Origine
Originaire d'Extrême-Orient, jusqu'au début du XX siècle son aire était limitée à l’Asie orientale et couvre la région de l’Amour-Oussouri en Russie, la Corée, la Chine orientale, le Japon et le nord de l’Indochine.
Situation en Europe
Entre 1928 et 1955, plus de 9 000 sujets, ont été lâchés dans la partie européenne de l’ex-Union soviétique en vue d’y augmenter la production de fourrures. En effet, la fourrure de cet animal était très prisée et servait en particulier à produire des vêtements pour l'armée soviétique. Les premières introductions ont eu lieu en 1928 en Ukraine, suivies d'autres expériences d'introduction dans le milieu naturel, dans les régions européennes et quelques régions asiatiques de l’ancienne URSS, depuis la Carélie jusqu’en Moldavie en passant par la Baltique, la Biélorussie et l’Ukraine, ainsi que dans des secteurs de la Fédération russe, le Caucase, le Kazakhstan et l’île de Sakhaline en Asie extrême-orientale. Dans les années 1940–1950, l'élevage du chien viverrin s'est intensifié en URSS, en particulier en raison des besoins importants de l'armée rouge au cours de cette période. Des animaux échappés de ces élevages sont alors venus renforcer les populations sauvages. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les besoins en fourrure n'étant plus si importants, de nombreux élevages ont fermé et les animaux furent lachés. Plus de 9 000 animaux furent lâchés entre 1948 et 1955.
Expansion en Europe
L’espèce connut alors une rapide expansion vers le nord, le centre, et l’ouest de l’Europe. Les premiers spécimens observés dans les pays limitrophes l'ont été en Finlande, au milieu des années 1930. L'animal a ensuite colonisé l'Europe de l'Ouest.
| Décennie | Observations |
|---|
| 1920 - 1930 | Introduction en Ex-URSS. |
| 1930-1940 | Poursuite des lâchers en ex-URSS. Premières observations en Finlande. |
| 1940 - 1950 | Elevage et lâchers importants en ex-URSS. Observations en Suède et Slovaquie (ex-Tchécoslovaquie). |
| 1950 - 1960 | Observations en Roumanie et Pologne. |
| 1960 - 1970 | Observations en Bohème et Moravie (ex-Tchécoslovaquie),
Allemagne de l'Est et de l'Ouest, Autriche, Hongrie et Bulgarie. |
| 1970 - 1980 | Observations en France et ex-Yougoslavie. |
| 1980 - 1990 | Observations en Norvège et aux Pays-Bas |
| 1990 - 2000 | Observations en Suisse et au Luxembourg. |
| 2000 - 2010 | Découverte d'un chien viverrin mort près de Maienfeld dans les Grisons en Suisse (juin 2009). Il s'agit de la 6 observation effectuée en Suisse.
Découverte d'un chien viverrin mort en Belgique (avril 2010) |
Entre 1935 et 1984, le chien viverrin a colonisé 1,4 millions de kilomètres carrés de territoire. Il est aujourd'hui jugé fréquent dans les régions situées en Russie, dans le sud de la Finlande, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Biélorussie, en Ukraine, en Moldavie, dans le nord et l’est de la Pologne et dans l’est de la Roumanie. Son expansion s'est ralentie dans les années 1970, en raison du manque d’habitats appropriés et du fait également d'un taux de mortalité élevé (chasse, capture et accident avec des automobiles). Cependant, au cours des années 1990, un regain d’expansion a été enregistré en Allemagne, mis en évidence par une augmentation très sensible du nombre d'animaux tués par les chasseurs:
| Saison de chasse | Nombre d'animaux tués |
|---|
| 1991/1992 | 12 |
| 1994/1995 | 204 |
| 1997/1998 | 1 735 |
| 2000/2001 | 7 161 |
| 2003/2004 | 18 634 |
Situation de l'espèce en France
En France, le premier signalement certain a été recueilli en 1975 en Moselle, à Schwerdorff, localité frontalière avec l’Allemagne. Une enquête de 2005 a permis de recenser 74 observations détaillées, dont 15 sur la base de dépouilles, crânes et clichés. Ces mentions proviennent de 11 départements dont 7 dans l'Est du pays. Des cas de reproduction in natura ont été enregistrés en Haute-Saône. La répartition hétérogène de ces observations dans l'espace et dans le temps suggère deux scenarii à l'origine de la présence de l'espèce sur le territoire français. Les observations réalisées dans l'Est du pays (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Saône et Vosges) correspondraient pour l'essentiel à des individus provenant des proches populations allemandes. Celles réalisées dans les départements éloignés de cette frontière correspondraient à des individus évadés de parcs zoologiques ou de chez des particuliers, l'espèce étant réputée ne pas réaliser de déplacements sur de longues distances.
Les observations de chiens viverrins restent, en France, encore marginales et ne laissent pas pressentir une installation durable avec une population importante. Observés sur le territoire depuis les années 1970, particulièrement en Alsace et en Lorraine, et bien que les conditions naturelles leur soient plutôt favorables, les effectifs de ces animaux ont peu progressé en 30 ans en France. Cependant, un arrêté du 30 septembre 1988 intègre le chien viverrin dans la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles par arrêté préfectoral. Certaines préfectures prennent effectivement des mesures en ce sens. Le développement des populations de chiens viverrins, en France, semble suspendu à l'évolution de l'espèce en Allemagne de l'Ouest.