Le 13 mars 1901, la Sociedad Española de Construcciones Metalicas ou SECM est crée à Bilbao. Cette société anonyme au capital de 12 500 000 pesetas, création du deuxième marquis d'Urquijo possède plusieurs usines à [Linares]], Gijon, Bilbao, Madrid. En 1902, elle rachète la fabrique de Beasain et décide de la spécialiser dans la construction de wagons et materiel roulant divers pour les chemins de fer. L'usine est complètement reconstruite à partir du 3 juillet 1902, et fonctionne à nouveau normalement en 1905. Le nouveau complexe est baptisé Fabrica de Vagones de Beasain (FVB). La FVB reçoit sa première commande le 1er février 1905, avec un lot de 10 wagons-trémies à charbon pour la Sociedad de Gasificacion Industrial de Madrid. Dès lors, les commandes affluent, aussi bien de la part des sociétés de chemins de fer que de la part de sociétés minières. La FVB sort son millième wagon le 18 aout 1907, son deux-millième le 28 juin 1908... En 1910, la firme fabrique ses premiers bogies. Pourtant, les capacités de l'usine semblent vite disproportionnées face à un marché espagnol rapidement saturé. Les grandes compagnies rechignent à renouveler leur materiel. Les chemins de fer secondaires, jusqu'alors en pleine expansion, traversent une crise financière. Si la production est en baisse, les résultats financiers sont bons. Comme beaucoup de sociétés espagnoles, la FVB a émis des obligations remboursables en pesetas ou en francs, et la dévaluation de la monnaie française survenue en 1912/1923 permet d'amortir la plupart des titres aux meilleures conditions. Cette dévaluation a les mêmes effets sur les compagnies de chemin de fer, et les commandes reprennent. 2652 wagons et 128 voitures sortent des usines de Beasain pour la seule année 1913. La situation ne dure pas. 1914 voit à nouveau un recul des commandes, et le directeur de l'usine, José de Orueta, en est réduit à demander l'assistance du gouvernement. En supprimant la concurrence européenne, la première guerre mondiale constitue un age d'or pour l'économie d'une Espagne restée neutre dans le conflit. Investissements et commandes se multiplient. La FVB en profite largement, et construit du materiel en grande quantité pour la France, la Belgique ou le Portugal. L'usine emploie alors près de 1800 ouvriers. Les commandes à destination de la France se multiplient. Mais elles comprennent des clauses prévoyant d'importantes pénalités en cas de retard. Comme la société accepte trop de contrats et qu'elle ne peut plus tenir ses délais, les pénalités s'accumulent. En 1916, la FVB doit déjà 14 millions de pesetas au gouvernement français. Le risque est grand de voir l'entreprise passer sous controle français. Pour couper court à ce danger, les dirigeants de la SECM décident de séparer la gestion de la FVB des autres activités de la firme. Une nouvelle société est donc créee le 4 mars 1917 : la Compañia Auxiliar de Ferrocarriles ou CAF. Les dirigeants sont en grande partie issus de l'ancienne société : Luis Urquijo est président, Valentin Ruiz vice-président.