires du continent américain. La famille des cactacées provient également d’Amérique : leur aspect s’explique principalement par l’adaptation aux conditions de sécheresse, à l’origine du développement de la fonction de stockage et de la réduction des surfaces d’évaporation. La fonction de stockage s’est traduite par un épaississement de la tige, et, pour quelques espèces, par le développement de racines tubéreuses (pterocactus tuberosus par exemple). Elle explique aussi l’apparition des côtes ou une disposition des mamelons en spirale, qui permettent, un peu comme sur un accordéon, la dilatation et la rétraction du corps de la plante au gré des périodes de pluies et de sécheresse, sans déchirure de l’épiderme. La réduction des surfaces d’évaporation s’est traduite par un épaississement de l’épiderme, parfois même recouvert d’une sorte de cire, une diminution du nombre de stomates (pores permettant la respiration), et surtout, chez beaucoup d’espèces, la disparition des feuilles. Quant aux épines, leur fonction est multiple : protection contre les animaux, mais aussi captation de la rosée, protection de l’épiderme contre les ardeurs du soleil, le vent desséchant ou le froid d’altitude…

Les plantes halophytes supportent des sols imprégnés de sel. Leur adaptation, différente de celles des plantes xérophytes proprement dites, est liée à leur capacité de stocker de l’eau dans les feuilles, les tige ou les racines.

Les plantes xérophytes se rencontrent dans des environnements très variés, tels que les déserts rocailleux mais aussi dans quelques cas sous des formes épiphytes sur la canopée des forêts tropicales.

MécanismesAdaptationExemple
Limitation de la perte d’eaucuticule céreuseOpuntia
nombre réduit de stomates
sunken stomataPinus
stomate ouvert la nuitCarpobrotus edulis
duvet à la surfaceSempervivum arachnoideum
feuilles incurvéesAmmophila
Stockage de l’eaufeuille succulenteBryophyllum
tige succulenteCaulanthus inflatus
tubercule charnuRaphionacme
Prise d’eausystème racinaire profondAcacia
directement à la nappe phréatiqueNerium oleander
système racinaire étendu peu profond
absorption de l’humidité de l’airTillandsia

Faune

Le nombre d’espèces animales est relativement peu élevé dans les zones désertiques. Cependant, rares sont les régions sans aucune vie (milieux abiotiques). La faune s’est adaptée aux contraintes climatiques :

  • Pigmentation claire ;
  • Réserve : la bosse du chameau contient des graisses ;
  • Régulation de la température du corps : en cas de grande chaleur, les gangas semblent posséder une plus grande capacité à perdre de la chaleur que les autres oiseaux du désert. Mais cette excellente adaptation à la chaleur a son revers : dès que la température tombe, la thermogenèse doit s’amorcer, sollicitant une dépense énergétique correspondante. Les oryx algazelles peuvent survivre sans eau pendant de longues semaines, leurs reins prévenant la perte d’eau en urine, ils peuvent aussi élever la température de leur corps pour éviter de transpirer ;
  • Vie nocturne : de nombreux animaux ne sortent que la nuit pour chasser et se nourrir (gerboise, Addax, Oryctérope) ;
  • Abris : grottes, terriers (la terre est un excellent isolant thermique). Les Addax dorment le jour dans des cuvettes qu’ils creusent eux-mêmes dans le sable, à l’ombre ;
  • Léthargie : estivation (Souslik jaune).

Liste d’animaux vivant dans le désert :

  • Chameau
  • Reptile(serpent,lézard,..)
  • Gerbille
  • Chinchilla (hautes Andes)
  • Psammomys(rat de sable, rongeur)
  • Ganga (oiseau)
  • Oryx
  • Gazelle Dorcade (Sahara)
  • Gazella leptoceros
  • Zorille du Sahara
  • Chacal / Coyote / Dingo
  • Potoroidae (rat-kangourou)
  • fennec
  • guépard des sables…
  • l’antilope pallas (Antilope cervicapra), la chinkara ou gazelle d’Arabie (Gazella bennettii), le lynx caracal (Felis caracal) et le renard du désert (Vulpes bengalensis) vivent dans le désert du Thar.

Occupation et exploitation par les hommes

Depuis la préhistoire, les hommes ont toujours occupé et parcouru tous les déserts arides, malgré les fortes contraintes naturelles. Traditionnellement, deux modes de vie, souvent concurrents, sont présents dans les sociétés humaines des déserts : les nomades et les cultivateurs. Depuis le début du XIX siècle, la modernisation et l’exploitation des gisements miniers à des fins industrielles ont transformé certaines régions désertiques et fait émerger de nouveaux défis. Néanmoins, le désert reste l’un des derniers milieux vraiment naturels.

Modes de vie traditionnel

Un Touareg

Foggara

  • Nomadisme : les groupes humains se déplacent pour chercher les points d’eau nécessaires à la survie des troupeaux. L’élevage faisait vivre plusieurs clans de bédouins en Asie ou de Touaregs en Afrique. Aujourd’hui, ce mode de vie est menacé de disparaître à cause de la motorisation et de l’affirmation des frontières.
  • Bindibus (Australie)
  • Bochimans (Kalahari)
  • Cultures : depuis l’Antiquité, l’irrigation permet de mettre en valeur des régions désertiques ou semi-désertiques dans les oasis :
  • Le puits permet de ramener l’eau des nappes phréatiques à la surface. Le problème est que cette eau d’origine fossile n’est souvent pas renouvelable à court terme dans les déserts.
  • Le Qanat en Asie, la foggara en Afrique, est un système d’irrigation souterrain permettant de récolter les eaux d’infiltration.
  • Noria : pour capter l’eau des fleuves en milieu désertique (Nil, Tigre, Euphrate).

Grandes civilisations du désert

  • Égypte antique (voir aussi : désert du Thébaïde),
  • Nabatéens
  • Méroé
  • Anasazi

Les grandes routes historiques

  • Route de la soie : réseau de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe allant de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie. Elle doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication. Dès l’Antiquité, de nombreux autres produits voyageaient sur les mêmes routes : pierres et métaux précieux, étoffes de laine ou de lin, ambre, ivoire, laque, épices, verre, corail, etc. Ces routes, parcourues par des caravanes, contournaient par le nord ou le sud le désert du Taklamakan. Ces deux branches possédaient différentes variantes, mais toutes ces pistes reliaient entre elles des oasis situés à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun. La longueur du parcours, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux attaques des brigands et à l’extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin méditerranéen et l’Extrême-Orient. Ce fut une des raisons qui incita les Européens à rechercher une route maritime vers les pays d’Orient. La Route de la soie fut progressivement abandonnée au XV siècle.
  • Pistes transsahariennes (Afrique) : les pistes caravanières, aménagées à partir du IX siècle, passaient par les oasis du Sahara : les déplacements étaient dangereux et pénibles à cause des contraintes climatiques et des distances. Les grands convois transportaient des esclaves depuis l’époque romaine mais aussi toutes sortes de produits qui servaient au troc.

Mise en valeur moderne du désert

L’extension des cultures dans le désert dépend des possibilités d’irrigation, et donc du pompage de l’eau qui nécessite aujourd'hui des appareils électriques. Il pose donc le problème de l’approvisionnement en énergie des régions désertiques. Le détournement du Colorado a permis la naissance de l’Imperial Valley en Californie. Le barrage d’Assouan en Égypte, achevé en 1970, permet d’irriguer 700 000 hectares de terres.

Le sous-sol des déserts offre souvent des richesses :

  • Des hydrocarbures (Déserts du Sahara, de l’Arabie saoudite, Désert du Karakoum)
  • Des minerais : uranium (Australie), fer (Sahara, Atacama), or, argent (Mexique), cuivre (Nevada, Atacama), diamants (Kalahari)
  • Des minéraux : nitrate, phosphate (Maroc, Sahara occidental), borax (Californie), sel (Salt Lake, Sahara, …), gypse.

Les conditions géographiques et climatiques du désert permettent ou ont permis :

  • l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne, avec possibilité d'hydrolyser de l'eau de mer en hydrogène et oxygène sur les littoraux (Mauritanie, Sénégal par exemple). Ces énergies sont encore peu valorisées.

Very Large Array en configuration D

  • l’installation d’observatoires astronomiques : Very Large Array, au Nouveau-Mexique, Atacama Pathfinder EXperiment
  • les essais d’engins destinés à l’exploration de la planète Mars
  • les essais d'armes chimiques et nucléaires : américains (Projet Manhattan dans le désert du Nouveau-Mexique), français (Algérie), chinois (dans le Xinjiang, site de Lop Nor, depuis 1961).
  • De nombreuses plantes d'intérêt médicinal peuvent pousser dans le désert, et certaines plantes commestibles peuvent pousser en zone salinisées s'il y a de l'eau telles le nipa (récolté autour du delta du Colorado par le peuple des Cocopahs dans le désert du Sonoran, au nord-ouest du Mexique) ,

Tourisme : Le désir de dépaysement et d’aventure des sociétés développées entraîne le développement de l’offre touristique en milieu désertique. La ville de Las Vegas s’est développée rapidement dans un milieu désertique, grâce aux eaux du Colorado.

Le désert, future sources d'énergie solaire et éolienne, voire d'hydrogène ?

En zone chaude (tropico-équatoriale), les déserts sont souvent très ensoleillés le jour et exposés à un léger vent régulier la nuit ; Ce sont des conditions qui présenteront des avantages intéressants pour une production combinée d'énergie douce, sûre, propre et renouvelable, d'autant que plusieurs déserts sont proches de la mer, ce qui permet d'utiliser une partie de l'électricité produite pour hydrolyser de l'eau de mer et produire de l'hydrogène. Il reste pour cela à produire des panneaux solaires plus performant lorsqu'ils sont exposés à de grandes chaleurs (jusqu'à 50 °C pour la température ambiante dans la Sahara ou au moyen-Orient et bien plus pour un panneau de couleur foncé). Il faut aussi produire des modules photovoltaïques et du matériel éolien très résistant à l'abrasion par le sable et les poussières transportés par les tempêtes de sable.

  • Le Maroc est leader en éolien en Afrique du Nord. Il disposait dès le début des années 2000 de 7 grandes éoliennes près de de Tanger (Parc financé par la banque publique allemande KfW, puis la France y a financé - toujours près de Tanger - une ferme de 84 éoliennes (50,4 MW)  ;
  • En Arabie saoudite un projet de 11,3 millions d'euros est déjà financé par Saudi Aramco (l'un des premiers groupes pétroliers au monde).
  • En Égypte, à Kuraymat, au sud du Caire, une centrale solaire moderne combine 53.000 miroirs renvoyant la lumière solaire vers 130.000 m² de panneaux solaires de 6 m de large et 150 m de long, des anneaux paraboliques et l'exploitation de gaz naturel pour produire 150 MW d'électricité pour Le Caire.
  • Divers appels d'offre sont en cours en 2009 en Algérie, Maroc, Israël et aux Emirats.

Désertification et menaces sur les déserts existants

Cependant, la découverte et l'analyse de formations dunaires fossiles au Tchad par des chercheurs du CNRS conduisent à réviser l'estimation de l'âge du Sahara, lequel ne serait pas âgé de 86 000 ans, comme on le croyait, mais d'au moins 7 millions d'années.

  • Des exemples historiques : le désert du Thar en Inde est peut-être devenu désertique entre 2000 av. J.-C. et le 1500 av. J.-C. À cette époque le fleuve Ghaggar cesse d’être un cours d’eau.

L'ONU a alerté sur l'aggravation de la situation des nappes phréatiques, de la faune et de la flore des déserts, ainsi que des populations humaines en dépendant dans la plupart des zones arides. Les pompages et/ou une mauvaise agriculture favorisant la salinisation (Plus de 12,000 km carrés de sols arides ont été ainsi salinisés et rendus improductifs de la fin des années 1970 aux années 2000). Les pesticides sont aussi une source nouvelle de pollution autour des zones cultivées. La surexploitation des ressources (herbes, bois mort, ligneux vivants, gibier continue aussi à faire régresser des espèces telles que gazelles, l'oryx, l'addax, la chèvre himalayenne (tahr), les moutons de Barbarie, le Houbara, l'Autruche sauvage, etc.)

Les activités humaines y aggravent souvent les effets du changement climatique. L'ONU a relevé un accroissement de 0.5 à 2 degrés Celsius de la température moyenne des déserts de 1976 à 2000 (soit beaucoup plus que l'augmentation moyenne globale de 0.45 degrés Celsius sur la planète). L'IPCC estime que ces températures pourraient encore augmenter en moyenne de cinq à sept degrés d'ici 2071- 2100, en comparaison avec la moyenne de la période 1961-1990, avec des pluies qui devraient diminuer de 5 à 10 % et jusqu'à 15 % pour les déserts de l'hémisphère sud (ex : désert Great Victoria en Australie) et de ceux de l'hémisphère nord (Désert du Colorado ou du Grand Bassin des États-Unis). Le désert de Gobi pourrait (c'est le seul) lui recevoir de 10 à 15 % de pluies en plus, mais le surpâturage et des pullulations de campagnols probablement favorisées par la régression de leurs prédateurs y ont déjà aggravé les phénomènes d'érosion et dégradation des sols.

Désert et humanité

En 2009, les Nations-Unies estimaient à 2 milliards le nombre d'hommes vivant en zone aride ou en passe de le devenir

Écrivains et voyageurs du désert

Depuis longtemps, les déserts, en premier lieu le Sahara, a attiré les hommes, en particulier les occidentaux. Certains pour l’explorer, le cartographier, le découvrir. D’autres aussi pour s’y retrouver face à eux-mêmes, dans une quête philosophique.