Centrale nucléaire de Gravelines

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Introduction

Centrale nucléaire de Gravelines
La centrale nucléaire vue depuis la clôture qui délimite l'accès au public}
Administration
PaysFrance France
RégionNord-Pas-de-Calais
DépartementNord
CommuneGravelines
Coordonnées51° 00′ 52″ Nord

2° 08′ 06″ Est / 51.01444, 2.135
OpérateurÉlectricité de France
Année de construction1974
StatutEn fonction
Réacteurs
FournisseursAreva NP, Alstom
TypeREP
Réacteurs actifs6 x 900 MW
Production d'électricité
Puissance nominale5 400 MW
Électricité générée annuelle38 462 GWh (année 2006)

37 600 GWh (année 2008)
Électricité moyenne37 610 GWh (5 dernières années)
Production totale865 TWh
Divers
Source froideMer du Nord
Site internetEDF : Gravelines

La centrale nucléaire de Gravelines est une centrale nucléaire se situant sur la commune de Gravelines (Nord) à environ 20 kilomètres de Dunkerque et de Calais, elle est refroidie par l'eau de la Mer du Nord. Elle est le troisième producteur d’électricité d’origine nucléaire dans le monde.

Historique

Le 5 mars 1974, le conseil des ministres français autorise le programme de douze tranches de neuf cent dix mégawatts de la filière Réacteur à Eau Pressurisée (R.E.P), dont quatre à Gravelines. Les travaux de la centrale gravelinoise commencent en mai 1974. Le couplage de la première tranche est effectué en mars 1980.

Fin des années 1970, la France devait livrer à l’Iran deux tranches du même type, mais suite à la révolution islamique de 1979, celles-ci sont construites à Gravelines. En août 1985, la sixième tranche est raccordée au réseau. Gravelines devient le site le plus important d’Europe et le troisième producteur d’électricité d’origine nucléaire dans le monde.

Puissance et production

Centrale nucléaire de Gravelines vue de la mer

La centrale dispose de six réacteurs de 900 MW (puissance électrique unitaire), dont deux sont entrés en service en 1980, deux en 1981 et deux en 1985. En 2006 ces réacteurs ont produit un total de 38,4 TWh d'électricité.

Disposant d'une puissante nette totale de 5 400 MW, la centrale de Gravelines est la seconde plus puissante d'Europe, après la Centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine.

Une partie de la chaleur produite par la centrale est aussi utilisée dans un réseau de chaleur à distance pour alimenter une ferme aquacole, société Aquanord.

Choix du site

Le site a été choisi en fonction de plusieurs critères :

  • Proximité de la mer (refroidissement)
  • Proximité de l’Angleterre et de l’Allemagne (exportation d'électricité)
  • Proximité de grandes entreprises (Arcelor Mittal, Alcan)
  • Besoins en électricité d’une région fortement peuplée.

Emploi

La centrale a un impact économique régional et local. Plus de 2 000 000 d’heures de travail sont confiées chaque année à des entreprises, dont soixante dix pour cent aux entreprises locales et régionales. Environ 1 680 personnes travaillent à la centrale de Gravelines.

Impacts sur l'environnement

La centrale n'a jamais déclaré d'accident ou d'incident grave liés à d'importants rejets radioactifs ou d'autres substances toxiques.

Des impacts environnementaux chroniques existent cependant, liés à  :

  • l'augmentation de la température de l'eau en aval du canal de rejet, mais on estime qu'au-delà d'une zone d'environ 1km, l'eau chaude est rapidement diluée dans le milieu et ses effets thermique ne sont plus perceptibles. En période de canicule et au moment de la renverse des courants, l'effet peut cependant être localement plus important.
  • les impacts du biocide chloré utilisé pour tuer les organismes vivant (moules, huîtres, patelles, algues fixées, etc.) qui seraient susceptibles (surtout quand la température de l'eau dépasse 10 °C) de se fixer sur les installations et dans les circuits, en particulier sur les pales de pompes. Le débit d'eau ainsi traitée est de 240 m/seconde, à raison de 0,8 mg de chlore actif par litre (le gestionnaire doit veiller à ce que le taux de chlore ne dépasse pas 1 mg/l), soit l'équivalent de 50 tonnes/jour d'eau de Javel. Pour éviter de devoir transporter et stocker de grandes quantité de ce produit dangereux, le chlore est produit sur place par électrolyse de l'eau de mer (via le chlorure de sodium, de calcium ou de magnésium) et injecté dans l'eau, dans le circuit de chaque tranche, sous forme d’hypochlorite de sodium, avec une surveillance par l'Institut Pasteur. Des bromoformes (950 kg par 24 h) et des oxydants (5,7 tonnes par 24 heures) ou super-oxydants résiduels sont ainsi produit (un peu dans l'air, mais surtout dans l'eau), toxiques pour la faune et la flore marine tant qu'ils ne sont pas largement dilués ou évaporés. L'hypochlorite résiduelle réagit rapidement avec les bromures dissous dans l’eau pour former du brome qui et lui-même un oxydant qui va réagir avec la matière organique (morte ou vivante) présente dans l’eau en formant des sous-produits plus stables et moins actifs. Parmi les sous-produits chlorés trouvés dans le rejet, les bromoformes sont les plus présents (88,24 %) à une concentration moyenne de 18,8 μg/litre, les autres produits intermédiaires suivis et quantifiés étant du Chloroforme (traces), du DiChloro-bromo-méthane (1,53 % des chlorés rejetés), du Chloro-dibromo-méthane (0,23 %). Des bromo-phénols et de nombreux autres sous-produits peuvent se former (Le 2-4-6 tri-bromo-phénol a été détecté à des taux de 0.01 à 0.2 μg/litre). Selon l'Institut Pasteur, le taux de chlore (produite le plus toxique) ne dépasse pas 0,1 mg/l en aval du canal de rejet. L'impact écologique du chlore et du devenir de la nécromasse ainsi constituée, essentiellement constituée d'organismes planctoniques en suspension dans l'eau sont mal évalués.

Un des risque induits par la conjonction de ces deux phénomènes serait l'apparition possible d'organismes pathogènes (vibrions, bactéries, parasites) résistants au chlore et localement (en zone de microturbulence, contre les palplanches par exemple). De tels organismes chlororésistants pourraient être source de problèmes nosocomiaux en cas de contamination humaine.

Evénements significatifs

2009

Le 9 août 2009, un incident se produit à la centrale lors d'une opération de maintenance : une barre d'uranium menace de tomber. L'incident est qualifié de "significatif" et "d'exceptionnel" et classé 1 sur l'échelle INES.

2007

Hors les anomalies génériques pouvant affecter des réacteurs de centrales distinctes, la centrale de Gravelines a fait l'objet en 2007 (à fin février) de quatre avis d'incidents de niveau 1 sur l'échelle INES.

2006

Le 31 mars 2006, lors des opérations d’arrêt pour maintenance et rechargement en combustible du réacteur n° 3, il a été détecté que ce réacteur avait été privé durant un an de la commande automatique d'un circuit assurant son refroidissement en cas d'accident : un fil électrique du système de protection du réacteur n'avait pas été rebranché en 2005, lors du précédent arrêt. D'autres systèmes de protections étaient néanmoins opérationnels. Cette défaillance a été classée au niveau 1 sur l'échelle INES, qui en compte sept. Cependant l'échelle INES ne prend en compte que les conséquences qu'on entraîné l'incident et non pas les risques encourus.

1989

Un type de vis de fixation inadéquat est détecté sur le système de protection contre la surpression du circuit primaire du réacteur n°1. En cas de forte pression, les valves de relâchement n'auraient pas fonctionné correctement. L'évènement est classé au niveau 3 de l'échelle INES en dépit des tentatives de déclassement de l'exploitant EDF.