Challenger ou OV-099 (Orbital Vehicle-099) était une navette spatiale américaine originellement conçue à des fins de test (STA-099).
Elle porte le nom du bateau qui mesura le fond marin le plus profond du globe (la fosse des Mariannes, à 10 983 m sous la surface de l'eau).
Challenger s'est désintégrée le 28 janvier 1986, au cours du décollage, après seulement 73 secondes de vol alors qu'elle évoluait à 3 200 km/h. Les sept membres de l'équipage périrent. Il s'agit de :
Francis R. Scobee, commandant ;
Michael J. Smith, pilote ;
Judith A. Resnik, Ellison S. Onizuka, Ronald E. McNair, spécialistes de mission ;
Christa McAuliffe, jeune institutrice. Elle avait été choisie parmi des milliers de postulants astronautes pour devenir la première citoyenne de l'espace et était la seule à ne pas être astronaute professionnelle.
Missions
STS signifie Space Transportation System ou système de transport spatial. C'est le terme officiel pour désigner les navettes.
Au total, Challenger a accompli 9 missions pendant lesquelles elle a passé 62,41 jours dans l'espace et parcouru 41 527 416 km. Elle a déployé 10 satellites au total.
L'accident a été provoqué par la rupture de l'un des joints toriques d'un des deux propulseurs à poudre accolés au réservoir principal d'hydrogène. Il avait souffert de conditions climatiques particulièrement froides au cours de la nuit précédant le tir. Les joints en question, développés par la compagnie américaine Morton Thiokol, située au nord des États-Unis, n'avaient pas été testés en conditions de grand froid. Les concepteurs considéraient que le lieu de tir, la Floride, bénéficiait d'un climat toujours ensoleillé. Le fait est qu'un phénomène météorologique touchant assez fréquemment la Floride avait fait descendre la température bien en dessous de 0 °C au cours de la nuit précédant le tir.
Les ingénieurs de Morton Thiokol avaient néanmoins de sérieux doutes sur la capacité de résistance du joint au froid, à cause notamment d'incidents remarqués au cours de certains vols précédents. Mais le joint n'ayant pas été formellement testé puisque la question du froid ne s'était même pas posée, ils furent incapables de prouver la faiblesse de cette pièce au directeur de tir.
Une simple intuition n'avait pas sa place dans la rationalité des très complexes procédures de prise de décision de la NASA. L'enquête révélera également que les ingénieurs de sécurité de la NASA estimaient les probabilités d'accident de l'ensemble du dispositif à environ 1 % alors que les directeurs de tirs, prenant la décision finale, tablaient des probabilités mille fois inférieures. Dans ces deux contextes, l'information concernant la solidité du joint ne prenait pas la même ampleur. Les directeurs de tirs décidèrent donc de passer outre et d'effectuer le tir. Funeste décision qui coûta la vie à sept astronautes.
La rupture progressive du joint sur le propulseur d'appoint solide (SRB) de droite laissa passer une flamme dirigée vers des éléments structuraux du réservoir de carburant principal. Vers 72 secondes, la structure du réservoir principal et des propulseurs d'appoints commence à lâcher et se désintègre vers T+73,124 s. L'orbiteur, encore intact, pivote de son orientation optimale pour résister aux forces aérodynamiques intenses et se déchire immédiatement en morceaux (73 s).
Challenger n'a pas été détruite par une explosion. Après la désintégration due aux forces aérodynamiques, le combustible qui se trouvait dans l'orbiteur et le réservoir principal brûle en quelques secondes, créant une boule de feu massive.
L'habitacle, toujours largement intact, est retombé vers l'océan.
Il a été prouvé que des astronautes ont survécu au choc initial (une bouteille d'oxygène de secours ayant été activée), mais on ignore si ils sont décédés durant la chute qui dura deux minutes au sein d'une cabine dépressurisée ou lors de l'impact avec l'océan.
Explosion de Challenger
Challenger mémorial au Cimetière national d'Arlington
Les sept membres de l'équipage décédés lors de l'explosion
Divers
Sept astéroïdes ont été baptisés en hommage aux membres de l'équipage.
Ron McNair devait jouer du saxophone pendant la mission, et il était prévu que sa prestation soit retransmise en direct et intégrée au concert de Jean Michel Jarre à Houston.