Chez les vertébrés, le crâne est la partie supérieure du squelette. Il est essentiellement destiné à protéger le cerveau. Il repose sur le rachis cervical par l'intermédiaire de l'atlas ou vertèbre C1, et maintien en antérieur le massif facial. Chez l'Homme, l’ensemble composé par la tête et le crâne représente environ un huitième du poids du corps et est la partie la plus solide du corps. Le crâne humain a également d'autre fonctions : cavités de résonance pour le chant et la voix, cavité de thermorégulations. Cet ensemble d'os a évolué au cours des derniers millions d'années.
Caractéristiques
Si des mouvements sont possibles chez le nourrisson dont les fontanelles ne sont pas soudées, ils sont quasi nuls chez l'adulte et les mouvements du crâne sont ceux de la tête et dus aux vertèbres cervicales qui permettent :
la rotation antérograde et rétrograde sur le couple atlas/axis;
les flexions antérieure, postérieure et latérales droite et gauche.
Description
par Léonard de Vinci.
Le crâne, ou boîte crânienne, comprend deux parties :
le plancher (ou base du crâne), limité par l'os occipital en arrière et la partie supra-orbitaire de l'os frontal en avant. Il est percé de trous laissant passer (entre autres) les nerfs crâniens ;
la voûte, (ou calvaria) formée de plaques osseuses, soudées entre elles par des syndesmophytes (soudures interdigitées extrêmement solides). Comme le cerveau, schématiquement, la voûte comprend quatre parties ou pôles :
frontal ou plutôt fronto-orbitaire, à l'avant (formée des os frontal, ethmoïde, sphénoïde et percé de cavités pneumatiques creuses : les sinus) ;
pariétal droit et gauche, latéralement (os pariétal et temporal) formant les tempes, zones les plus fragile de cette boîte ;
occipital à l'arrière (os occipital).
Les os du crâne
Planche tirée de l’Anatomia per uso et intelligenza del disegno ricercata non solo su l'ossi, e muscoli del corpo humano de Bernardino Genga, 1673.
Seulement deux os de la tête ne font pas partie du crâne :
l'os hyoïde, en avant de l'ouverture de la trachée
Os Pariétaux, au nombre de deux. Calotte crânienne et parties latérales du haut du crâne ;
Temporaux ; au nombre de deux. Situés sous les pariétaux ce sont les os les plus fragiles du crâne, car les plus minces;
Ces os sont larges, plats ou convexes :
Sphénoïde, base du crâne, calvaria et massif facial
Ethmoïde, entre les orbites participe à la fosse crânienne antérieure par sa lame criblée et le processus crista gali, ces deux structures viennent s'encastrer dans l'incisure ethmoïdale de l'os frontal.
Maxillaire, forme la mâchoire supérieure.
Ces trois derniers et le frontal contiennent les sinus : espaces creux remplis d'air (espaces pneumatiques).
Reconstitution d'un visage d'homme préhistorique à partir d'un crâne au muséum d'histoire naturelle de Lille
Anthropologie
L'étude des crânes (chargée de science mais aussi de légendes) forme une partie importante de cette discipline.
Paléoanthropologie (Préhistoire)
Le crâne abrite les structures nobles et son étude est prépondérante dans la connaissance du vivant, encore plus dans l’étude des hominidés. L’assemblage de ses structures osseuses très complexes étant relativement robuste il n’est pas rare de retrouver des crâne entier ou des fragments utile pour l’étude.
Le processus de fossilisation étant complexe au-delà de 100 000 ans l’os n’existe plus et est remplacé par une structure minérale, qui peut être daté.
Ostéopathie
Les ostéopathes pratiquent des techniques crâniennes dans le but de mobiliser les os du crâne et de lever leurs restrictions de mobilité. Pourtant plusieurs études anatomiques indiquent depuis des années que les os du crâne ne bougent plus après l'âge de 12 ans.
Phrénologie
Du grec phrenos (diaphragme ; relatif au diaphragme ou à l'esprit), la phrénologie est la discipline qui étudiait la forme des crânes et spécialement leurs « bosses » pour définir les caractères psychologiques de ce dernier. Elle reposait sur la croyance erronée que la conformation du crâne pourrait être corrélée à la physiologie du cerveau et sur les fonctions intellectuelles de l'homme. Inventée par François Joseph Gall, elle connut son heure de gloire au XIX siècle. Il n'en reste de nos jours que l'expression « la bosse des maths ».
Secourisme
La prise en charge de victimes susceptibles de présenter un traumatisme du crâne nécessite de réaliser et transmettre un bilan spécifique détaillé. Celui-ci se révélera important pour la prise en charge médicale de la victime et le diagnostic de ses lésions.
Chakralogie
Selon certaines croyances, le crâne, siège de la pensée, et donc du commandement suprême, serait le chef des quatre centres, par lesquels les chakras schématiseraient une représentation macrocosmique de l'Homme ; les trois autres centres étant situés à la base du sternum, au nombril et au sexe. Il en est de même chez l'ethnie africaine des Bambaras.
Littérature
« Mais arracher des enfants à leur activité normale, qui est celle de l'agitation inutile et joyeuse, pour les enfermer entre quatre murs où pendant des années on leur empile dans le crâne des notions abstraites, c'est la torture la plus masochiste que l'homme ait inventée contre lui-même. »
— René Barjavel, La charrette bleue, p. 145, Denoël
Peinture et symbolique
El Gréco, Marie-Madeline pénitente
Présent dans certaines natures mortes, notamment les vanités, le crâne symbolise le tempsdestructeur et la vanité de tout attachement humain aux choses périssables. Il peut être également l'attribut de la mélancolie ou connoter la repentance, la méditation et la préparation à la mort (Memento mori). Il est l'attribut de Marie de Magdala dans les représentations de Marie-Madeleine pénitente. Mais le crâne figure aussi au pied de Jésus mort sur sa croix (sur le Mont du Crâne, le Golgotha) en référence au péché qu'il aurait racheté suivant la tradition chrétienne, celui d'Adam, et dont ce serait le crâne.
L'un des exemple les plus commenté de memento mori, figure dans le tableau d'Holbein, les Ambassadeurs, dont une forme allongée barre le tableau et qui s'avère être, quand on observe l'œuvre à un certain angle, l'anamorphose d'un crâne humain.
La tête de mort assortie de deux tibias croisés est l'emblème de la piraterie. C'est également l'icône qui sert d'avertissement pour représenter un danger, par exemple un produit toxique.