Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives

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Introduction

Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives
Création18 octobre 1945
SiègeParis (siège social)

Gif-sur-Yvette (siège administratif)
PaysFrance France
DirecteurBernard Bigot, administrateur général
DisciplinesÉnergie nucléaire

Défense et sécurité

Télécommunications

Recherche fondamentale
Site internethttps://www.cea.fr/

Le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) est un organisme public de recherche scientifique français dans les domaines de l’énergie, de la défense, des technologies de l'information, des sciences de la vie et de la santé, implanté sur neuf sites en France. Longtemps appelé Commissariat à l'énergie atomique (CEA), il a changé de nom pour Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) suite à la loi n 2010-237 de finances rectificatives pour 2010, promulguée le 9 mars 2010.

Les principaux centres d'études sont implantés à Saclay (Île-de-France), Marcoule, Cadarache (Provence) et Grenoble.

Le CEA est un établissement public industriel et commercial (EPIC). Il a pour mission principale de développer les applications de l'énergie nucléaire dans les domaines scientifique, industriel, et de la défense nationale. En 2009, il employait 15 718 salariés, et son budget annuel était de 3,9 milliards d'euros.

Organisation

Il est organisé en cinq grandes directions (par ordre décroissant d’effectifs) :

Le CEA est l'actionnaire majoritaire d’Areva, société chapeautant Areva NC (ex-Cogema) et Areva NP (ex-Framatome).

Le CEA est également actionnaire de :

  • CEA Investissement, société spécialisée dans l'investissement en capital de pré-amorçage
  • Avenium Consulting, société spécialisée dans la commercialisation de licences

Historique

Le CEA est créé le 18 octobre 1945 par Charles de Gaulle avec à sa tête Frédéric Joliot-Curie (haut-commissaire à l’énergie atomique) et Raoul Dautry (administrateur général). Cet organisme est destiné à poursuivre des recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les domaines de la science, de l’industrie et de la défense nationale.

La pile Zoé, une pile atomique à eau lourde construite par l’équipe de Joliot-Curie au fort de Châtillon (Fontenay-aux-Roses), diverge en 1948.

Joliot-Curie, qui est membre du parti communiste français, lance l’appel de Stockholm contre la bombe atomique. En avril 1950, il est révoqué de son poste de haut-commissaire par Georges Bidault. Francis Perrin le remplace.

Après le départ de Joliot-Curie, le CEA, jusque là dominé par les scientifiques et la recherche fondamentale, se lance dans les applications militaires et civiles de l’énergie atomique. Même si le gouvernement n’a pas encore pris la décision de construire une bombe atomique, tout est mis en œuvre pour se doter des moyens de la construire.

En 1952, le centre d’études nucléaires de Saclay est ouvert sur un terrain de 271 hectares en plein plateau de Saclay.

À Marcoule, sont successivement construits les réacteurs G1 (1956), G2 (1959) et G3 (1960) de type Uranium Naturel-Graphite-Gaz (UNGG). Une usine pour extraire le plutonium du combustible usagé est également construite. Grâce à ces installations, la France peut réaliser son premier essai nucléaire dans le Sahara en 1960,« Gerboise bleue », seulement deux ans après que la décision officielle a été prise.

À Pierrelatte, une usine d’enrichissement de l'uranium à usage militaire est construite.

À Chinon, le CEA et EDF collaborent à la construction des réacteurs EDF 1 (1962, 68 MW), EDF 2 (1965, 200 MW) et EDF 3 (1967, 500 MW) de type UNGG.

La guerre des filières de réacteurs oppose le CEA et EDF : le premier est partisan de la filière française Uranium Naturel Graphite Gaz tandis que le second défend la filière des réacteurs à eau pressurisée (Pressurised Water Reactor) d’origine américaine. En décembre 1969, le gouvernement tranche en faveur d’EDF et décide la construction d’une centrale à eau pressurisée à Fessenheim.

En 1973, la première centrale prototype réacteur nucléaire à neutrons rapides et à caloporteur sodium Phénix est mise en service à Marcoule.

En 1976, le gouvernement français passe commande de Superphénix.

En 1985, la centrale nucléaire de Brennilis, prototype modéré par l'eau lourde, est arrêtée définitivement.

En 1997, le gouvernement français annonce que Superphénix sera abandonné.

En 2001, la filiale CEA Industries fusionne avec Framatome et la Cogema pour former un nouveau groupe dénommé Areva.

En 2007, le Genoscope et le Centre national de génotypage sont rattachés au CEA au sein d'un nouvel institut dénommé Institut de génomique.

Début 2009, Le CEA, Intel et le GENCI annoncent une coopération pour la construction des supercalculateurs de prochaine génération dont la puissance devrais atteindre l'exaflops (1000 petaflops).

En 2010, la loi de finance rectificative pour 2010 promulguée le 9 mars transforme le CEA en Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

Gouvernance

Hauts-commissaires

  • Frédéric Joliot-Curie (1945-1950), nommé par Charles de Gaulle
  • Francis Perrin (1950-1970), nommé en 1950 par Vincent Auriol, renouvelé en 1956 par René Coty, en 1961 et 1966 par Charles de Gaulle
  • Jacques Yvon (1970-1975), nommé par Georges Pompidou
  • Jean Teillac (1975-1993), nommé en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing, renouvelé en 1981 par François Mitterrand
  • Robert Dautray (1993-1998), nommé par François Mitterrand
  • René Pellat (1998-2003), nommé par Jacques Chirac
  • Bernard Bigot (2003-2009), nommé par Jacques Chirac
  • Catherine Cesarsky (2009-), nommée par Nicolas Sarkozy

Administrateurs généraux

  • Raoul Dautry (1945-1951), nommé par Charles de Gaulle
  • Pierre Guillaumat (1951-1958), nommé par René Pleven
  • Pierre Couture (1958-1963), nommé par Charles de Gaulle
  • Robert Hirsch (1963-1970), nommé par Charles de Gaulle
  • André Giraud (1970-1978), nommé par Georges Pompidou
  • Michel Pecqueur (1978-1983), nommé par Valéry Giscard d’Estaing
  • Gérard Renon (1983-1986), nommé par François Mitterrand
  • Jean-Pierre Capron (1986-1989), nommé par François Mitterrand
  • Philippe Rouvillois (1989-1995), nommé par François Mitterrand
  • Yannick d'Escatha (1995-1999), nommé par Jacques Chirac
  • Pascal Colombani (2000-2002), nommé par Jacques Chirac
  • Alain Bugat (2003-2009), nommé par Jacques Chirac
  • Bernard Bigot (2009- ), nommé par Nicolas Sarkozy

Comité de l'énergie atomique

Le Comité de l'énergie atomique arrête le programme de recherche, de fabrication et de travaux du commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives. Il est composé de :

  • Bernard Bigot, administrateur général du CEA
  • Catherine Cesarsky, haut commissaire à l'énergie atomique
  • Édouard Guillaud, chef d'état-major des armées
  • Philippe Josse, directeur du budget
  • Laurent Collet-Billon, délégué général pour l'armement (Direction générale de l'Armement)
  • Pierre Sellal, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et européennes
  • Pierre-Franck Chevet, directeur général de l'énergie et du climat
  • Agnès Buzyn, présidente de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
  • Alain Fuchs, président-directeur général du Centre national de la recherche scientifique
  • Ronan Stéphan, directeur général pour la recherche et l'innovation
  • Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire
  • Jacques Prost, directeur général de l'ESPCI ParisTech, membre de l'Académie des sciences
  • Henri Proglio, président d'électricité de France
  • Anne Lauvergeon, présidente d'Areva

Visiting comittee

Le Visiting comittee est constitué d’experts internationalement reconnus et est chargé de fournir un point de vue sur les stratégies et les orientations de la recherche du CEA.

  • David Andelman, université de Tel Aviv
  • Giovanni Ciccotti, université de Rome La Sapienza
  • Thomas Ebbesen, université de Strasbourg
  • Antoine Georges, École polytechnique et Collège de France
  • Serge Haroche, Collège de France et École normale supérieure
  • Jacques Livage, université Pierre-et-Marie-Curie
  • Krishnaswamy Ravi-Chandar, université du Texas
  • Burton Richter, prix Nobel 1976, Centre de l'accélérateur linéaire de Stanford
  • Marshall Stoneham, University College de Londres
  • Horst Stormer, prix Nobel 1998, université de Columbia
  • Sune Svanberg, université de Lund

Centres de recherche

  • Saclay (Essonne) et le laboratoire national associé GANIL à Caen - Calvados
  • Fontenay aux Roses (Hauts-de-Seine)
  • Marcoule (Gard)
  • Site nucléaire du Tricastin ou site de Pierrelatte (Drôme)
  • Cadarache (Bouches-du-Rhône)
  • Grenoble (Isère)
  • Bruyères-le-Châtel (Essonne)
  • Cesta (Gironde)
  • Valduc (Côte-d’Or)
  • Le Ripault (Indre-et-Loire)
  • Évry (Essonne)
  • Gramat (Lot)
  • Limeil-Brévannes (fermé)
  • Vaujours (fermé)

Applications civiles

  • Cadarache (Bouches-du-Rhône) ; recherches sur l'énergie nucléaire, fission et fusion (site d'implantation d'ITER).
  • Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) ; recherches en sciences du vivant et en robotique.
  • Évry (Essonne) ; recherches en génomique environnementale.
  • Grenoble (Isère) ; recherches en microélectronique, matériaux et nouvelles technologies de l'énergie, recherche fondamentale en physique, biologie et chimie (en particulier, nano-sciences, cryogénie).
  • Saclay (Essonne) ; recherches sur l'énergie nucléaire, recherche fondamentale (en particulier, astrophysique, Astro-particules, Physique des particules élémentaires, Physique nucléaire), enseignement (INSTN).
  • Marcoule (Gard) ; recherches sur le cycle du combustible nucléaire et la gestion des déchets radioactifs. Depuis le 10 avril 2005, un parcours de découverte et d'information sur la radioactivité, nommé le Visiatome, a ouvert ses portes au public à Marcoule.

Direction des Applications Militaires

  • Cesta, Le Barp (Gironde) ; le centre d'études scientifiques et techniques d'Aquitaine est dédié à la militarisation des armes ainsi qu'aux lasers de puissance.
  • Le Ripault (commune de Monts, Indre-et-Loire) ; études sur matériaux non-nucléaires (explosifs chimiques).
  • Valduc (Côte-d'Or) ; étude de neutronique et de criticité.
  • DAM Île-de-France, Bruyères-le-Châtel (Essonne) ; programme simulation, études amont, surveillance de l'environnement (notamment sismique). Jusqu'en 1995 le centre était chargé d'études scientifiques en vue de la préparation d'engins expérimentaux ;
  • Site de Moronvilliers, sur la commune de Pontfaverger-Moronvilliers (Marne) ; Ce site est rattaché au centre DAM Île-de-France. Radiographie d'expériences de détonique (phase froide, c'est-à-dire non nucléaire), par la machine Airix dont il n'existe qu'un seul autre exemplaire dans le monde : le DARHT situé à Los Alamos, États-Unis.
  • Vaujours : le fort de Vaujours a abrité un centre de la DAM jusqu'en 1997.
  • Gramat (Lot) : ex-centre de la Direction générale de l'armement, centre de référence pour l'évaluation de la vulnérabilité des systèmes d'armes aux effets des armes nucléaires et conventionnelles.

Exemples d'activités

Participation aux pôles de compétitivité

Le CEA est impliqué dans :

  • 5 des 6 pôles de compétitivité mondiaux (il ne participe pas au pôle transactions électroniques sécurisées).
  • un pôle à vocation mondiale,
  • 8 pôles à vocation nationale et régionale.

Par ailleurs, le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives est signataire du Pacte PME.

Ingénierie informatique

Le CEA a une activité importante d'ingénierie informatique pour la gestion des ressources numériques. Il s'agit d'une activité traditionnelle (CISI) destinée à fournir la puissance de calcul nécessaire aux études et recherches. La DAM dispose aujourd'hui du centre de calcul le plus puissant d'Europe.

Le CEA archive les projets réalisés sous forme numérique. Cette capitalisation des connaissances (on parle plutôt maintenant de gestion des connaissances) a pour objectif une réutilisation de l'expérience acquise, sur les différentes filières de réacteurs nucléaires (réacteurs à neutrons rapides...).

Le CEA participe à l'association ARISTOTE sur les technologies de l'information et de la communication, avec le CNES, le CNRS, EDF R&D, l'Ecole polytechnique, l'IFP, l'IFREMER, l'INRETS, l'INRIA, l'INSEAD, l'INSERM, Météo-France, l'ONERA.

Le CEA participe avec le CNES et la Bibliothèque nationale de France à des réflexions sur la pérennisation et la communication de l'information numérique (voir OAIS).