Marie Leszczyńska, fille du roi de Pologne et duc de Lorraine Stanislas, et épouse de Louis XV, désire, à la mort de son père en 1766, associer son nom à une fondation pieuse. Sans doute aussi pense-t-elle à s'aménager un lieu de retraite si elle doit connaître le veuvage. L'héritage de Stanislas lui en donne les moyens.
Louis XV donne à la reine une partie de l'ancien domaine que possédait Madame de Montespan à Clagny, un quartier de Versailles. La reine veut faire de ce couvent une maison d'éducation, et ce sont donc les chanoinesses de Saint-Augustin de la congrégation de Notre-Dame que la reine appelle de Compiègne à Versailles. Depuis leur création un siècle et demi plus tôt, ces religieuses se chargent de cette mission avec zèle et humilité dans une France où l'enseignement public n'existe pas encore.
Conseillée par son confesseur polonais qui favorise ainsi un serviteur de son ancien maître, la reine confie la construction à un architecte lorrain qui a travaillé pour son père. Richard Mique, grâce à cette première commande royale, deviendra vite un des premiers architectes du roi. Il conçoit le couvent selon un plan orthogonal, comme une véritable cité religieuse et scolaire, comparable à petite échelle au développement de Versailles à cette époque. Mique bâtira également un hôpital (hôpital Richaud depuis) près du couvent.