Historique
La Cataye est constitué de deux maisons romanes accolées, ce que l'on voit parfaitement en entrant dans l'actuel musée, dont le mur central comporte des fenêtres romanes, signe que l'une des deux maisons a été élevée avant la seconde. Les maisons, prises dans le mur d'enceinte, contribuaient à la protection de la ville côté Midou, là où s'installèrent les nouveaux quartiers au XIII siècle. Il semblerait que cet ensemble fortifié en pierre coquillère servait de poste d'observation et de tour de défense. Les maisons appartenaient aux vicomtes de Marsan, qui ont fini par les délaisser quand ils se sont éloignés de leur ville d'origine. Au XVI siècle, on modifie leur partie supérieure et on les dote de créneaux, perdurant leur vocation militaire.
Marguerite de Navarre trouve à l'abri des murailles de Mont-de-Marsan, son « ermitage », un lieu de retraite et de recueillement. Elle réside soit à Lacataye, soit au Château Vieux. Elle apprécie particulièrement ces lieux pour leur proximité avec le couvent des Clarisse, où elle trouve calme et sérénité. En 1546, elle rédige L'Heptaméron. Le 14 février 1548, jour de mardi gras, elle fait représenter dans une salle de Lacataye La comédie de Montemarsan, œuvre précieuse et mystique : quatre femmes ont pour nom la Ravie de l'amour de Dieu, la Mondaine, la Superstitieuse et la Sage. La Mondaine et la Superstitieuse se disputent au sujet de leurs mérites ; la Sage intervient pour clarifier le débat. Mais une bergère vient affirmer que son Ami vaut mieux que richesse, science et sagesse.
Et ta lumière
Qui en moi sera toute entière
Comme toi me fera légère
Tu l'as fait et je t'en mercie
Voilà l'état de la bergère
Qui suivant d'amour la bannière
D'autre chose ne se soucie
En, 1860, Antoine Lacaze, maire et propriétaire du donjon, en fait don à la ville pour y loger les troupes. Le donjon Lacataye devient alors caserne départementale jusqu’en 1875, date à laquelle les militaires déménagent à la caserne Bosquet. Il n’en conservera pas moins pendant près d’un siècle le nom de Caserne Lacaze, malgré les affectations civiles qui s’y succédèrent : pensionnat de jeunes filles, centre de gymnastique, atelier municipal. Le 11 février 1925, c'est en ces lieux que se tient la première émission de TSF de la ville.
De nos jours
En 1968, le maire Charles Lamarque-Cando y installe le musée Despiau-Wlérick consacré à la sculpture figurative de la première moitié du XX siècle et dédié aux deux artistes montois Charles Despiau et Robert Wlérick. Une autre maison romane, jadis enserrée dans le rempart, se situe à côté du donjon. Ses murs, garnis de corbeaux, devait soutenir des galeries utilisables pour sa défense. Elle abrite aujourd'hui le musée Dubalen. Mont-de-Marsan compte deux autres maisons romanes fortifiées, souvenir de son système défensif mis en place peu après sa fondation.