Au niveau mondial
Selon les calculs, les pourcentages de surfaces touchées par la désertification dans les zones arides varient de 19,5 % (si l'on ne mesure que la dégradation du sol) à 69,5% (en mesurant la dégradation de la végétation), prouvant la difficulté à chiffrer le phénomène.
Selon une étude de l’ONU, les déserts (chauds et froids) couvraient 44% de la surface terrestre en 1977 contre 63% en l’an 2000.
L'UNESCO estime qu'un tiers des surfaces émergées de la planète sont menacées par ce phénomène.
Le CIRAD estime, lui, que 40 % (ou 5,2 milliards d'hectares sur 13 milliards) des terres émergées le sont). L'ampleur des dégâts est plus visible dans les pays du Sud, mais localement des phénomènes de désertification sont constatés au nord de la Méditerranée et en Asie centrale. 37 % des zones arides sont africaines, 33% sont asiatiques et 14 % concernent l'Australie. L'Amérique et les franges méridionales (Espagne, Italie, Crète, Grèce, etc.) subissent aussi des phénomènes d'aridification locaux mais graves. Pour le CIRAD, en l'an 2000, 3,6 milliards d'hectares (70 %) des sols arides étaient déjà en cours de désertification, 93 % étaient ou sont encore pâturés, contre 6 % cultivés sans irrigation et 1 % avec irrigation.
Pour l'IUCN, ce sont au début des années 2000, 70% des terres arides qui subissent un processus de désertification (25% des terres émergées, et 1/6 de la population mondiale ; soit 900 millions de personnes vivant dans 90 pays).
Afrique et Sahara
Certaines régions désertiques du Sahara étaient verdoyantes et humides il y a seulement quelques millénaires, cela est attesté par des peintures rupestres.
Le coût annuel de la dégradation des terres dans les pays d’Afrique subsaharienne est équivalent à leur croissance agricole moyenne .
Causes
La désertification du Sahel à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle est provoquée par la combinaison de deux principaux phénomènes :
D'une part, une poussée démographique (+3% par an au début du XXIe siècle) qui fragilise les sols par :
- la surexploitation des terres afin de nourrir la population. La jachère traditionnelle a ainsi été abandonnée dans les années 1960.
- la surexploitation du bois, que les ruminants empêchent de repousser.
D'autre part, l'exposition. Les sols ainsi fragilisés à des conditions naturelles plus contrastées. Les sols sont exposés à l'érosion provoquée par le vent et par l'écoulement de l'eau de pluies rares (entre juin à septembre) mais de plus en plus violentes en raison du changement climatique.
La terre ainsi érodée, devenue stérile, forme des plaques désertiques, les "zipelés", de plus en plus vastes et qui finissent par se rejoindre.
Actions
De nombreux efforts menés depuis les années 1970 pour mettre en place une ceinture verte pour bloquer l'avancée du Sahara vers le nord et le sud se sont soldés par des échecs. Divers efforts ont spécifiquement concernés l'Afrique, avec
- en 1968 : la Convention d’Alger est adoptée par les pays membres de l’O.U.A (Organisation de l'unité africaine).
- en 1974 : Assemblée Générale des Nations unies.
- en 1984 : une Conférence des Nations Unies est consacrée à la désertification (à Nairobi, Kenya) et crée un plan d’action pour combattre la désertification (P.A.C.D)
- en 1984 : Convention de Lomé (signée à Lomé, Togo).
- en 1994 : une “convention internationale sur la lutte contre la désertification” se réunit à Paris.
Au début du XXIe siècle, le Burkina Faso a mis en place avec un certain succès des techniques "low tech" "simples, bon marché, produites par le milieu paysan" de lutte contre la désertification. Elle repose sur trois éléments simples :
- Les cordons pierreux. Ces petits murets de pierre qui courent sur des milliers de kilomètres arrêtent les torrents violents en périodes de pluies et retiennent l'eau en formant une mare. Ce qui dépose limons et nutriments dans le sol. Ils ont commencé à être mis en place dans les années 1970.
- Les demi-lunes : réseaux de dépressions en demi-cercle (4 m de diamètre) dans lesquels sont faits les semis et qui retiennent la pluie.
- Les zaïs. Ce sont des trous (20 centimètres de profondeur) que le paysan remplit de terre et d'un compost composé de paille, cendres, déjections animales, eau. Ces trous absorbent l'humidité en cas de ruissellement d'eau et favorisent la repousse des arbres.
Ces techniques auraient produit des effets significatifs : "Ces techniques simples ont permis de réhabiliter environ 10% des surfaces cultivées du Burkina Faso, soit plus de 300.000 hectares, selon l'Inera" rapport le quotidien français Libération en septembre 2008.
Australie
La désertification menace plusieurs régions du centre de l'Australie: l'élevage extensif d'ovins et de bovins pose problème pendant les années de sécheresse. Il provoque le surpâturage et la disparition des sols. L'érosion a par conséquent tendance à s'accroître : la désertification en Australie est le produit de facteurs anthropiques et naturels.
L'introduction de 24 lapin en 1874 a aussi grandement contribué à la désertification. N'ayant pas de prédateur, il se reproduit très rapidement et envahi le continent .
Mongolie
La désertification touche 140 000 km² en Mongolie. On estime que 683 rivières se sont asséchées récemment et les précipitations accusent une baisse de 10 % par rapport à la moyenne des années 1940. La désertification s'explique en partie par le réchauffement climatique mais aussi par le surpâturage.
Une action a été menée contre ce phénomène. À partir de 2004 ont été plantés des centaines de milliers d'arbres pour freiner l'avancée du désert de Gobi. Le projet de cette « muraille verte » devrait prendre 30 ans et coûter 290 millions de dollars.
Europe
ce sont les pays méditerrannéens qui sont le plus touchés. L'Europe soutient le projet MEDALUS pour mieux comprendre et solutionner dans la mesure du possible la dégradation des sols dans cette zone.