Casimir Davaine

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Introduction

Casimir Davaine, né à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 19 mars 1812 – décédé à Garches (Hauts-de-Seine), le 14 octobre 1882, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 47).

Médecin français connu principalement pour ses travaux sur le charbon, maladie animale transmissible à l’homme (zoonose).
Du fait qu’il est un des premiers à étudier et à préciser l’étiologie du charbon, il peut être considéré à ce titre comme un des fondateurs de la bactériologie et de la microbiologie. Avec lui, l'idée du rôle pathogène des bactéries entre progressivement en médecine.
Le grand mérite de Davaine est d'avoir montré, parmi les premiers, qu'une maladie animale et humaine était due à un microbe en l’occurrence une bactérie, anticipant et ouvrant ainsi la voie aux recherches de microbiologie médicale.

Biographie.

Né à Saint-Amand-les-Eaux, Casimir Davaine est le sixième enfant (sur neuf) d’un commerçant de spiritueux.

Il commence ses études à Saint-Amand-les-Eaux, continue à Tournai (en Belgique) et à Lille.

En 1830, il s’inscrit à la Faculté de médecine de Paris.

En 1835, il devient externe de Pierre Rayer à l'Hôpital de la Charité où il rencontre Claude Bernard, avec lequel il se lie d'amitié.

En 1837, il obtient son titre de médecin et s'installe en Provence pour exercer son métier, tout en se consacrant à ses recherches.

En 1848, il est membre fondateur de la Société de Biologie.

En 1850, il observe avec Pierre Rayer des « petits corps filiformes » dans le sang d’animaux atteints par le charbon. L'antériorité de cette découverte fut toutefois revendiquée par le médecin allemand Aloys Pollender, qui avait lui aussi parfaitement identifié le bacille charbonneux décrit par lui comme des « corpuscules en forme de bâtonnets » (Stabförmiger Körperchen), mais qui ne publia qu'en 1855 ses observations faites en 1849.

A partir de 1863, il fait des recherches sur le charbon et la septicémie du bétail qui lui vaudront son élection en 1868 à l'Académie de médecine.

En 1866, il passe quelque temps à Saint-Julien-en-Beaujolais (Rhône) auprès de Claude Bernard souffrant et profite de ce court séjour à la campagne pour étudier les moissisures de fruits.

En janvier 1869, il épouse Maria Georgina Forbes avec qui il avait eu un fils en 1845.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il exerce son métier de médecin d'ambulances au sein des troupes françaises et prépare un livre sur sa philosophie du bonheur et de la vie.

En 1871, il publie ce livre sur sa philosophie du bonheur et de la vie, « Les éléments du bonheur », écrit pendant cette guerre franco-allemande de 1870.

Après cette guerre, il se fait construire une maison à Garches, près de Paris et se passionne pour le jardinage, loin des tumultes de la vie.

A partir de 1875, sa santé s'amenuise et il publie peu. En raison de sa santé, il ne peut assister aux derniers moments de Claude Bernard alors qu'il est son médecin et ami.

Il décède en 1882 à Garches, veillé par sa femme, son fils Jules et son neveu Alphonse.

Sa maison fut léguée en 1891 par sa veuve à l'Assistance publique pour y créer un centre de convalescence pour filles entre 4 et 12 ans, sans distinction de religion. Sa maison est aujourd'hui une fondation, la Fondation Davaine.

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris avec sa femme et son fils.

Il a aussi été le médecin traitant de la dame aux camélias, Mme Alphonsine Plessis plus connue sous le nom de Marie Duplessis., de son ami Claude Bernard, de son maître Pierre Rayer et de grands financiers de l'époque tels les Rothschild et les Eichthal .

Titres et distinctions

- Membre fondateur de la société de Biologie (1848)
- Prix de Physiologie expérimentale de l'Institut (1854) pour ses recherches sur la génération des huîtres
- Prix de Physiologie expérimentale (1856) pour ses recherches sur le nématode (anguillule du blé niellé) responsable de la maladie du blé connue sous le nom de Nielle
- Titulaire de la Croix de la légion d’honneur (1858)
- Prix de Médecine et chirurgie de l'Institut (1860) pour son Traité des entozoaires
- Prix Bréant (1865) pour ses recherches sur le charbon
- Membre de l’Académie de médecine depuis 1868
- Prix Behague de la Société nationale d’agriculture de France (1879)
- Prix de Physiologie (1879)

L'apport et les travaux de Casimir Davaine

Les travaux sur le charbon

L’expression « maladie du charbon » provient de la teinte noire que prend le sang des animaux et les pustules des êtres humains contaminés par la maladie.

En 1850, Davaine découvre, avec le dermatologue français Pierre Rayer (1793-1867), un micro-organisme dans le sang de moutons malades et morts du charbon. Ce bacille isolé dans le sang malade est connu depuis comme celui de l’anthrax.

En cette même année 1850, Pierre Rayer publie un essai sur le charbon, qui contient la première description du Bacillus anthracis. Rayer y décrit le résultat de l'inoculation de sang charbonneux à des moutons sains et constate que le sang de moutons sains inoculés a les mêmes caractéristiques que celui des animaux atteints de cette maladie.

En 1863, Davaine démontre que ce bacille peut être directement transmis d’un animal à un autre. Il publie dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences deux articles dans lesquels il explique qu'il a transmis le charbon à divers animaux par injection de sang d'animaux charbonneux. À la fin du second article, il considère comme prouvé que la bactérie est l'agent causal de la maladie.

Plus tard, le médecin allemand, Robert Koch (1843-1910), apportera des éléments sur l'épidémiologie du charbon.

En 1865, Davaine reçoit le prix Bréant pour ses recherches sur le charbon .

En 1868 , Davaine essaye de déterminer la durée d’incubation du charbon en utilisant une technique d’inoculation expérimentale en utilisant une seringue de Pravaz .

En 1870, il publie ses études sur la contagion du charbon chez les animaux domestiques .

En 1873, il démontre que le sang charbonneux dilué dans de l'eau perd de sa virulence s'il est chauffé à 55° pendant 5 minutes. Par contre si le sang est séché, les bactéridies conservent leur pouvoir pathogène même s'ils sont élevées à une température de 100°. Il cherche expérimentalement à bloquer les pustules malignes du charbon en appliquant un fer chaud et il entrevoit une possibilité d'un traitement curatif.

Les autres travaux de Casimir Davaine

Casimir Davaine est aussi connu pour ses travaux de pionnier de la septicémie. Il fait expérimentalement la distinction entre le charbon et la septicémie.

Il s'intéressa également à l'embryologie, la tératologie, la pathologie végétale, la parasitologie. A ce titre, il décrit en 1854 le parasite Trichomonas hominis.

Citations

Voici ce que dit l'historien des sciences, Antonio Cadeddu, de Casimir Davaine : "Le mérite d'avoir pour la première fois démontré le rôle pathogène d'une bactérie pour l'homme et pour les animaux domestiques revient entièrement à un médecin français, étrangement peu connu et peu étudié : Casimir Davaine". (Antonio Cadeddu) .